JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE
JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

10/05/2010

Presse Théatre Alain Cuny Alainfini Par Camille Rochwerg

ALAIN CUNY
LIRE L'INFINI ENTRE DEUX ÉTOILES
LA NE SUBSISTE QUE L'INESSENTIEL... 
A CUNY
ALAIN CUNY En silence, face à son pupitre le 26 juillet 89 dans la clarté confidentielle d'Avignon, seul, Alain Cuny prenant place dans l'une de ses chapelles cernées de silences, aux diverses moulure, relevant la profondeur des patines. cadres qui déposent une ligne poussiéreuse sur les murs avant la réouverture des musées restaurés. Dans cette zone de l'écoute, Alain Cluny nous invite à la demeure essentielle d'un texte, suspend cet arrêt de la voix, ébranle, émeut. Cheveux gris, rarement inactif ses gestes sont précis, hâtant ce désir des mots, sourds durs, arides, et dont la force résiderait précisément dans la sécheresse. On chercherait les traces de silence, mais la distance demeure l'essentiel. Aiguiser l'urgence, un luxe insistant, inépuisable, que l'on devine dans les veines de son sourire ; une demeure essentielle des mots implique une présence réservée, indique l'humilité interdite d'un tout autre geste que d'accorder l'hospitalité ; la ciselure des mots précise la proximité de l'intouchable, un appel et face à cet appel. Une richesse, celle du dénuement. La parole est le lieu même du danger, de la perte. comme de la rencontre, le bord de la faille qu'elle ouvre, cet amour pour cette distance qui porte là cette résistance silencieuse. L'attache aveugle. Signe pur, au-delà de l'écriture, sur le blanc de la prochaine page, parler c'est tuer cette errance d'une voix.., se taire... Un texte est une aventure d'écriture, sa propre voix une lecture; dont l'étrangeté des fins de phrase intègre l'espace, le temps, la durée, la voix, le corps, la bouche,impulse nos consciences dans l'urgence repérée. Réduite au silence. Ricochet perdu, mourir à peine, un demi-siècle, certains mots cherchent encore un coin d'azur pour cacher leurs splendeurs. Murmurant des mots fous, tendus, Alain Cuny laisse glisser ces mots aux pénétrants parfums; déposés involontairement dans chaque repli de la mémoire fissurée, rebouchée par de grandes striures de goudron. Du bleu de cobalt dans l'indigo de la nuit, couleur dont on peint les volets, passée par le soleil mais intense encore. Ainsi la violence de la couleur s'altère dans sa profondeur, résonne, elle est alors l'ombre du mental. "Dans ses silences, il n'y a pas de silences d'amours, il n'y a que des actes d'amours, nous sommes tous a la poursuite de cet acte d'amour". Alain Cuny. Alors répandre cet infini pour lequel dit-il on s'embarque comme dans un train pour une étoile"... Artaud "Dans quel mesure chacun d'entre nous a t'il contribué à rendre ce silence possible"... Beuys. Alors simplement parce que la peur ressemble au silence, essayant d'isoler l'insolence supportable de se déserter, en deviner le risque; réveillé par violence de la peur qui nous retient, une certitude d'un bruit fulgurant de silences dépliés. Un homme qui se voile de ne plus se taire, là ou personne ne sait vraiment ce que le corps ne cesse de taire... Balayant la scène de son rire... Mourir d'oubli... dans la demeure d'un sillon, par le silence d'un autre monde autre... Balayant les dernières idoles... "Je vois vos visages... Je pourrais vous dessiner de mémoire... A la fin, car la fin est toujours lue avec intérêt".Kantor.» EXTRAIT PUBLIÉ KANAL MAGAZINE Camille Rochwerg OCTOBRE 1989


LA POINTE COURTE - SETE
LE SOUFFLE ÉPERDU D'ALAIN CUNY S'INFILTRE DANS CE SIÈCLE ET NOUS SÉPARE DE CE TEXTE OU J'IRAIS VOUS ATTENDRE DANS LES JARDINS DE VARENNE qui laisse entendre le souffle à vingts ans de votre pas sous les feuilles... Le regard s'y attache. En suspend l'offrande... Au delà des remparts de St Malo, des Huit heures du matin... Votre voix dit cet amour de l'horizon... Porte St Vincent a St Malo, à l'écart de ce fragment retrouvé d'une enveloppe de L'hôtel de France et du Bar de L'univers, les remparts d'une ville s'impriment et portent à leur insu le silence de votre visite... On le sent dans cette exigence mobile d'une autre voix. " Comme on s'embarque, conscient de mettre en réserve une parole fragile " ... La beauté... POUR VOUS J'EN SUIS LA... C.R 10 JUIL 1993. L'ÊTRE ALAIN FINI "L'ÊTRE HABITÉ" DE HOELDERLING
LA POINTE COURTE
AVEC LA VOIX DE ALAIN CUNY

UN EXTRAIT DE TÈTE D'OR


"LÀ NE SUBSISTE QUE L'INESSENTIEL"
DE ALAIN CUNY A PIERRE GUYOTAT...
L'UN ÉTAIT CHARGÉ DES MOTS à faire naître irrévocablement avec l'insistance d'une vie qui se perdait sans innocence dans la perte des rencontres et la chaleur humaine des sourires tordus comme il le citait... " Quand je rencontre la beauté, je change de trottoir"... Je pense aux strophes… De votre voix sur ce texte « L'habitation de l'être et l'être habité » Le poids des mots s'échappe toujours de vous... VOUS OUVREZ LE CHEMIN... De vous j'ai essayé de préserver cette proximité... Pour tenter de l'atteindre, nous empruntons la force qui sillonne le torrent... Qui alimente un seul fleuve, nous entraînant vers l'océan où de nouveau nous risquons de nous perdre vers l'infinité. Votre présence ailleurs est toujours un bonheur infini... Il serait même difficile de vous écrire simplement...L'ÊTRE A L'INFINI porté à L'hôtel du Cloître St Louis le 25 Juillet 1992. C.R.............
VOUS RAYONNEZ MONSIEUR
Et je peux vous le dire maintenant qu'il est trop tard : vous êtes le père incestueux de qui j'aurais aimé naître. Il y aurait des planètes, des sphères perdues errantes dans l'espace qui produiraient dit-on une musique très lointaine et magnétique. Si on la capte, l'effet procure paraît-il un état second d'une sidérante beauté. Quand je vous vois, quand je vous écoute, j'entends la " musique des sphères"... C'est vous la Sentinelle, et je suis l'enfant droit. Premier mouvement : chatouillis sous les pieds, électricité et fourmis dans les jambes... Ah ! Les morts sont farceurs ! Alain Cuny MONI GRÉGO
ivressecran@sfr.fr