JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE
JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

13/05/2010

Presse Théatre Yan Allegret Par Camille Rochwerg

YAN ALLEGRET

NEIGES DE YANN ALLEGRET
L'EXCEPTION D'UN INFINITIF É'LOGE NEIGES - YAN ALLEGRET


L'EXCEPTION D'UNE ÉCLIPSE DE NEIGE TRAVERSÉE PAR UN SILENCE RETROUVÉ
Yan Allegret nous parle de cet ailleurs, d’un départ, d'un voyage, l'importance des brisures des écarts comme l'obsession de la fuite qu'a eue ce dépôt d'une écriture "Neiges" qui s'installe dans le sillage du blanc. Il parle de la part d'ombre, versant invisible du gris pour trouver une direction "le sens" d'une direction ou l'achèvement d'un passage. Le commencement s’élève d’une fin de phrase à peine que déjà l’envol… La transgression d'un flux silencieux sur le rebord à l'écart du tumulte et du ravissement. S’éloigne d’un enfer d’où je suis… D’où il revient. Le voyage fugitif d'une rencontre entre l'envers du blanc et « Se rendre compte en se retournant qu'on ne laisse plus de traces de pas en marchant dans la neige ». L'achèvement d’un retour « me conduit jusqu'à moi ». L'appel irrésistible du large se défaire puis se recomposer vers un autre champ arrêté… Comme lâcher, osciller au-dessus de la nuit retenue et "le sens" nous signale que tourner une page en cette heure où les pas glissent sur la neige n'est qu'une brève fente de lumière entre deux éclipses. L'on vient de quitter les premiers éclairs d'une autre ville comme une digression d'un miroir sans tain où l'infraction de la neige reflète un miroir glacé. "où est le sens" d'un désir... De partir, de découvrir, de rencontrer... On peut partir pour être loin, pour se quitter « Tout se forme, dure quelques instants, avant de se défaire. » "Être au monde" Naître au monde de cet interstice tombé du ciel, il faut juste se laisser dériver, défier l'espace préservé de la nuit où l'écho de sa voix spectre du blanc au noir se signerait D'UN SILENCE ET D'UN INFINITIF É'LOGE. CAMILLE ROCHWERG Décembre 2012 Neiges de Yan Allegret Texte et mise en scène Avec Yuta KUROSAWA (maître de sabre) Yan ALLEGRET (comédien) Yann FERY (musicien) Kumi HYODO (comédienne / danseuse) Scénographie / Damien SCHAHMANECHE Lumières / Orazio TROTTA Composition musicale / Yann FERY Assistante à la mise en scène, dramaturge / Sophie FARIA Interprète et dramaturge / Akihito HIRANO Traduction du texte en japonais / Shintaro FUJII Régisseur général / Tom MENIGAULT
Avec Yan Allégret Musique originale de Yann Fery Captation du spectacle donné dans le cadre des Rencontres de Brangues en juin 2010 Prise de son et mixage: Olivier Dupré Assistance technique et montage: Manon Houssin Assistante à la réalisation: Anne-Laure Chanel
SUR LES PAGES ERRANTES DE YAN ALLEGRET
L’ALTÉRATION D’UN TRACÉ PERSISTE

Je retiens, « le terme de mouvement » Le silence d’une évidence « Ne dis rien. Face à face avec l’endroit. Jauge les forces, les tiennes, celles de la pièce. Ne dis rien de ce que tu pressens. N’écris rien. Laisse venir. » Y.A Je retiens, une danse de l’instinct saisit au gré de l’inconstance d’un temps de “passage soulignant la faille”… Où l’interstice de cette élégance souligne un texte de l’effacement et d’une prière de consécration. Parsemé sur le plateau d’un silence ou Le temps de l'oeuvre survit à l'influence d'une singulière aptitude à révéler l'efficience d'un rituel ... « D’une présence à la mort » portée par l’origine d’un tracé qui se signe d’un entre-temps qui s’efface s’efface… Comme résister à cet envoûtement qui symbolise seulement la vie. Laissant miroités les reflets du visible – Dont la puissance de l’écriture exhume les rites de l’évitement sublime de la peur. “D’une solitude de l’âme” comme une réconciliation qui purifie les lieux et les êtres sous les masques. Il nous faut se faufiler sur l’écoute qui murmure les territoires du verbe infertile IMMENSÉMENT innombrables et invulnérables qui se délivrent. Une fiction de l’écho de ce temps arrêté tresse alors l’univers d’une part de lumière vers l’ombre en glissant subtilement sur l’énigme du grain de la voix; sur les noirs; sur les gris de passage vers le blanc; vers la NEIGE. Alors les sonorités d’une musique en déflagration élaguent l’instant pétrifié d’un palimpseste silencieux. C.Rochwerg Jan 2010
LECTURE DE MONSTRES COULISSES
HANA NO MICHI OU LE SENTIER DES FLEURS - COULISSES En lecture, performance YANN ALLEGRET inscrit là . L’insigne singulier de l’écrit sur l’insomnie d’un prince jusqu'à l’extrême bord. Sur l’irrégularité d’un roi entre deux règnes de silence. À lire et sentir des vies en césure déconstruites d’une voix au bord de l’implosion. Comme des êtres séparés qui préexistent à la naissance de l’écriture. Il porte ce regard émerveillé qui célèbre l’écrit irrésistiblement porté vers ces amants en face à face en impasse de survivre et porté vers l’amour. Déshabités d’êtres à nous donner le vertige… Avoir l’impression d’être vivant sur les lieux de l’indifférence de la parole dans l’existence de certitudes pour vivre et rester visible … Camille Rochwerg Avril 08… Pour que quelque chose se parle encore…. Moni Grégo INTERPRÊTE Yan Allegret EXTRAITS DE MONSTRES
HANA NO MICHI

HANA NO MICHI OU LE SENTIER DES FLEURS - COULISSES
Je suis encore bouleversée d'avoir assisté à ce travail que tu as fait avec Rédjep Mitrovitsa si vibrant, simple, lumineux porteur de toutes les strates, fines, complexes, flottantes, glissantes, ancestrales, et brutales, tendres et animales, érotiques, mythiques, mathématiques... de la matière de ton texte. Il a, comme personne, un sens de l'abîme, du harassement provoqué par l'exercice du théâtre d'art, une absolue légèreté, un regard médusé presque provoquant de science et d'innocence mêlées, un souffle féerique, une calligraphie du jeu, qui a ce stade, rejoint le fin du fin, la quintessence, oui le génie. Sous ta direction magistrale de mise en lecture la grâce a convié la grâce et elle était parmi nous du premier au dernier mot, geste, regard... Le rêve prenait corps au-delà d'une incarnation comme une évidence, comme si tout jusqu'au salpêtre microscopique du lieu, à la palpitation de chaque cœur, évoquait ce rêve transmis par cette écriture depuis l'empreinte du Japon, de la vie sur toi, jusqu'à nos présences . Une abstraction palpable. Chair et vide. larmes et ciel, paille et rien. Merci pour ce moment d'exception. Extrait d'un émail envoyé par Moni Grégo 13 DÉCEMBRE 2008
É'LOGE LE CRÉPUSCULE DES CENDRES
LE CRÉPUSCULE DES CENDRES NOUS CONVIE SUR LES ÉCLATS INSOLITES OU L’INVENTION D’UNE SOLITUDE DU RING SIGNÉE PAR YAN ALLEGRET À L’ÉGARD DE CETTE ÉLÉGANCE, cette avancée du noir laisse aux acteurs le temps de s’immerger sur le fil d’un miroir sonore froissé d’un visage sur l’autre où se glisse le risque d’un acte, touchant cette armure de la mort. Parce que les spectateurs veulent voir dans ce geste, cette fracture d’espace perceptible, cette immensité d’une colère qui vient d’une interdiction du silence englouti. Pour frôler ce rituel d’une épure proche de nos consciences. CE JOUR LA FOUDROYÉ DU REGARD. L’urgence s’est arrêtée sur un oratorio intime qui peut être lu comme une cérémonie, une acceptation de partager… De toucher une cible pour apprivoiser, s’éloigner, affronter… L’obsession Désarmée… Qui laisse fuir le franchissement silencieux d'une conscience éphémère de la représentation. Mais il y a peut-être d’autres armes… « Se mettre à l’abri … Et patiemment Sans inquiétude. Polir le réel. Comme une lame. Un miroir. Un joyau. » L’impuissance pour dire l’indicible. En ce lieu ou le corps traverse cette durée l’état de disponibilité, l’attention, la position, le relâchement la sensualité des mots. On peut commencer à parler juste dans ce chuchotement dans l’étourdissante lumière de tous ce corps retenu… On peut dire, la délicatesse, la pudeur et la nécessité l’intolérable de l’impuissance de la scène. « La condition pour exercer son courage n’est-ce pas tout d’abord exister, quoi que nous fassions, il faut bien que nous nous mouvions dans le monde des réalités ; et à nier ces dernières, nul ne parvient à les détruire. » Chaque nuit, revivre le tout premier combat - L'affrontement qui donna naissance au monde Ce que j’avais construit, je le voyais s’effondrer » « Sur le plus haut sommet d’une vibration, il y a deux moyens d’agir l’amour et la peur … Et si tout cela n’était qu’un rêve rêvé...» CE QUE DIT Yan Allegret de l’impossible étreinte de l’ombre afin que les mots surgissent entre le sacré et le silence obsédant violent et désaffecté. C’est ce qui transperce de l’invitation à écouter l’être résonnant dans l’audace d’une société éclaboussée et dévastée du vide. Sous ce regard de cendres, dans cet acte d’éternité, ils sont si puissamment élégants seuls et sans craintes de traverser l’orée du plateau sur l’écorce d’une plénitude annonçant la grâce d’une dédicace. JE NE SAIS PAS ENCORE… CROCHWERG – 10 NOV 07 Textes et mise en scène en extraits de YAN ALLEGRET

SPECTACLE JAPONAIS HANA NO MICHI
"Le temps avait creusé des sillons dans la terre. Dans ma terre. J’y abandonnais ma mémoire. Régulièrement. Sans m’en apercevoir Par poignées entières. J’oubliais. Les traces au sol recouvertes par la bruyère. Je les voyais de moins en moins. Cela ne me dérangeait pas. J’étais seul. Et pourtant ça arrivait parfois. Ca remontait. Ceux que j’avais perdus revenaient. Ceux que s’étaient endormis en moi, dans un automne permanent. Ils revenaient. A travers les sillons où ma mémoire S’était déposée. Par poignées entières. Ils revenaient. " Texte, mise en scène et interprétation Yan ALLEGRET Assistante à la mise en scène Maya VIGNANDO Dramaturge Clyde CHABOT Création lumières Orazio TROTTA Regards extérieurs Stéphane FACCO, Laurent SOFFIATI, Mathieu CIPRIANI Collaboration artistique Cyril DESCLES Production (&) So Weiter. Coproduction le Forum de Blanc-Mesnil scène conventionnée. Avec le soutien de la DRAC Ile-de-France et de Naxos Bobine.à Naxos Bobine, 135 rue de la Roquette. Paris. CRÉE AU THEATRE AGORA EN JUILLET 2008 TEXTE ET MISE EN SCENE YANN ALLEGRET
ivressecran@sfr.fr