JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE
JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

26/05/2013

Presse Révérence Bleu Indigo D'outre-Mère Par Camille Rochwerg


Elles ont les mains crochetées comme un piano vivant, dans un bruissement aigu. Elles ont les pieds au chaud dans des chaussons rose bonbon comme la couleur des chaussures vernies lors des baptêmes de notre enfance. Et, le long des couloirs, les ascenseurs s'ouvrent et se referment inlassablement. Un pas en avant interpelle le vide du grincement des étages. Ainsi, le voyage infini silencieusement grimpe et redescend à vide. Comme un lampion de fête s'éteignant sous la lueur du vent un soir de feux d'artifice. L'ascenseur est bavard. Elle sort éperdue de sa propre conscience des étages. Des infractions involontaires, des énumérations sans fin de liste de repas, de configurations esthétiques qui naviguent entre la perte, le coiffeur, la brosse à dents, la trace des visages de beauté et des mots envahissants qui traversent les longs couloirs où règne cette odeur de savon propre de lavande couleur Prisunic. Le bruit infatigable des radios réglé sur la station Énergie, révèle les dernières étapes du tour de France. Derrière une porte, le chuchotement se tait. Les allers et retours d'un Renoir éclairé selon les lueurs du soleil inscrit le couloir long et silencieux d'un fragment de vie. Les pieds noués sur le fauteuil, préservent de tomber. Il serait si étrange dans ce lieu la précisément de disparaître. Et puis les fleurs de plastique envahissent l'étroite communication d'une vie qui s'infiltre sous la douleur d'une fin de siècle d'élégance comme le sang royal des premières cimes de ce jardin enchanté. Ici Beckett aurait trouvé l'issue de ses fins de phrases et la raison déraisonnable de ses points de suspension aurait menacé le voyage insolite de Peter Pan se promenant si dénuder avec sa princesse sur les sourires happés du coin des lèvres rouges framboise, un gel froid écarlate a laissé trace sur la bouche d'un filet de sang BLEU INDIGO D'OUTRE-MÈRE C.R 10 Juillet 2010
SUR LE BORD D'UNE BEAUTÉ SANS NOM...

Depuis longtemps, on chuchote l'existence... À l'extrémité de nos mémoires d'un cheminement secret... D'un lieu connu, d'un jardin, de peu de mots qui révèlent de l'une a l'autre l'écho différé de nos rencontres. Un certain mystère continue a plané sur ces paysages en mémoire. L'évidence par instants, d'une connaissance... L'éloquence par instinct, d'un voile qui se lève. Sur un autre jardin de l'univers, qui ne se révèle pas si simplement. La fêlure déroutante de cet horizon... Laisse sentir l'odeur d'un autre jardin... Où l'été inscrit cette parure de beauté... La couleur violette des lavandes, suivie de l'apparition des premières roses de la vie....... D'une autre beauté sans nom... SANS DATES C.R Lettre adressée À MA MÈRE 15 AOUT 2010 ET ROSA GALLICA - POUR COLETTE FELLOUS-GALLIMARD
LETTRE AU PÈRE -IL LISAIT 
L'ENFANCE DE NATHALIE SARRAUTE
DE L'ENFANCE
RÉVÉRENCE EN SECRET. OUI Cet été il était resté debout dès 8 heures, il préparait son livre, le déjeuner du matin, les heures et les pages s'esquivaient, le froissement décrivait un murmure, ne reprenant jamais sa lecture, oubliant les lectures de la veille, écorché au sable sur les vents ravinés de Saint-Malo, debout il n'oubliait jamais son livre, murmurant quelques commentaires, il reposait le livre éclaboussé de pluie, le feu illuminait sa lecture, enfin il s'était assis, l'enfance était son chevet, devenu enfant de lumière. Lettre adressée le 28 Mars 1993 à Nathalie SARRAUTE par Camille ROCHWERG suivie d'une réponse. EXTRAIT DE L'ÉMISSION DE COLETTE FELLOUS FRANCE CULTURE AUTOUR DE "Lettres au père" Avec Eric Fottorino


LÀ L’ETRE INNESSENTIEL
Je quitte le terrain des certitudes et je dois reconstruire... Nommer l'attente... Embrasser l'incrédulité d'un silence qui signe volontairement l'ombre et son versant. 
Cette parole d'ailleurs subsiste aujourd'hui encore entre nous inchangée. Me souvenir de lui dans cette infinité des saisons dans ce que peut-être le sommeil qui n'échappe pas au repliement.  Habite des êtres in-séparés. Risque les traces... Surprends moi, invente les passages de l'un et l'autre... Il faut s'apprêter à franchir... S'imaginer qu'on pourrait vivre sans attendre que l'ombre d'une vie s'inverse... Devant ce trouble... Derrière l'être... Je le vois revenir et surgir replié par ses larmes par instants seulement éloigné de rien... Désaltéré... Suspendu dans l'ignorance des chemins qu'on croit reconnaître... Alors j'intercepte le recouvrement des pluies... Les arcs en ciels qui émergent. D'où l'on revient... "Par ce qu'il faut bien s'interdire de disparaître au bord de soi". L’ETRE ADRESSE POUR MON PÈRE LE 6 JUIN 1996
ivressecran@sfr.fr