JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

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29/05/2010

Presse Jardins d'enfance L'été on Devrait Passer à Autre Chose Par Camille Rochwerg

JARDINS D'ENFANCE
L'ÉTÉ ON DEVRAIT PASSER 
A AUTRE CHOSE

TRANSPORTÉE DANS LA D/SÉESSE NOIRE SULFUREUSE 
ET D’UN LUXE BOURGEOIS
IL Y A D’ABORD LE JARDIN D’ENFANCE, l’odeur vacante... D’une immobilité. Sa fraîcheur. Dans ce jardin, on sait qu’il est midi la couleur jaune envahit tout. L’ombre existe et se glisse sur une sorte de repos qui s’ouvre sur l’horizon. Les oiseaux, enfin, perçoivent une liberté éternelle. Et dans cette évidence quotidienne, l’intensité éblouit. Les yeux se plissent sur les cahiers d’écritures à gros carreaux, les devoirs solitaires... L’abondance des fruits rouges, le poisson farci a l’aïoli. Les fêtes de fin d’été, la vacuité secrète de l’ennui... Le désœuvrement désespéré. Le vide ensoleillé,
Je retrouve les bruits imparfaits du mercredi ou l’on montait à pied avec mon frère sur les hauteurs de Montfermeil, ville d’enfance, imprégnée du jardin de mon grand-père. Ce jardin cultivé, de fruits et de légumes, les lapins, les poules, le chocolat, la baraque en bois sans eau, je retrouve son passeport d’émigré venu d’Espagne. La reconnaissance de Nationalité Française pour ma mère.
Et puis le jardin de mon oncle, ferrailleur, englouti d’épaves de bois et de fer. Une odeur insulaire de rouille. S’insuffle sur les jeux de balançoire et les cachettes improbables de cet amoncellement.
Si loin, nos rendez-vous de septembre où s’installait la fête de Notre Dame des Anges, si proche sans doute de l’église portant le même nom… Le champ était ouvert presqu'en friches... Le lac des sept iles ou dans l’année 1956, les Parisiens sont arrivés en bus pour faire du patin à glace sur le Lac disparu aujourd’hui. À cet endroit trône encore l’église sainte Bernadette, petite chapelle du chaîne pointu. Là, la fête foraine s’installait comme un bleu du haut du ciel, on nous offrait à cet événement un billet de cinq francs pour faire des manèges, toute la journée, nous étions cinq protégeant l’enfant que j’étais dans le grand bateau qui s’envolait en plein air. Puis le rituel des moules frites vers la tombée du soir laissait revivre les rires et les peurs d’une enfance dite écartée d’insouciance, effrénée des langueurs d’un dernier bal sur les bords de Marne. Nos vies avaient la senteur de l’herbe mouillée, de familles joyeuses. Le refrain de cette liberté inachevée et achevée détruite par la construction d'un super marché. Nommé Mammouth. Qu'elle innocence, nous avions. De cet art de vivre. C.Rochwerg 21 Fevrier 2018 Pour Jeanne Balibar et ce Démon de "Merveilles à Montfermeil"

ON LIQUIDE ON LIQUIDE
LE JARDIN DE MON ENFANCE, L’odeur vacante... D’une immobilité. Sa fraîcheur. Dans ce jardin, on sait qu’il est midi la couleur jaune envahit tout. L’ombre existe et se glisse sur une sorte de repos qui s’ouvre sur l’horizon. Les oiseaux, enfin, perçoivent une liberté éternelle. Et dans cette évidence quotidienne, l’intensité éblouit. Les yeux se plissent sur la mer illimitée, sur les flâneries estivales, sur les ports d’une migration vacancière.
Il y a les lectures de vacances, les cahiers d’écritures à gros carreaux, les devoirs solitaires... L’abondance des fruits rouges, le poisson farci a l’aïoli. La vacuité secrète de l’ennui... Le désœuvrement désespéré. Le vide ensoleillé, le bronzage essentiel le régime régénéré en 3 jours. 
Le rire des vagues, les sables émouvants. La mer étoilée par extension. Les galets salés qui se glissent dans les poches les maillots de bain des années 50. Les glaces multicolores qui sucrent les lèvres l’envol des mouettes, les fêtes foraines du haut du ciel. L’enfantillage des bruits du bord de l’eau. Les valises saturées de nos livres divers un temps arrêté d’une saison qui se sauve. Après les vacances il y a une respiration les grèves épuisantes. L’auto vaccin de l’anti-pollution le vacillement de l’automne. Les soldes en hiver... Regarde l’infini. Il suffit d’essayer d’entendre le son du silence multicolore... Suivi d’un été vers l’autre. CAMILLE ROCHWERG JUIN 2001

 " L’ETE ON DEVRAIT PASSER A AUTRE CHOSE "
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