JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE
JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

14/05/2010

Presse Danse Daniel Larrieu Par Camille Rochwerg

 DANIEL LARRIEU
DIVINE
AURÉOLÉ DE L’OR A CONTRE-JOUR D’UN BLEU SACRÉ DU CIEL
Semblant creuser ce sillon d’un texte, Divine submerge par cet éclat vulnérable… Sans crainte de s’égarer… Daniel Larrieu illustre ce parcours furtif de fragments instantanés qui s'articulent entre eux et qui finissent par dessiner une danse d’une telle certitude. Où réside comme le citait Jean Genet dans le Funambule "cette blessure" d'élégance juchée sur talons aiguilles. Si simplement parler d'elle ou de lui-même Jean Genet "Souillé de sa propre splendeur"sous l’extase et le désir resurgit sur l’autre versant d’être travesti.. Divine "Un homme donc parce qu’il pourrait en secret devenir un amant" marche et s’infiltre à cette rencontre… "On peut deviner " sous la grâce de Daniel Larrieu "La légèreté de l'artiste taillé et baigné dans des larmes… D'une eau pure" Parfois trépidant, apaisé, furibond et serein, il prélève cette part choisie des luxures d’une exaltation si insolite… "S'il est bien vrai que je suis un prisonnier qui joue et qui se joue des scènes de la vie"… Cette escale est un Étrange face à face d'une personnalité où l'épreuve ne serait que la politesse d'une photographie qui se disputerait a l'urgence tant s'y dévoile la danse tout humaine d'un texte en mutation. Alors " Dire cette "Gloire secrète "… Tel un sablier égrené sur une terre dansée par la parure des mots, a force de sédiments et de silences qui tenteraient de faire oublier que Jean Genet y avait trouvé l’exil d’un estivant passager respectant son territoire. Ce rituel de l’épreuve, cet affleurement d’une rupture, d’un auteur repoussant la nuit vers une célébrité des lumières. Préserve cette arène ou Daniel Larrieu ne serait venu que pour y laisser si légère soit-elle cette empreinte élue pour ce ravissement de drames et de ronces auréolé de l’or à contre jour d’un bleu sacré du ciel. C.R Divine variation théâtrale chorégraphiée d'après Notre-Dame-des-Fleurs De Jean Genet Théâtre de l'Athénée - Mise en scène Gloria Paris - Interprétation textes et chorégraphie Daniel Larrieu scénographie et lumières Laurent P. Berger costumes Margaret Stretchout conseiller musical Le Tone assistante à la mise en scène Shady Nafar travail du texte Georges Roiron © Frank Boulanger
 
 TREMBLEMENTS ET DÉSIRS D'ACT DE RIVAGE
TREMBLEMENTS ET DÉSIRS D'ACT DE RIVAGE . C’est en effet entre deux hommes ce soir qu’une voix à laisser s’écarter le regard déserté d’un opéra sur la vie. Lorsque les portes du théâtre se ferment s'infiltrent les coulisses d’un aller simple sans détour entre passé et présent. A partir de leurs carnets intimes. Ils livrent l’informe révérence d’une invitation pour un premier bal. Ils ont de cet avenir, un secret de chacun permanent. De se faufiler - Entre les êtres, les visages, les mots. De circuler dans le temps aussi librement que les pages visitées restées « présences » DEPUIS COMBIEN DE TEMPS... De mettre en miroir les personnages, de l’un a l’autre. Emportées par quelques notes restées collées qui traversent à l’infini la plénitude d’un été et le rythme essentiel d’un hiver pour « un acte de présence avec petites trouvailles » Conçus par Daniel Larrieu et Vincent Dieutre à la Ferme du Buisson, ils nous décriront, la visite d’un autre spectacle qu’ils ont choisi de présenter sous la forme d’un chantier où les pages tournées à la main dont le thème central serait la perte... L’inoublié qui influencera le passage de la lumière à la vidéo jusqu’à étreindre la force de mots dits. Comme on sillonne une marche solitaire sur un lambeau de terre aride qui nous accueille de sa propre absence de vérité. Combien de temps pourra-on rêver d'une voix et d’un regard… Témoins par excellence, ils tracent les contours d’un fil silencieux qui se pose avec légèreté sur un souvenir écarté de la mémoire comme la visite inopportune de Hervé Guibert et l’ultime Ascension du Mont Ventoux par Pétrarque, pour « Gravure » Chorégraphié par Daniel Larrieu. Ils visitent avec élégance, l’irascible fierté d'une résistance sacrée de vivre et révèlent les aspérités douces des noms et disparitions des êtres comme une ville engloutie par le spectre de la mort sous l’effigie d’un passé si proche. Avec une audace, qui n’a rien avoir avec la provocation, mais l’onde des corps parle encore comme des magiciens triomphants sur les maladies de ce monde. Comme un défi à la grandeur de L’ART, comme un MERCI à l’œuvre ces inoubliables artisans de la grâce ne cessent de construire d’éphémères passerelles enchantées entre la vie et cet "Acte de présence avec petites trouvailles" COMME LE CITAIT THOMAS MANN - CERTAINS DÉSASTRES SONT TROP GRANDS POUR L'ART – Camille Rochwerg OCT 08 - Un chantier de Daniel Larrieu et Vincent Dieutre. Temps d’images 2008 / la ferme du buisson, scène nationale de Marne-la-Vallée.

IL SE TIENT AU MILIEU DU PLATEAU SACRÉ 
COMME UN FRAGMENT DE VOUS
Vous êtes venu sans autre intention que celle de parler de la peur dans un acte noir plateau éclairé. Sachant que tout acte éclairé est aussi un acte noir. On dira de lui que le noir ne s'est pas éteint que le plancher n'était pas désert et qu'il est resté ce Magicien en retrait. Vous aviez comme intention de prononcer un éloge de la danse et de proclamer la finesse d'un mouvement, mais à peine avez-vous entrevu ce choix que ce geste est devenu un acte pressenti, ressenti et qui vous engage le saviez-vous ?
C'est à partir de cette conférence de Daniel Larrieu, de ses récits si brûlants d'exister, si tendue que cet écrit s'aventure pour descendre dans ses plis de ce que serait ce voyage de la danse. Ce sont ces pulsations d'histoires, de visages, de destins superposés qui éveillent ses contrastes et ses extrêmes. Vous décidez d'affronter et même d'y perdre la face vers ce qui oppose cette insistance, cette porosité d’une programmation qui vous représente entre l’histoire politique et la fiction d’un passé. Du moins dans ces certitudes...
Rien d’une révélation tout d'une intégrité d'une perception qui précise l'indécence de l’éphémère implication culturelle. Comment écrire cette béance obscure… Et cet en écho de ce plaisir des mots que nous entrons - Le plateau deviendra alors le personnage principal. Reconnaître la matière même du timbre de voix dans le noir lumière. C’est là que se nomme l’émerveillement de la parole qui se rétracte, se protége, s’efface par la présence d’un seuil. Vous êtes au bord de ce pli qui court entre ce geste et la lisière d’un autre geste qui meurt et renaît et dont l’immobilité glisse l’un sur l’autre affectant le lieu de ce fragment intenable. Est-ce l'effet individuel de chaque acte qui… Dire, ce que ces lieux du corps précise dans cette quête de son histoire personnelle et de l'histoire collective. Serait le plus grand vertige d'élucider ce que profile le temps… Ce que dessine la peau, ce que précise le pied qui converse vers une sensualité. Parler - Danser. Puis une page se glisse sur un violoncelle qui se laisse entendre et qui ne cesse d’abandonner sa trajectoire si nous n'avons pas la force de suivre ce battement unique de la parole. Ce qui donne à ce parcours cet air extravagant, libre, insolent et vivifiant, à la fois charmeur et impitoyable. Ce qui implique la lumière de cet écrit.
Aucun de ces accords n'est indépendant sans isolation possible de la création et cet ensemble est un instant à saluer aussi entier que vous l'êtes vous -même en le vivant. Serait-ce le corps de ce plateau vide…. Sur un écran noir d’encre vidéo... À survivre dirait-il?
C’est une manière d’entrer dans l’histoire et d’y rester le spectateur comme un instant d’incertitude. On pourrait chercher un fragment intime de l’arrachement du corps, mais la parole ricoche dans un sillon minuscule en éclats différés. Lissant la présence d’une respiration derrière ce que précise un artiste de prêter sa voie à cet instant d’une vie à éclaircir. Comme un ancrage par sa qualité même… Jusqu'à trouver la rareté d’un recommencement intact et c’est sur ce dévoilement… CROCHWERG FEV 08 Q
ue peut-être quelque chose se parle, encore… Moni Grégo

CHIQUENAUDES
NEVER - MIND
Il ne dit rien de ce qu’il sait. Il est Grand par infidélité. Dans ce qui le touche c’est peut être ce face à face qui se parle. Et je ne sais qu’elle partie de l’écriture visible mais qui échappe. Et que l’on n’atteint pas et qui n’est pas la vérité. Et que l’on sent glissé sur un silence préservé qui nous instruit d’être touché. C.Rochwerg Nov 2006 CHOREGRAPHIE DANIEL LARRIEU C°Astrakan http://www.daniellarrieu.com
C'EST AUSSI SA SIGNATURE... CET ÉCLAT D'ARTIFICE OU DANIEL LARRIEU inscrit une sinuosité singulière des corps sur l'eau et tracent... Un labyrinthe en miroir parsemé en excès d’évidence qui surgissent sur l’immersible... Perfection... Il suffit parfois de retenir... De reprendre souffle afin de s’attarder à lâcher les moindres résistances... Pour retrouver à travers ce pigment versatile, cette ondulation, ces craquelures, du seuil l’évidence juste un instant de dépasser l’acte funambule et de son reflet… Pour toucher à l’invisible... De l’être et cette ombre du double a conjuguer sur tous les temps … Merci... A PROPOS DE WATERPROOF - CAMILLE ROCHWERG SEPT 06


CÉNIZAS - A-DIEUX
CE QUE JE SENS DU REFLET . C'EST LA RÉCONCILIATION D'UN ADIEU....
Ce sont ces jardins oubliés ou serpentent l'invisible partagé... Ce que je crois des extremes libertés, ce sont ces terres défrichées, réparées ou juste quelques vertiges de fleurs éparses survivent au glanage. Ce qui soulignent ces chemins noirs et blancs c'est l'idée que les hommes se rassemblent par leur immersion de l'aurore a l'origine. Ils naissent de l'effleurement, de la racine de la caresse et du frolement imperceptible. ...... Ce que je sens de l'enclos, ce sont les éraflures, le calice d'un silence soulevé. On pourrait les sentir, issus d'une empreinte, issus d'une tension, d'un flux, d'une simple trace émargée de fleurs. D'ou l'impression d'être l'un apres l'autre, la préface, le cistre élégant la sinuosité de l'un.............. D'une réverberation. Reparcourir alors ensemble, cette voute, ce grain de vie ou se glissent ces corps incessamment ravis. Et se laisser suspendre, a doucement s'incliner, a se glisser sur l'écorce nocturne. A se laisser toucher, decaler, du crépuscule de l'aube qui se dejoue de l'élégance. ...... Disposé a recevoir une conversation ultime des cimes et des arbres. A entrevoir le meme souffle d'écho a retenir l'immobilite, l'un-puissance, la parure, d'ou émerge le spectre de la mort, érectant sur un flot oriental, sur une embarcation de terre renversée. ...... Ou de fêtes et d'autres bals les yeux là se répondent et parlent d'un corps ...... Enfin retenu... Tenu... Et de cette éloge extrème qui s'effleurs l'enceinte de la terre s'éventre ...Camille Rochwerg
LA ROUTE DE LA SOIE
Sur des jaillissements d'éclats, dans l'encre initiale, précédant son tryptique, Daniel Larrieu à la limite de la danse se risque à présenter « Les Marchands soulignant l'exposition Costume à danser en hommage à AKOROVA danseuse à Bruxelles en 1937.Riche de traces, du moins imprudent mais pas facile à séduire, Daniel Larrieu esquisse sans cesse le frôlement de la scène. Initiative imaginaire, condensée dans le labyrinthe de mille chapelles murales qui jalonnent l'encre de ce trajet. Précisant ses abîmes, même s'il cherche à nous retenir, on rêve à des murs étanches imprégnés de l'usure, de l'éclat des mots insistants. Comment peut-on rompre quelque chose ? se taire déplier, défaire, outre cette complicité rituelle, il conserve le parfum émanant des parures, la réserve des fards, quelques costumes non mités, retranche, sous la surface cherche l'épaisseur, sous l'unité, la faille par couches successives, sous la musique «ARVO-PÀRT » repeint préserve les craquelures et le vernis déteint des villes. La ville est entrée sur la scène, l'ombre portée s'attache à ses doigts, facile à séduire, imprudente la scène vient percer en flaques les dérapages de la peur, de la peur d'aimer suivie de doutes, de révoltes, de souvenirs. Dans ses écarts s'accrochent ces murs étanches imprégnés de la pesanteur, sous ses doigts D. Larrieu rebrode ici la trame, matière noble du temps et se frotte aux débris de ses hésitations, ses replis, ses intermittences, sa dignité, insérée, ensevelie, palpée. Et même si parfois les passions dévorent, même Si parfois l'aptitude d'un dérapage de l'érosion interne de Sa danse nous suspend dans une autre riposte d'aimer, la mémoire bascule dans ses propres failles, les traces se résorbent, affleurent, opposent des résistances. Rien à voir avec la ressemblance ; mais l'encre, l'impureté du modèle sur un territoire mutile est parfois celle « d'une beauté nécessaire ». Susceptible d'être recouvert, à bruits secrets ainsi que le sel peut laisser trace sur des lèvres aux sorties des marées, lèvres diluées oxydées, polluées; imprudent, facile à séduire, s'il cherche à nous retenir insérés ; dans ce rituel qui induit un geste, un déplacement, une errance,Daniel Larrieu réitère le geste qui ne se révèle qu'en marchant, fragile, de la perte de perdre l'espace, « on devra toujours reconnaître que c'était une direction dans cette direction il n'y a pas d'échec ». J. Beuys. Camille Rochwerg JUILLET 1989 EXTRAIT RECUEILLI ET PUBLIE PAR KANAL MAGAZINE
ivressecran@sfr.fr