JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE
JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

13/05/2010

Presse Théatre Artifice Letters Moni Grégo Par Camille Rochwerg

MONI GRÉGO
CAMILLE ROCHWERG
NOUS SOMMES TOUS DES ERRANTS INTERSTICIELS
  
NOUS SOMMES TOUS DES ERRANTS INTERSTICIELS« AUX BLESSURES ASSASSINES »
C'est un film de Jean-Pierre Denis qui se glisse étroitement liés aux cris fascinants d’amours et scandaleux de Christine ANGOT dans sa lecture citant cette dernière ligne « JE SAIS QUE J'AI DU TALENT » Ce soir CHRISTINE ANGOT m'évoque aussi l'envie de crier que MARC FRANCOIS avait du talent...
LES ÉTRANGERS
 
Les étrangers d'hier sont les français d'aujourd'hui, les terroristes de la première heure deviennent les résistants, puis les héros de la suivante. Les sauveurs se métamorphosent en tyrans. Les esclaves révoltés deviennent des chefs d'état corrompus, les amants fusionnent puis s'encombrent... Tout bouge et nous échappe. Et parfois nous voici pleins d'énergies possibles à déployer lorsque des situations d'exception nous le permettent, si nous sommes "prêts" à agir favorablement, nous coulant dans le mouvement, avec les plus écrasés, les plus exploités... Des milliers de gestes, de mots, de conflits, de liens, de ruptures, pour que L'ESPACE/TEMPS de la SITUATION arrive enfin... Sortons des concours de souffrances. Moi je suis une FEMME et je ne Je suis ni noire, ni juive, ni arabe, ni croyante... mais discriminée aussi... TERRIBLEMENT... Vous savez bien, toutes ces petites ou grandes choses invisibles, indicibles même, ces liens gluants, étouffants, ligotants... que personne ne veut voir, ni retirer... mais qui forgent un DESTIN... Des tas de VIEUX sont traités comme des chiens...

Des ENFANTS trafiqués, abusés, abominés...
Des OUVRIERS humiliés, amiantés, irradiés...
Des HOMOS stigmatisés...
Des INTERMITTENTS rendus fous-furieux ou dépressifs, ou RMISTES...
Des FINS DE DROITS hors-jeu, dans un pays dit "DE DROIT"
Des ARTISTES suicidés...
Des GÉNIES gâchés, abandonnés, HPisés...
Des STAGIAIRES niqués...
Des RMISTES à la rue...
Des ILLETTRÉS méprisés, arnaqués...
Des POÈTES méprisés...
Des JUIFS boukémissairisés
Des HATHÉÏSTES niés...
Des PALESTINIENS crouillisés
Des ASIATIQUES niaquouaisés...
Des NOIRS, négrisés...
Des ARABES islamisés, beurisés, ratonnés
Des NAINS petitetaillisés...
Des AMÉRICAINS Bushisés...
Des RUSSES Poutinés...
Des GITANS domestiqués...
Des TAULARDS moyenâgisés...
Des SOURDS, malentendus...
Des AVEUGLES, non vus...
Des JEUNES djeunisés...
Des SMICARDS à vie...
Des HANDICAPÉS dermerdetoitisés...
Des MALADES exploités...
Des VIEILLES FEMMES objectées...
Des SDF abandonnés...
Des INCONTINENTS mouroirisés...
Des MORTS débarrassés...
Etc... etc...
Oui, sortons-en de ces catégories, avec concours de souffrances à la clé... La démocratie s'est construite sur le "un", l'individu qui dit "je" qui devient "autre" devant le groupe, et sur le dialogue incessant entre l'individu et le groupe... mais il n'y a plus de "je" ni de "groupe", il n'y a plus que des formatages, des hiérarchies, des champions "hors catégories", des "COURS" des petits, des moyens, des grands..., des "RÉSEAUX", des SÉRAILS, des CURSUS, des CARRIÈRES !!!... Allons vers... n'oublions rien, mais n'encombrons pas trop lourdement nos marches de comptes à régler, d'excuses à faires, de dettes, de créances... à l'infini... Car vivre, survivre et résister c’est vivifier la vie qui nous traverse comme une lumière épaisse invisible, frissonnante qui métamorphose toute chose autour de soi, avec soi, à l'infini. Vivre, c'est être le carburant de la vie, et brûler joyeusement dans cet univers chiffonné qui ne fait qu’avancer avec ou sans bruits. Ces petites pensées du jour, nées de réflexions "mailées". Affectueusement à vous, EN EXTRAITS Moni Grégo. NOV 05
EXILS IMPÉNÉTRABLES "
AVEC VILLE SUR LA MER" INSALUBRITÉ
 
Jardins clos, jardins désensablés, jardins ouvriers, jardins délaissés, jardins effacés, jardins oubliés, jardins labourés, sarclés, semés, Cités provisoires cités passagères dissimilaires perdues, résidences secondaires, transhumances de vies, de mots où l’on frôle en permanence le précipice qui n’aspire qu’à se hérisser de ronces pour devenir pénétrable…. On écoute, on sent, on traverse des dunes, des îles, des marais, des étangs, des landes insulaires, On entre sur l’écrin préservé dans la mémoire du paysage, sur une lente métamorphose des secrets, en fuite. Où le paradis se dévoile inhabité en ricochets ensevelis, confiés aux racines de l’identité pour trouver un territoire. Et entendre les voix traversés l’essence de la vie – « N’importe nous sommes libres » Pour larguer les amarres « sur l’élan d’un sourire d’une innocence perdue, d’une insolence parce que j’ai peur du silence- Là où d’autres miroirs célèbrent la défaite- l’exil où je ne me soucie pas de vivre- « La beauté est cette valeur indicible- Mais qu’attends la beauté pour venir nous rejoindre… » Comment se tenir sur la chrysalide d’un sourire où nous serions n’être au monde infertile » Caressant la lumière de toutes les scènes d’ombres, le chant du théâtre, invite à délivrer les voix où les récits se sont échoués, délivrés, transités avant d’embarquer vers « l’enfer d’un sourire. » Capitaines du navire, magiciens de prouesses, ils haranguent les rêves sur une île de promesse sourde aux appels marqués en profondeur par la présence du divin, veilleurs du sacré chargé de décor majestueux qui soulève un mystère. « N’importe nous sommes libres » Il n’est rien au monde Il né rien au monde Il naît rien au monde, il suffit de connaître le sens des signes sans se laisser troubler par l’infidélité - Et plus loin encore aimer l’éloignement même de l’errance... « Post-scriptum la joie quand tu es né j’aimerais m’en souvenir » Lettre ouverte aux spectacles et remerciements à Christophe HALEB pour sa « Résidence secondaire » « les Vainqueurs » Olivier PY et L’infini recherche autour de BM KOLTES mis en scène par Moni GRÉGO - Extraits de textes © O.PY - Camille Rochwerg SEPT 2005

 
L'IRRÉVERENCE DU CRÉPUSCULE DES HÉROS
Fiction d’un exil public QUE DIRE DE L'EXIL IDÉAL – De l’exil suprême idéal – Que dire de l’instant de silence divin et désenchanté qui laisse resurgir notre stupeur de ce monde – Que dire de l’exil public ou témoin séparé de cette traversée – Nous entrons en piste, solitaire et privé de notre itinéraire … Que dire de l’exil altéré qui s’infiltre entre les nuances et les frontières artistiques sourdes qui se risquent à déplier la voie d’une résistance. D’un passage à devenir – D’appartenir – A l’exil d’un visage, - D’une parole – D’une illusion – D’un envol brûlé par cette brûlure qui détruit l’être habité de lumière et d’ombre. Que dire de ce destin idéal incessant du corps disloqué qui franchit de retenir cet exil glissant. Que dire de l’exil qui empreinte la rigueur et la grâce d’une filiation à respirer le froissement d’une société où il serait difficile d’exister derrière le reflet de ce monde. Que dire de cette fidélité de l’exil qui ne préserve pas la conscience d’un sourire gravé d’étonnement de vivre – Que dire de cette célébration de notre état d’indignité et de dignité qui trouble notre intuition repliée. Ce qu'on appelle l'exil, c’est peut-être seulement de savoir rester intact avec ce bonheur inexploré qui s’efforce d’ignorer l’existence de l’exil assassiné. L’exil c’est peut-être seulement de laisser glisser l’émotion traverser la transparence d’une conscience privée. Ce qu’on appelle l’élan de l’exil … C’est désirer encore désirer soulever la lumière éblouissante d’un avenir flou. C’est oser rester lucide à chaque lever de rideau rouge… Afin de graver l’espace éblouissant et le final d’une magie sous les feux funambules des acteurs de ce monde. LETTRE ADRESSEE AUX ACTEURS CAMILLE ROCHWERG JAN 2006
D’UNE FÉLURE DE L’ÊTRE....   
Et tout s’effondre
Dans la rencontre de cet acte théâtral essentiel… Il faut tenter de réanimer cet endroit invisible sacrificiel et de s’avancer sur la lumière. Se tenir là …. Sans s’écarter de… Pour laisser vivre la violence. Faire face à cette injonction d’être devant les autres. Acteurs d’une telle évidence. Ils ne sont pas protégés. Épuiser de se tenir debout devant l’excellence. Pour faire advenir ce qui s’enfouit comme un acte rugissant . D'où l’on peut glisser…. D’entre les solitudes à franchir ce qui détruit. En laissant résonner les seuils. Quand on sait de cet écart, les raisons inexprimables involontaires d’être effrayé. Nous pourrions avoir l’envie d'effacer l’indécence de rester curieux. Devant notre parole, qui surgit comme un flot de bruits et d’ébats politiques. Ce qui est étrange, c’est qu’ils nous ressemblent mais nous ne prenons la forme de vautour que dans le geste théâtral. C’est sans doute cette apparence de nomade qui traque au loin les voraces. Restons fiers de cette certitude de vivre. Les discours ne sont qu’une adresse politique avide qui nous détourne du rêve et d’une parenthèse éloignée d’un ciel d’insolence. Où les mots se signent de l’élégance du verbe qui séduit ces hommes atterrés. JE POURRAIS AVOIR L'ENVIE D’OUBLIER DE VOUS REVOIR. Camille Rochwerg Juillet 07


REGARDE
 
REGARDE, la nuit se solde de faire semblant d’être. Nous pourrions marcher exprès comme ça sur des distances entre le sol et le corps de la vie. Toute une journée vivants d'exister. Inventez dans l'utopie, de respirer, de rester suspendu et de laisser nos pas se soulever de la poussière undescente. Pour se confier à l'espace dans lequel nous vivons. Jusqu'à effacer le cri sous les plis des traces et des pudeurs. Nous pourrions marcher exprès comme ça sur des distances, errer légers d'une certitude, franchir, sauter de pierre en pierre. Respirer... Faire halte avant de repartir. Et rêver de naître fragiles bien sur. Comment ne pas l'être? Jusqu'à se laisser éblouir, abrité du soleil lassé d'être scintillant. Pour briller de l'inutile beauté vagabonde de l'invisibilité des êtres et des choses. Regarde… Ce qui se vit, là autour, l’inconscience des regards, l’impuissance de l’étouffement de l’intelligence et de l’absurdité… L’urgence repérée, immense de cette habitude d’accueillir un geste à l’envers exprès comme ça sur des distances, et sentir le corps crié se défaire d’être touché. Pour glisser sur l’existence de se sentir vivants d’être l’écho étrange de notre reflet, et de l’adversité d’une image d’amour … Qui manque…. Camille Rochwerg JAN 05
DÉPRENDRE UN ACTE DE DIRE
DÉPRENDRE Un acte murmuré au-delà de la première page arrachée … Sous d’énormes évidences indécentes. TRANS FESTIVAL Ne cesse de dessiner … Les coulisses de la folie... La folie …. De tuer « Je ne sais pas ce qu’il faut tuer « Ce qu’il est raisonnable de dire… « Au moins on peut toujours le dire à ceux qui ne veulent pas entendre »  TRANS FESTIVAL s’installe sur l’apparence d’un grand écart. Ou s’inscrivent des histoires de destin singulier. Le théâtre s'efforce alors de concilier d'un seul mouvement et d'une même oscillation, _ Des manuscrits silencieux, qui nous traversent et qui s'enracinent. Ils semblent laisser scintiller … Cette étoile qui fut ce « don » ils sont seulement le guide le point de repère éblouissant qui éclate sans convenance de bruits assourdissants pleins de craquements nouveaux. DESCELLER ce geste entre la vie et la mort. De ce que l’on peut emporter de l’esprit des lieux. DESCELLER cette réalité profonde du coeur déchiré des mots a peine perceptible en fragmenté et rougit de sang. DESCELLER Cet appel à l’être pur…. Ce quelque chose que l’on perd … Qu’il faut lâcher … Cet effleurement égaré violent en désert de cris sans détour … IL NOUS FAUT CELEBRER Ce permis de port d’âmes… Saisi de promesses, En attente d’un univers d’où, la présence humaine s’est éclipsée pour laisser place à l’obscurité des plateaux, Ils entrent en scène, ils arpentent ces lieux bruissants d'activité la journée et soudain rendu au silence du rideau rouge qui se lève. Ils deviennent le seul maître à bord … L’accueil sulfureux d’un souffle pour la seule magie d’un soir. Entre deux rives Jean Michel Rabeux et Claude Degliame sillonnent les heures fascinées invisibles qui portent la certitude de ce voyage – De l’illimitée inexplicable afin de laisser vivre un sanglot dont on ne peut pas parler . Et qui ne cessent insidieusement de rendre hommage à ce théâtre inachevé de la vie. NOUS N’AVONS RIEN A DIRE AUX OMBRES . Et parfois elles donnent des fêtes étranges… Un air nous envahit … Qui n’est certes de nulle part D’où la voix s’élève de Janis Joplin et de Jim Morrison… Le roi Lear se meurt …. Blaise Cendras nous emporte sur l’éclat du monde devant la grâce de cet instinct d’aimer, d’exister, de résister, de respirer et de déplier l’inversible. REMERCIEMENTS A TOUS LES ACTEURS ET COPRODUCTEURS DE TRANS-FESTIVAL JUIN 2006 Camille Rochwerg
ivressecran@sfr.fr