JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE
JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

16/05/2010

Presse Théatre Joel Pommerat Par Camille Rochwerg

JOEL POMMERAT

ÉTREINTE DU NOIR

UNE ANNÉE SANS ÉTÉ
LES AMOURS INTOUCHÉS DE L'INDIFFÉRENCE
CE BONHEUR "Ça n'a aucun rapport avec l'existence". Alors les voix cherchent l'espoir d'une réponse... Les voix... Sur les noirs restent étrangers d'un silence. Ils sont immuables. Perceptible de porter la lumière blanche d'un noir absolu. Encore érafler d'une date ou le mur de Berlin s'est fissuré. Si je me souviens bien indiciblement. La fragmentation du noir a effacé ce blanc d'une nostalgie qui frappe toute solitude. Et l'ignorance de la perte. Les mots d'un fin de phrase infinie se sont éclipsés sur des visages et sur ces êtres restés sans bagage. " Tu as besoin de quelqu'un qui reste" Tranquillement. Au fin fond d'une salle d'opéra se glissent les leaders qui exultent et transpercent l'opacité des néons... Sur la vie, un seul regard çà et là, ils se jettent pétrifiés, sans détour, immobile comme si l'impénétrable vide devait s'étreindre sur l'enlacement d'un cri. Parfois sur ces nuits frêles de l'hiver, sur ces nuits hurlantes, "sur ce qui manque". Ils restent prostrés de l'attente sur un air forain, désuet ensemble a l'arrêt. Ils trouent l'apparence solitaire de ces êtres égarés par empêchement. Étouffés de quelques aboiements au loin. C'est inscrit là sur le frôlement de cet immense Amour. D'une guerre... Avec quelques échappées vers Göttingen. L'accent étranger s'infiltre alors, sur une lettre entre elles qui leur sera transmise. Justifiant par cette paralysie d'un rêve que l'idée festive d'un moment est en train de changer... "Il me semble que vous seul" pouvez saisir dans ce noir l'interception et l'imperfection du sens, des ruptures, et des voix. Que nous sommes devenus orphelins... D'une guerre. À contre jour, en juin 1914, le jour de ses vingts ans, la lumière de la scène s'éteint, pour un dernier salut dans le NOIR. Ils ne restent que des amours intouchés de l'indifférence à la folie des hommes et d'une « enfance en train de se perdre ». Camille Rochwerg 20 Novembre 2014 Texte Catherine Anne / Mise en scène Joël Pommerat Avec Carole Labouze, Franck Laisné, Laure Lefort, Rodolphe Martin, Garance Rivoal / Scénographie, lumière Eric Soyer / Assistant lumière Renaud Fouquet / Création costumes et accessoires Isabelle Deffin / Musique originale Antonin Leymarie / Son François Leymarie / Recherche sonore Yann Priest / Assistante mise en scène, coach en allemand Bettina Kühlke / Dramaturgie Marion Boudier / Collaboration artistique Saadia Bentaïeb, Philippe Carbonneaux, Marie Piemontese / Direction technique Emmanuel Abate / Régie lumière Rodrigue Bernard / Régie son Yann Priest / Régie plateau Sylvain Caillat, Emmy Dallard / Couturière Elise Leliard / Réalisation décor et accessoires À travers champs
UNE ANNÉE SANS ÉTÉ
IMMENSÉMENT INACHEVÉ PAR AMOUR
LE MUR DE BERLIN TOMBAIT LE 9 NOVEMBRE 1989, C'ÉTAIT LA DERNIÈRE REPRÉSENTATION "D'UNE ANNÉE SANS ÉTÉ" DE CATHERINE ANNE. Les murs étaient entièrement blancs impénétrables, tétanisant les mots d'amours dans cet enclot INCOMMENSURABLE. Hier soir la lumière cinématographique infiltrée par Joël Pommerat au Théâtre des Ateliers Berthier à L'Odéon sur la reprise de ce même spectacle m'a détourné de sa trajectoire. Les murs noirs de cette représentation ont effacés les Éclats de voix, la Sensibilité électrisée par les micros. Mais que célébrons nous de « Cette année sans ÉTÉ » la victoire des renforcements et départs pour la guerre, celle de nos grands pères en 1914, les craintes de liberté si diffuses, qui les réunissaient, le passé sombre, les territoires englués, les effondrements évanouis, les hasards et coïncidences des récits laissent tous les passages laissant apparaître le sujet d'un amour, un amour impossible fantasmé, élucidant pour cette époque les lenteurs et les accords perdus que l'on désigne par ce mot DÉSIR... FOLLEMENT AIMÉE... Ou comme le chantait Ingrid Caven... « L'AMOUR SANS MIRACLE». S'effritent encore ce matin les ombres calcinées de leurs voix d'un espace d'amour qui manque... IMMENSÉMENT... Camille Rochwerg Avril 2014 Scénographie, lumière Eric Soyer Assistant lumière Renaud Fouquet Responsable construction À travers Champs - Thomas Ramon Création costumes et accessoires Isabelle Deffin Musique originale Antonin Leymarie Son François Leymarie Recherche sonore Yann Priest Assistante mise en scène et coach en allemand Bettina Kühlke Dramaturgie Marion Boudier Collaboration artistique Saadia Bentaïeb, Philippe Carbonneaux, Marie Piemontese Direction technique Emmanuel Abate Régie lumière Renaud Fouquet Régie son Yann Priest Régie plateau Lorenzo Graouer, Sylvain Caillat
L'IRRÉVÉRENCE DU DÉSAMOUR
C'est le simple récit illustré d'une déambulation, qui s'articule sur la dernière création de Joël Pommerat aux ateliers Berthier. Ce sont des fragments qui tentent d'interroger quelques lambeaux de l'incertitude à l'invisibilité de l'amour. C'est voir ce qui ne se regarderait pas de la présence qui survit. Mais aussi quelque chose qui porte l'oeuvre théâtrale sur le désir d'un acte accablé par le bonheur d'y survivre. Les êtres y transpirent de violences et de fragilités, et se risquent d'inscrire la nécessité d'un geste. L'innocence, d'un trajet désaffecté parcouru parfois d'insouciance, comme s'ils étaient encore aimants en apparence et en même temps écartés de se protéger de l'indifférence. « qui nous ressemble — tout nous ressemble. » L'abîme de ces élans désordonnés, égrainant ces sursauts de solitude si agitée. L'irrévérence du désamour, visages ensevelis dans l'oubli, silences escamotés. C'est la nécessité d'écrire la folie de ces regards vers d’autres territoires. C'est écrire ce champ d’inquiétude sur des seuils à l’orée d’une distance ou l’intime sonore et visuelle s’articule comme une enclave recueillant l'espoir d'un refuge. D'effleurer une peau, le temps d’une vie et d’un être.. Regarder... Écouter l'un connaissance des blessures secrètes comme le citait « DANS LES PLIS ÉGARÉS DE L'OBÉISSANCE AU VENT » Victor Hugo « Je suis un témoin séparé de cette traversée – nous entrons en piste, solitaire privé de notre itinéraire … J’ignore où cela commence et ou cela finit. Car il serait difficile d’exister derrière le reflet de ce monde. J’ignore ce qu’il y a derrière, devant, au milieu, à droite à gauche, à l’est, à l’ouest, au sud, à l’est. Mais désirer encore … désirer soulever la lumière éblouissante. Je ne sais pas l’intérieur, ni l’extérieur. Mais je connais ce silence interrompu nommé désirs. Mêlés à des splendeurs, mêlés à des éblouissements perdus dans des contemplations. des contemplations plongées dans des éblouissements. Je suis pris dans un prodigieux tournoiement de la roue au moyeu d’or. Ou cela va- t-il? je n’en sais rien. La nuit est l’ornière des étoiles. » Je les observe avec amour. UN HOMME LIBRE EST-IL UN HOMME SEUL… ? C.R FÉVRIER 2013 La Réunification des deux Corées. Une création de Joël Pommerat avec Saadia Bentaïeb, Agnès Berthon, Yannick Choirat, Philippe Frécon, Ruth Olaizola, Marie Piemontese, Anne Rotger, David Sighicelli, Maxime Tshibangu
LE SPECTRE DE CENDRILLON S'ÉGARE 
SUR DES ÉCLATS D'OBSIDIENNE BLEU D'AZUR... 
De ce célèbre souvenir d’enfance Cendrillon, évoque cet état fragile et instable qui lie chez Joël Pommerat cette éternelle recherche naissante des âmes. Décortiquer les hallucinations, les dérives, issues d’une étrangèreté qui s’inscrit en suspens entre réalité d’évidence et apparitions. Qui tenterait de rompre les souvenirs d’une Cendrillon qui porte le nom de princesse des apparences et cette frontière qui tente de laisser vivre une constellation de vies qui s’échappent entre eux comme la magie d’une attirance. En présence d’illusions comme des acteurs innombrables. Ces êtres habités par le mythe savent capter ce qui fait signe d’un regard ou le langage de L'autre versant de l'aube et cette attente D'AIMER irréversible trahit. C.R NOV 2011
Texte original de Joël Pommerat d'après le mythe de Cendrillon Mise en scène Joël Pommerat scénographie & lumière : Éric Soyer costumes : Isabelle Deffin son : François Leymarie Musique originale : Antonin Leymarie vidéo : Renaud Rubiano Avec Alfredo Cañavate, Noémie Carcaud, Caroline Donnelly, Catherine Mestoussis, Deborah Rouach, Marcella Carrara (La voix du narrateur) et Nicolas Nore (le narrateur), José Bardio. Photos © Cicci Olsson
 MA CHAMBRE FROIDE - JOEL POMMERAT
ATELIERS BERTHIER
 FISSURES DU RÉEL OU L’OEUVRE D'ART SOCIALE D’UN IDÉAL
Comment éviter cet " Antre-là si inévitable de cet habitacle social qui tente de rêver sur la dernière création de Joël Pommerat " Ma chambre Froide" Dans rêver, Joël Pommerat interroge, les destinées de quelques personnages voués à recevoir… L’identité inaccessible d’une usine frelatée. De cette violente cohabitation des champs d’expériences, les traces de vies inscrivent, estompent et isolent cet entre-deux tragique d’une fable qui souligne l'insondable récif  sourd de secrets. Comme une secousse décalée de l'univers, capturant toutes les fractures fissurées de tous les sentiments extrêmes, les scènes captées de ces vies circulent chacun éloigné l’un de l’autre avec ses silences qui se dressent comme un glissement VERS… Une fiction, une frontière entre l'idéal rêvé. Et ce plateau si immuable d'une écriture ou rien ne bouge. Comme un pas infranchissable entre eux… Un saut de page sur la vie qui dévoile ce que suggère le mot " VIVRE " entre guillemets et quelques parenthèses comme avouer cette impuissance, ce découragement général, de tenter. De renaître, de toucher, de sentir et de s'exposer à trouver la révérence d'une dignité. Il y a là un espace d'écriture pour toutes les Folies du rire à l'impossible fragilité d'agir -  d’éprouver - d'être au monde et de se tenir à l'interstice de ce croisement subtil d'un commencement. À subsister pour rester visible. Ainsi de cette rencontre si peu immédiate, certains visages préservent encore une adversité d’un destin qui tenterait de parler. C.R Mars 2011
CERCLES DE LUMINANCE 

CERCLES DE LUMINANCE 
CERCLES /FICTIONS est une écriture sur l’éclat et l’instant de vivre. Sur l’instinct silencieux où le précipice de l’écriture expérimente les interstices, les limites et les frontières. D’où l’on se sent pris captif – suffoqué par l’interférence. Qui laisse se diffracter le grondement de l’orage nucléaire sous les plafonds du Théâtre des Bouffes du Nord. Là où s’interroge l’inscription du temps, de la perte, de l’intime. Et sous le lustre s’éclaire quelques éclosions de voix feutrées ou sous le glissement des mots émergent des doses de réactivité aiguë. Cette précarité des serments sous les orages faits de pudeur explore l'espace où s'affirment les différences et les signes d’alternances partiellement altérés … Ils sont en marche. D'une langue à l'autre, d’un art d'écrire à la venue de l'écriture. Ils sondent la tension entre prison et liberté dont toute existence témoigne. De « L’invention des possibles ». Alors s’ouvre le cataclysme des entrailles – et d’un seul souffle l’humain seul au centre du cercle – Marchands de rêves sur la traversée des pouvoirs…. Repousse l’échéance fatale d’une évasion en laissant différer le creusement de la mémoire et des vivants. L’enfermement et l’inéluctable, l’urgence à évoquer l’antre des rêves reste indissociable au fil de l’œuvre de Joël Pommerat vers une libération ou se pressent les mots sur leurs lèvres. Le cercle alors préserve ce pouvoir d’attrait de dangers de rêve…. « Je rêve d’un rêve… » Je rêve de cette fuite à rejoindre l’éternité d’une suspension, cet état impossible à dire l’illimité – la trace d’un dépôt considérable privilégiant les traversées d’un cercle ou le cercle toujours cerné par sa circonférence étendue dans toutes ses parties . exprime l’exactitude d’un lieu en celle d’un champ – D’EXPERIENCES » C. ROCHWERG FÉVRIER 2010 A PROPOS DE CERCLES /FICTION DE JOEL POMMERAT Texte et mise en scène de Joël Pommerat Assistante Martine de Michele Lumière Eric Soyer En collaboration avec Jean-Gabriel Valot Scénographie Éric Soyer Costumes Isabelle Deffin Réalisation des accessoires Thomas Ramon Réalisation sonore François Leymarie Recherches musicales et compositions Antonin Leymarie, Grégoire Leymarie Régie son Grégoire Leymarie Régie lumière et pupitrage Jean-Gabriel Valot Direction technique Emmanuel Abate Avec Agnès Berthon, Jacob Ahrend, Saadia Bentaïeb, Gilbert Beugniot, Frédéric Laurent, Serge Larivière, Ruth Olaizola, Dominique Tack
JE TREMBLE
JE TREMBLE
À CETTE ENCONTRE  Et cette intimité obsessionnelle que Joël Pommerat entretient avec les destins. Il y a ce sentiment d’évidence à faire surgir cette violence sur ces visages qui se détournent vers un même intervalle. « Je tremble » fixe cette allure effacée des gestes en suspension. On assiste à l’éveil du bonheur, comme un premier signe possible inachevé. Là où persistent encore des traces de vies en sursauts de forces et de ruines. Comme ces fragments d’assassinats fragiles sèment une douceur céleste désarmée de sang. Là où les ombres sur le mur oscillent enfin d’insister à cet amour impossible… Comme s’éprendre l’un de l’autre en cessant de s’aimer. Dans l’illusion précise où les mots retrouvent cette absence telle qu’ils étaient en silence et leur effacement précède leurs présences. C’est là au fond de cette éclipse entre deux éclats que les mots s’égarent errants sur les murs comme une lueur d’un reflet fugace à …. TUER… Faire halte d'un pas qui s'avance légèrement plissé sur les lèvres a peine… Pour s’écorcher sur l’humilité de cette armure car l’étonnant regard se signale s’insinue d’un fin sourire - Comme– s’éloigner d’une respiration silencieuse inévitable. Étouffante. Juste un visage bleu, juste une voix de saphir, juste un fil traversant l’oxyde rouge… Juste l’interférence d’une fugue… Juste une esquisse une lisière, un détail de la perte transpercée de nuances. Ils entrent en scène, vivants dans l’évidente fiction d’un cabaret brûlant. Surprenant notre DEVENIR D’UN – CERTAIN REMUEMENT - D’UN - POSSIBLE VISAGE - JE TREMBLE - Mise en scène Joël Pommerat. CRochwerg Oct 2007
LE PETIT CHAPERON ROUGE
L’ENFANCE " D’UN POUVOIR NOMME DÉSIR "
De réinventer le petit Chaperon Rouge qui porte l’illusion effrayante et fictive du pouvoir de survivre - VIVRE.  On le doit à cette force rencontrée de Joël Pommerat dans ce conte ou sa puissance créatrice, son art de raconter, de transformer le réel en conte. Pose l'histoire d'un temps ou la trace du silence et de la peur ne s’efface pas si simplement. Rumeur de fiction - Ces personnages ne prétendent pas être une histoire illustrée, elle propose d'observer comment la terreur invisible laisse respirer une œuvre divine et s’inscrit insidieusement dans le silence sacré de notre existence même. CR DÉC 2006 LE PETIT CHAPERON ROUGE



CET ENFANT SUR LE BRUIT DU MONDE 
LES MARCHANDS
SUR LE BRUIT DU MONDE « CET ENFANT » « MARCHANT » DE JOEL POMMERAT Où la vie parallèle et silencieuse de longs silences rompus et de ligne de faille qui nous invite à la nuit noire de quelques fragments de couleur qui ressemblent à ces accents de beauté que l’on croise certains soirs là où l’on se parle vraiment dans le silence âcre, épais et enfoui sur ce grain d’extravagance des familles. Mais il est ce prince d’indifférence et d’impudence qui à la lisière de nos manques inscrits le signe à l’envers des impuissances … Ce pourrait être cet effondrement échoué de toute tendresse immolée d’absence. Qui effacerait brutalement les gardes fous évitant la chute… D’un sourire amer, il risque une tentative d’approche de vérité, un vertige d’étonnement et d'innocence sur le monde d’une parole épurée qui laisse le philtre atteindre CET ENFANT DE L’ORIGINE SUR LE BRUIT DU MONDE… Comme écarté d’une fissure clandestine. Ou rien ne manque parce que rien ne reste… D’où il serait différent et non moins seul… Pour saisir les vides, éviter les lacunes et le silence d’un ravage... CAMILLE ROCHWERG - SEPT 06


D'UNE SEULE MAIN
 
Sur l’inacoutumance d’exister... D’une seule main… C’est sur ces lignes depuis son enfance, comme une évidence qu’ils se sont tués ensemble, dans l’inaccoutumance d’exister. C’est presque là cet envahissement du vide au fil de cette exigence où ils se sentent dans cette violence de l’un- seul. Pour trouver quelque chose à se dire… A me dire…. Et cesser d’avoir peurs. C’est tout ce que je sais insensiblement de ces mots LA-VENIR D’un écho et d’une inscription sur du noir… D’une réalité, qui se sauve de tout… D'où s’échappe ce destin… Ensommeillé d’une mémoire éclatée et pas seulement de débris. Comment le décrire ce fil souterrain... D’un premier acte, qui constitue à inverser une situation immuable. Je dis taire, mais je ne limite pas la fracture d’un projet sur silence… Dénoué d’être touché. On ne peut penser à Joel Pommerat sans voir surgir cet énigmatique puissance... D’un corps pressenti de n’être au monde. De voir franchir les limites et les apparences, s'entrechoquer de fragments, se heurter sur des répliques.  Ils s’avancent, ce sont les comédiens, qui se parlent dans ce rythme. Ils sont ses frères, traversant les miroirs le temps d’une phrase et d’un spectacle. Ils marchent sur ses pas et le plus souvent, ils sont lents en attente et suspendus. Ils portent un nom, la liste est identifiable, ce sont ces voix qui te saluent et qui s’offrent car sans un pli, sans une tache Ils traversent les seuils et les lueurs d’une fin avenir. POUR LUI SEUL MAI 2005- ISSU DU SPECTACLE " D'UNE SEULE MAIN " DE JOEL POMMERAT - CAMILLE ROCHWERG
AU MONDE
L'INTÉGRALITÉ DU MONDE C'EST L'ENVERS DE MES PAUPIÈRES. IL N'Y A PAS D'IMPUDEUR D'ÊTRE AU MONDEDe rendre visible. De laisser apparaître. De créer des cratères secrets. Des étoilements. Des trous d'âmes dans le vide. Des maladies impénétrables. Ce sont ces racines flottantes. Qui renverse le trouble... L'un-certitude et l'inconstance... Du frère et du père... Devant l'intégralité du monde... L'INTÉGRALITÉ DU MONDE C'EST L'ENVERS DE MES PAUPIÈRES. Ça ressemble àC'est ailleurs . Il lui arrive de... C'est une ligne droite de vie. Un oubli... Une moiteur. Mais rien ne transperce. Se décalque là comme... Ces mots, versatiles. Ces gestes à peine mobiles. A longueur de honte adossé aux voix pour ne pas dire... Silence... Ces corps-là... Pour ne pas dire ces choses-là... Pour ne pas dire ces êtres-là improbables... Remarquables... Pour ne pas dire ventre... Éventrer. Pour ne pas dire déserter. En proie à l'errance... Mais rien ne transperce. Ces visages ancrés par l'innommable jardin. Aux délices de lumière. INFRANCHISSABLE. N'ÊTRE C'EST SI RARE SI PEU IMMÉDIAT....... MERCI CAMILLE ROCHWERG
GRÂCE A MES YEUX
" INSEXTUEL" .....
OUVRE LES YEUX SUR L'ALTÉRATION INDISTINCTE DE TON ENFANCE - OUVRE LES YEUX .SUR LE REFLET DE CET IMPER RÉVÉLÉ IMPRESSIONNÉ D'UN LIQUIDE INCOLORE. OUVRE LES YEUX SUR LA LA SIGNATURE DE NE PAS MENTIONNER SON PRÉNOM EN ENTIER. OUVRE LES YEUX SUR LE FLUX DU COEUR DE TA MÈRE A DISTANCE DE L'ÉMIETTEMENT. OUVRE LES YEUX SUR L'EXIL SILENCIEUX DE L'ÉCRITURE D'AJUSTER LA FAILLE. OUVRE LES YEUX SUR L'ARTIFICE DU MIROIR FAMILIAL QUI NE CESSE DE FASCINER. OUVRE LES YEUX SUR LA SÉDUCTION D'APPRÉCIER LES RUINES D'UN JARDIN D'AMOUR. OUVRE LES YEUX SUR LE DÉSIR ET LA QUÊTE ABAN- DONNÉ ET ENVAHI. OUVRE LES YEUX SUR L'EFFET D'OMBRE DÉAMBULANTE QU'ON APPELLE " SUR IMPRESSION " OUVRE LES YEUX SUR L'IDENTITÉ DE CE VOYAGE M'AIME LA. OUVRE LES YEUX SUR CE DÉSERT D' UNE " NAÎT-SENS " SI PEU IMMÉDIATE. OUVRE LES YEUX SUR L'EXTRÊME TRIO DE LA BEAUTÉ INCONTESTABLE. OUVRE LES YEUX SUR CE RÊVE PÉTRIFIÉ ET RETOURNÉ AU SOMMEIL. QU'IMPORTE CETTE RÉVÉRENCE L'EXCÈS AFFECTÉ C'EST AUSSI CELA. CE QUE TAISENT LES LÈVRES.... MERCI CAMILLE ROCHWERG
ivressecran@sfr.fr