JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

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JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

13/05/2010

Entretiens - Francoise Coupat - Naître c'est si rare si peu immédiat

FRANÇOISE COUPAT
NAITRE C'EST SI RARE 
SI PEU IMMÉDIAT
 
RAPIDEMENT SÉDUIT, sur l'échiquier d'un pas glissant, le Théâtre de la Chrysalide, épris d'un bouleversement rare propulse, présente, d'après " Le Bâtisseur de Ruines " de Clarice Lispector, une adaptation de Françoise Coupat et Daniel Poutier. Nevers. J'imagine rien. Un décor qui déborde de silence, voix feutrées, les abords à sol ouvert d'un sel immense. Sans voix, d'abord, difficile de parler d'un acte d'écritures, toute la présence de ces mots réécrits par F. Coupat restèrent muets, s'inscrivirent dans l'opacité de se révéler «inextricables jusqu'à renaître sur la fibre. Je sus alors le décalage d'un monologue secret, traversant, plus tard, les corps, les voix, la mutation d'une colonne d'air. A la moindre brise, Naître c'est Si rare, Si peu immédiat. Le regard, la poussière n'aItère pas l'élan, l'éclat, la certitude, le support respiratoire d'un flux, d'un courant d'air qui les soulève, les traverse... J'entends même les silences... les signes, plus un geste qu'une voix... D'une passion dont il faudrait que je vous parle, e réinventer des regards pour l'autre chargés presque d'une langue inconnue. Je t'écris pour te dire ce regard aphone qui n'est pas et à jamais silencieux entre nous, que l'on appelle Voix Intérieure. La voix de Clarice Lispector bruisse, confirme l'insignifiante empreinte, retient le vertige, des mots, rires, aigus, murmurés, nés de l'écume éloignée de l'odeur de l'encre et du buvard glissant silencieusement sur le silence... Cette naissance qui ne cesse de parler, le silence vient le dire, prononce l'absence, lui donne une place. On ne sort pas indemne de certains silences, où les corps s'engagent sans s'éloigner. On pourrait dire d'elle que c'est une femme qui bouge, une sorte d'amoureuse, à l'heure d'un rendez-vous elle libéra ses cheveux d'un roux magnifique, on eût. cru un hurlement... Le cri impalpable nous parvient de très loin... A dire ce qui est interdit, et ce qui est interdit, je le devine, s'il y a la force ... Plusieurs fois j'ai senti, mais Si je laissais faire, l'événement approcherait... l'énergie qui parcourt, descend, remonte. L'histoire d'un homme qui fuit, qui prend la place des paroles qu'il n'a pas su dire, la place d'un silence, la place d'un acte silencieux, qu'il n'a pas eu la force et la lâcheté d'accomplir, pas même avouer, mais seulement s'absenter. D'une parole après la vie cela va Si loin de ne pas savoir regarder, hurler, crier... pour que quelque chose dans la terre puisse palpiter... le temps... une insulte... Une nuit, un souffle, être dans cette vie et l'écriture se perd, acte silencieux, oser même avouer, seulement s'absenter. La mort se voile, de l'un à l'autre, se trahit, en fait que veut cette voix ? A quel mystère muet commence-t-on le voyage ? Personne, personne ne demande tellement plus qu'il ne peut recevoir, personne ne demande plus qu'il ne peut donner parce que demander et donner ne sont qu'un seul acte et l'un n'existe pas sans l'autre, sans l'autre. Déc 91 CAMILLE ROCHWERG
"NOUS TRAVERSÂMES "
 
"J'ai mis au monde un enfant dans le pays des autres... Donc, je n'y suis pour..... rien..... je leur ai demandé de venir avec un texte de 10 lignes qui ressemblait..... qui rassemblait..... dire ces deux mots..... trouver la médiation..... ils ne voulaient pas parler d'eux-mêmes,
Ils n'avaient rien à dire..... ils ne trouvaient pas la médiation d'eux-mêmes..... Parler de moi de mon identité..... si tu prends un texte, c'est le faire partager, Le théâtre, c'est seulement ça..... Adresser quelque chose à quelqu'un, un geste ou des mots S’ils veulent rester sur un plateau..... je ne trouve..... je ne suis pas là pour rien, un plus un..... plus un..... Ce bout à bout avec ces énergies qui vont devoir négocier sans cesse..... s'amuser, séduire, le théâtre, c'est ça, Être contredit et cherché sa place, se tenir en face de l'autre en face d'un texte..... en face de ce qu'il voit..... cela mélange la rigueur et l'extrême liberté.... On nous demande jamais de nous dire..... Et puis il y a les remparts..... Je leur ai adressé une lettre..... Je leur ai demandé une évocation d’ailleurs..... un pays..... du pays que vous préférez..... je leur ai demandé, je ne savais pas comment faire... parler de ces UNIVERS, je regarde, je leur ai demandé de le raconter..... un rêve qui revient souvent..... de le raconter à quelqu'un,Deux par deux..... ensuite celui qui avait écrit récrivait ça devenait une autre écriture..... l'autre était en regard..... de ça..... se sentant ou trahi ou non..... il y avait quelque chose qu'il fallait défendre y a un rêve qui est devenu comme pour tous..... j'ai rêvé c'était un rêve simple..... quelqu'un était dans une chaos et arrivaient des étrangers..... par chacune des portes. Et chacun ne comprenait pas et chacun était suivi d'une ode ce mot avec ce qui se passe en ce moment..... j'ai su que tous pourraient y ADHÉRER..... D’une façon intime secrète..... Cette histoire..... chaque fois que je m'engage, j'écris quelque chose... J'écris en même temps..... ce qui se passe avec les gens ce que j'induis et l'endroit de ce prolongement." Extrait de l'interview réalisé le 13 Décembre 91 avec FRANÇOISE COUPAT - CAMILLE ROCHWERG
ivressecran@sfr.fr