JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

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13/05/2010

Entretiens Marc Francois A cet égard Peut être qu'il faudrait mourir à l'air libre Par Camille Rochwerg

MARC FRANÇOIS
NOUS SOMMES TOUS 
DES ERRANTS INTERSTICIELS 
« AUX BLESSURES ASSASSINES » 
C'est un film de Jean-Pierre Denis qui se glisse étroitement liés aux cris fascinants d’amours et scandaleux de Christine ANGOT dans sa lecture citant cette dernière ligne « JE SAIS QUE J'AI DU TALENT » Ce soir CHRISTINE ANGOT m'évoque aussi l'envie de crier que MARC FRANCOIS avait du talent... 
A CET ÉGARD IL Y A QUELQUE CHOSE QUE JE COMMENCE A COMPRENDRE … Je ne serais plus l’homme que j’étais plus jamais…
Un être en état d'innocence – « Mais il s'agit d'autre chose... Une sorte d'incomplicité entre deux êtres de similitude... Et tout d'un coup une brèche s'ouvre sur une très grande lumière... Une lumière aussi pure. Blanche... Immaculée. » C'est important de s'abandonner au sommeil devant les autres... Et d’inscrire cet « Adieux à mourir. » Regardez comme notre sommeil est léger... Un instant nous nous réconcilions avec la respiration des choses. Pour que l’on ait en vie...
 CAMILLE ROCHWERG SEPT 2006



A CET ÉGARD
"LA RENCONTRE A BESOIN D’UN PEU DE TEMPS POUR QUE LA MÉMOIRE NOUS CHOISISSE…"
Il s'agit d'autre chose... Jamais délimitée... Une sorte d'incomplicité entre deux êtres... Il y a des similitudes... On dit que je côtoie le désastre... Le désespoir que je provoque qui est sur mon visage... Et tout d'un coup une brèche s'ouvre sur une très grande lumière... Une lumière pure... Blanche... Immaculée.
CES LIEUX DE THÉÂTRE  s'établiraient sur une fréquence... Il faudrait lier les signes... On pourrait dire qu'il n'y a rien à voir, c'est le mouvement même du voir qui se laisse apercevoir, obliger de traverser le voir... A percer...voir... Dans le flux de la lumière. Voyager entre cette espèce de pacte... Entre le monde, la conscience, en même temps, sa fatalité, en même temps cette étrange liberté... Ce qui nous laisserait une possibilité de sens que de faire à chaque fois l'expérience d'une lecture... À travers les signes de ce que nous saurions... Inquiéter une autre texture... Autrement... Autrement percevoir...
EN MÊME TEMPS LE THÉÂTRE RÉCLAME ... "L'épuisement des sols, parce que la quête de ce site... Phréatique... Temps... Sens... Mémoire... Flux... Quand il y a épuisement des sols... Dessèchement des nappes... Il ne reste plus qu'une surface où il ne reste que le langage... Circulant hors de lui-même et ainsi de suite, cette persévérance desséchée dans son état du corps, et ainsi l'état de sa mort... Recréer des conditions phréatiques, du mouvement, je ne sais pas ce qu'on en ferait ni ce que cela désigne... Phréatique dit aussi filtre, destination, dit que toute matière est filtrée, air, terre, eau, feu, disjoints, assemblés, l'accolement provisoire, une fracture, une fissure... Et dans la fissure, il y a quelque chose qui fraye... Et puis une dérive qui se métamorphose... Une particule de ce corps-là...  Et il y a du vide entre l'intuition, par quel chemin, se préparer de l'intérieur... Surpris d'être encore là". ET C’EST CE QUE JE TENTE. Qu’importe la mort de l’homme pourvu que la forêt vive, on perd forcément de son individualisme pour la vie de la forêt…. Qui serait peut-être l’esprit et le temps, pour que ce certain temps de la forêt devienne l’espoir de l’homme et son essence, aussi l’esprit communautaire de la forêt pas simplement des hommes mais des arbres. En fait les arbres n’ont pas d’yeux pour nous regarder, mais cela nous regarde autrement, dans un autre temps.  "JE FAIS TREMBLER LES ACTEURS" "J'aime bien quand le premier pas sur scène crée le risque, le danger, le tremblement? Je voulais qu'on sente les mains des hommes derrière ces murs, que les murs soient une sorte de sensibilité humaine. Les machinistes étaient comme des acteurs de l'ombre. Je crois que la représentation est d'autant plus difficile à voir, parce que l'on vit dans une société très étonnante, c'est évident que notre société ne fait que prôner une fausse santé humaine, cette sorte de gravité grimaçante qui m'horrifie. Et que la maladie ne serait pas quelque chose de riche, mais le privilège même de l'homme.
ET JE DISAIS Jeter la tête par la fenêtre au public que les gens viennent. Au secours. Jeter la tête par la fenêtre, tentons de se réconcilier avec nous-mêmes, tentons de se réconcilier avec notre nature, avec la nature plutôt que de vivre dans un monde décapité.
Je déteste la bonté, la bonté de notre monde m’effraie parce que c’est un fascisme mental
Rien de vivant ne procède de la bonté.
COMME DIT GENET" LA VIOLENCE EST UNE AUDACE EN REPOS AMOUREUSE DES PÉRILS" "POUR DÉSARTICULER UN CORPS D'ACTEUR"
Traverser par des ondes... "Si la représentation ne fait que reconduire les images que l'on voit, étrangement c'est comme si elle se séparait de sa responsabilité à être corps, mouvement, langage, chair"... "Hors de l'illusion d'une vérité du langage... Hors de l'illusion du tremblement... Je ne fais pas l'impasse sur la compréhension"... Il y a des voyages qui font douter des mots, des affects... Des affections...
À chaque fois je me plonge dans les trous ... Sur l'existence d'un jeu de pistes... Traverser... Lier les pancartes... Traverser ce symptôme d'être vivant... Faire tomber l'aporie de nos illusions... Afin que se présente une autre conscience...
Quelles confusions... Cette persévérance à revenir à l'acte d'écrire sans objet, sans finalité... Sans disparition, de ce qui menace sans cesse cette persévérance... On dit veilleur... Cet état d'où et où l’on revient, sans retour, y retournant sans cesse.
ILS SERAIENT DANS CETTE VIOLENCE-LA  Ce qui les ferait trembler et par cette confusion des contours du corps, on peut peut-être voir un autre corps jaillir qui serait peut-être le vrai corps de l'acteur. Vers une sorte de peur blanche immaculée, une peur qui n'a pas de nom, une peur qui n'est pas polluée, pour essayer de retrouver la virginité de la peur.
C’est l’endroit même de toutes les complexités, c’est comme dans certaines églises, il y a un endroit intenable, ou toutes les lignes de force se rejoignent, c’est un endroit intenable, c’est un endroit sacrificiel, c’est une chute comme l’ange déchu, on devient boiteux comme le diable l’est.
C’est évident que je tente un théâtre de la métamorphose continuelle. Pas seulement des acteurs de la scénographie des lieux de tout
Ou tout est rempli de sens et de métamorphose sous nos yeux
Ou le théâtre serait le chant des possibles de tout les possibles …
LE SILENCE EST AUSSI IMPORTANT LA VIOLENCE qui peut exister sur la rencontre est une violence de travail, c’est quelque chose qui peut réveiller être lumineux, elle propulse… L’être… On devient une espèce de labyrinthe, on ouvre une porte, on ne sait pas ce qu'il y aura derrière la porte, et puis on en ouvre une autre... On n'est pas esclave d'un texte... Le silence est aussi important... Il y a un silence même à l'intérieur de la parole, il y a un silence à l'intérieur d'un geste... Et tout d'un coup, on entre dans un espace qui bouge. Cela fait appel à une mémoire très ancienne qui resurgit... Il y a longtemps, j'ai pris une photo de moi quand j'avais cinq ans... Mon visage était en modification... Je peux changer... J'ouvre une porte, je suis cette personne que l'on voit peu... Qui est en attente... Hors plateau... Entre le noir et la lumière, il y a cette présence très fugitive... C'est le même espace...
LA SEULE CHOSE QUI APPARTIENT A L'HOMME C'EST LE VOYAGE...
Forcément l'homme serait un nomade... Un nomade visiteur... Le voyage implique une métamorphose continuelle... Des paysages... Tout passe... Le reste du voyage qui suit n'existe pas... Tout est faux, les choses n'existent qu'au moment où on les voit... Le voyage est inscrit sur cela... Tous ces paysages seraient une création continue... au moment même... ce n'est pas innocent de parler de cette caresse infinie et en même temps... De parler du voyage qui lui appartient... Dans ce voyage... L'humain se défait... Continuellement... Le vent... Le voyage est une caresse incessante du corps... Qui efface... Qui ne s'arrête pas d'effacer... Cela vous apporte cette caresse... Le dessein d'un vieillissement...
LE RESSAISISSEMENT, C'EST LA VIE.  Il faut recommencer à voir, à regarder, à toucher, à sentir, les murs, le trottoir, les gens, à écouter la langue de l'endroit. Quelquefois il faut vraiment s'efforcer, marcher dans la rue, il faut se dire non, regarde, touche, voit, sent, écoute, touche pour recommencer à être ailleurs qu'en nous-même... C'est évident que je tente un théâtre de la métamorphose … Comme un théâtre où le théâtre serait le chant des possibles de tous les possibles... Extrait de l'interview réalisé Le 9 Juillet 1991 avec Marc François Sur la création des " MUTILES" suivi de « CHUTES » mise en scène de CLAUDE REGY Par Camille Rochwerg



"PEUT - ÊTRE QU'IL FAUDRAIT MOURIR A L'AIR LIBRE"
De voir des corps dans cette quête là.... dans cette voie... Ce silence à bien lieu au bon endroit..... cela ne s'échappe pas... y a un moment où C. FERSEN marche encore une fois dans ERRANCE..... une errance très alcoolisée..... et puis rencontre un objet inébranlable..... et puis finalement tombe..... elle dit..... aidez-moi..... comme si cet objet pouvait pas être là..... c'est troublant..... est-ce que cet objet réel existe..... dans notre monde..... de notre habitation comme si les murs... Quelquefois on a envie de les pousser et de dire aidez - moi..... Si tout le monde s'y mettait pour faire bouger mur..... on y arriverait simplement pour voir bouger un mu pour voir s'aimer un VRAI COUPLE..... qui s'aime..... ai c'est donner ce qu'on a pas..... Tout ce qui me touche me détruit..... cela ne m'appartient pas..... rien ne m' appartient..... aussi se déplacer d'un exil à un autre..... une identité à une autre..... sans crier gare..... Notre corps ne nous appartient pas..... c'est une caresse infinie, je me disais..... quel voyage ? que cette caresse..... qu'elle caresse magnifique continue..... que celle de la mort..... cette caresse incessante qui efface..... les traits dans la terre..... je ne sais pas où..... qui les efface petit à petit avec une douceur avec une telle patience..... jusqu'à un temps ou plus rien n'existe..... quelle caresse infinie comme ça..... qu'elle caresse d'effacement.....
La seule chose qui appartient à l'homme c'est le voyage..., forcément l'homme serait un nomade..... un nomade visiteur le voyage implique une métamorphose continuelle..... paysages..... que tout passe..... tout passe..... le reste du voyage qui suit n'existe pas..... tout est faux, les choses n'existent qu'au moment où on les voit..... le voyage est inscrit sur cela..... ces paysages seraient une création continue..... au 
 visage..... vieillit..... deviendrait lisse jusqu'à L'effacement..... jusqu'à la mort..... tout s'efface..... Quelquefois il y a des sillons qui ne sont là que pour dessiner les marques du voyage..... du vent sur les peaux..... Peut-être qu'il faudrait mourir à l'air libre, il faudrait que notre corps soit à un endroit ..... un endroit..... de tous les vents possibles, où se rejoignent tous les vents sur un sommet..... ce point ultime..... cette chaleur...... ce froid...... et que l'effacement se fasse par le vent..... peut être que c'est cette peur incroyable de ne pas être enterré..... cette peur d'être enfant au point ultime, peut-être..... le point intenable visible de tous..... peut-être le danger de voir ça..... tellement ça serait beau..... trop beau..... la mort est mise à côté comme quelque chose qui ne doit pas exister..... Comme si la mort était nouvelle..... moderne comme quelque chose qu'on avait pas prévue, cette sorte de mensonge de gaieté..... de légèreté..... L'homme, l'adolescent porte une voix qui mue vers une voix d'homme qui serait englué de sperme..... Une femme n'a pas de sang dans la bouche.... 17 Décembre 1991 M. FRANÇOIS - CAMILLE ROCHWERG

L'ACTE MÊME DE VIVRE
"II a pris un personnage... qui passe son temps à rêver... cela permet de ne pas savoir si les gens vont entendre... Ce texte raconte la même solitude... tout me blesse... douleur... le plaisir... Il y a des mots qui reviennent... une porte ouverte sur le rêve... De savoir fluctuer... C'est comme si on ouvrait une parenthèse... c'est un rappel...
"Tout me blesse... Il y a des jours où monte en moi comme d'un sol étranger, vers ma propre tête un dégoût, une détresse... une angoisse de vivre que seul le fait de devoir le supporter m'empêche de trouver insupportable... c'est un étranglement de la vie au fond de moi... un désir d'être quelqu'un d'autre au fond de moi... dans tous mes pores... J 'ai froid... Ce que j'éprouve surtout c'est la lassitude... et cette anxiété qui est soeur jumelle... J'éprouve une peur intime de tous les gestes que je dois esquisser.... et un dégoût insupportable pour tous ces visages rendus stupides par l'intelligence... comme par l'absence d'intelligence.... Et grotesque à donner la nausée à force d'être heureux... ou malheureux... horrible tout simplement parce qu'ils existent... Tout me blesse... Comme une douleur imprécise... le plaisir lui-même, celui qui nous semble à tel point une immersion... dans la vie...et bien plutôt une immersion en nous-même... une destruction des liens entre la vie • «Et nous... une ombre mouvante de la mort.... l'acte même de vivre équivaut à mourir puisque nous ne vivons pas un jour de plus dans notre vie sans qu'il devienne dans ce fait même... un jour de moins... au fond, je n'ai pas d'autre plaisir que de vivre l'analyse de la douleur... pas d'autre volupté que ce lent passage liquide et morbide des sensations qui s'effritent et se décomposent... de sorte que tout ce qui angoisse je le vois.... et de tout ce qui réjouit, je ne ressens rien... j'ai remarqué que la douleur est vue d'avantage qu'elle n'est ressentie.. . "J'ai froid... Nous ne sommes véritablement que ce que nous rêvons... car le reste... si je réalisais un de mes rêves, j'en deviendrais jalouse car il m'aurait trahi en se laissant réaliser... j'ai réalisé tout ce que j'ai voulu... j'ai rêvé prophétiquement tout ce que la vie a fait de moi... nous ne décidons rien nous-même... la vie nous lance en l'air comme des cailloux... et de la haut, nous disons voyez comme je bouge... J'ai froid..." Extrait de l'interview réalisé le 18 JANVIER 1992 avec M. FRANÇOIS - Autour de PESSOA CAMILLE ROCHWERG

"FRAGMENT CACHÉ"
 17 Décembre 1991 " FRAGMENT CACHE "
"C'est une femme qui tue un homme.... C'est d'après un fait divers.... J'ai très peur.... " C'est vraiment très violent.... "UNE FEMME EN ARRÊT...." J'aimerais qu'une chose m'envahisse.... que ma raison s'en aille à jamais.... méconnue comme une bibliothèque qui brûle..... ..... toute une civilisation peut mourir parce que tous les livres brûlent......
"L'HOMME PRÉCIPITE" C'est un précipité chimique" évidemment qu'il est précipité..... il commence à marcher, il finit par courir..... et il dit que le trottoir brûle..... que ses semelles brûlent, il ne peut que courir..... par cette course, il n'arrête pas de vouloir se métamorphoser, il tend vers quelque chose où il perd ses formes, il dit qu'il cherche son meurtre..... son propre meurtre..... il a besoin d'un autre corps pour accomplir cette . métamorphose..... qui le tue...... et ces deux corps qui se tuent produiraient un autre corps qui serait peut-être Dieu..... Jusqu'à des milliards de petits bouts d'homme de plus en plus petits..... et ainsi de suite..... tout effilochés..... ..... un jour, à force de division, nous arriverons peut-être à être un seul esprit..... galopant dans des nuées..... sans terre..... ni ciel..... ni mer..... sur un cheval gris tâché..... Il y a une ouverture sur l'invisible, tout est fait pour révéler l'invisible..... L'INVISIBLE HUMAIN.....
Évidemment comme une humanité oubliée.:... et c'est dans l'invisible que nous pourrons retrouver une humanité..... cela passe par le chant..... le chant de l'inouïe..... les déliés dans les contes tibétains sont des monstres qui s'appellent les "Séparées", "les non-réunis", ce sont des êtres dont les membres sont réunis par d'immenses filaments blanchâtres..... sans aucun danger pour les voyageurs..... ils hurlent de peine parce qu'ils voudraient se retrouver entiers..... Réveiller l'inouïe..... c'est là que l'on peut être au monde comme un trait absolument humain, absolument nécessaire.... pour tendre vers..... Extrait de l'interview Réalisé le 17 Décembre 1991 avec M. FRANÇOIS sur la création "Les déliés"
CAMILLE ROCHWERG

"IL Y AVAIT UNE ABSENCE DE COULEUR"
".... Ils se tuent..,,, avec des tons d'ombre..... la serveuse perd sa place au Café.... elle commence à ERRER...... et de voir ce corps se défaire..... comme s'il y avait un-vent dans la ville.... terrible..... et que les corps luttent contre le vent..... comme si le corps se défaisait continuelle.....ment dans ce vent..... comme les tableaux du Munch..... un CRI muet..... En même temps.... cette histoire ne pourrait pas se passer..... si.-cela ne se passait pas dans un café..,.. où il y a toute cette humanité qui va boire pour être ALTÉRÉE, cette drôle de chose... boire pour être altéré...... De cet endroit où tout perd son sens...... même son identité..... Qu'est ce qui ATTIRE dans un "café sinon ce TROU NOIR..... ce trou noir de l'invisible..... excessivement dense qui happe tout..... même les paroles..... Une sorte d'immense vent qui pousse tout..... un souffle de l'au-delà..... continuel..... L'au-delà..:.. continuel..... Ce vertige là..... Toute cette humanité pliée se trouve à la lisière à la porte.....et visible..... de l'invisible..... cela devient VERTIGINEUX..... " Extrait de l'interview réalisé le 17 Décembre 1991 avec M. FRANÇOIS autour de la création "Esclaves de l'amour" CAMILLE ROCHWERG

"CHUTES"
Nous recevons un bonheur infini..... Claude RÉGY travaille sur le désespoir absolu..... presque tyrannique..... A un tel point..... tout d'un coup, il y a une brèche..... subtile..... un désespoir tellement grand..... une brèche s'ouvre sur un inconscient collectif..... dans une très grande lumière..... une lumière pure..... blanche..... immaculée..... Un vrai risque..... un état de deuil..... nécessaire..... "En vérité je vous le dis..... si le grain de blé tombait..... et il ne meurt pas..... il demeure seul..... mais s'il meurt, il y a beaucoup de fruits....." Un état de deuil qui laisse pousser des arbres nouveaux.... très anciens..... avec des fruits étranges..... Il y a un esprit de la forêt..... et justement par ce champ ouvert sur scène de tous les possibles..... plus rien n'est possible..... Il s'agit d'autre chose..... jamais délimitée..... Une sorte d'incomplicité entre deux êtres..... il y a des similitudes..... "qui viole le ventre de l'enfant nue" ..... on dit que je côtoie le désastre. le désespoir que je provoque..... qui est mon visage..... on a toujours l'impression d'une sorte D'ERRANCE il y a une recherche continuelle de trouver sa place....." " Extrait de l'interview réalisé le 17 Décembre 91 avec M. FRANÇOIS autour de la création de "Chutes" MISE EN SCÈNE DE CLAUDE RÉGY
ivressecran@sfr.fr