JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE
JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

07/06/2014

Presse Transversal de Boris Lehman à Henri Colpi Par Camille Rochwerg


FESTIVAL COTÉ COURT



GÉNÉRIQUE D'UNE ESCALE 
FESTIVAL CÔTÉ COURT "Les merveilleux nuages" 
vont s'effacés insidieusement. 
Vers les écrans noirs et blancs du Festival.
OUBLIS REGRETS et REPENTIRS un film de Boris Lehman
OUBLIS REGRETS et REPENTIRS un film de Boris Lehman
"TROU NOIR" C'est la première phrase d'une suite sans fin sur l'écran noir. Où pallèlement à son intense activité cinématographique, Boris Lehman déambule vers des silences au figuré, au travers de sons qui s'accélèrent, qui s'embrouillent. Son premier rendez-vous, c’est une liqueur d'un divin café. Il traverse et tente par intervalles de filmer, de monter en 16 millimètres sur des pellicules récupérées en déambulant dans la cinémathèque. Trouvées dans des boites à bonbons. Il photocopie, sa vie, dans le vertige de correspondances, 10 000 pages d’histoires de cartes postales. D’énumérations insolites. Le calendrier des vacances, le jour savoureux, le jour défait, le jour d'une veille authentique. Des écrits fictifs évoquent l’interstice oublié. Filmer quoi... Interpeller le Théâtre de mes premiers amours. L’errance des plateaux, les déchirures de papier, le bruit d’un art épouvanté de vanités. Tout ici s’invite dans le bruit des oiseaux. Jusqu’à susciter l’anachronisme d’une défiguration surprenante de la voix, jusqu’à la désynchronisation des sons et du décalage. De la parole. Passager discret et avide de revisiter l’équilibre d’un nombre d’or, sur la tour de Babel et sur les ombres puissantes de malédiction divine d’un Kiefer. Passeur de récits évoquant le cri d’un hymne au pouvoir de résistance. Il s'offre ce jaillissement au fil de l’eau d’une Arche volatile de peluches vers ce voyage infini de l’amitié propice à survivre à chaque fois unique. Qui l’inscrit là. Où ? L'on ne saura jamais si les bobines sont encore vierges si le montage est... L'écho d'une bouche aseptisée. Au goût de miel, de café et de chocolat. Camille Rochwerg Festival Jacky Evrard Cote Court le 23 Juin 2016
FESTIVAL CÔTÉ COURT
 Les merveilleux nuages" vont s'effacés insidieusement. 
Vers les écrans noirs et blancs du Festival. 
Hommage "Reminiscences of Jonas Mekas"
Documentaire de Jackie Raynal.
IRRÉSISTIBLEMENT
Se retrouver dans ce Noir, Obscur. Il est 18 Heures, la ville est en Fait(e) de Musiques Sentimentale au singulier. Le New York Story de Jackie Raynal empreinte cette voix à VIF qui tisse un film défrichant à la lueur d’un paradoxe et d'une mémoire de résistance. Autour de Jonas Mekas s'inscrit l’exil et les écrits de milles et une nuits alliant l'étrangeté de soubresauts, en perpétuel scintillement du noir et blanc à la couleur d'une émouvance floue. Sur l’avant-scène d’une guerre. L’on perçoit l’âpreté et la texture des traces sur la pellicule. Jonas filme sur des fragments de bobines périmées. Puis depuis 1990, sans bruit le journal filmé s’éventre de célébrer cet encart du bonheur… En vidéo. Se murmure l’évidence d’une singularité, d’un fracas, régénéré, d’un éclair, d’un Jonas rêveur de l’intime mélancolie. Perçu comme une digression ineffaçable. Traversé par 25 ans d’où l’on revient… La douleur, et le souvenir restent toujours vifs. De ce que l’on peut perdre de l’acuité extrême de quitter ces trains pour un REVENIR. D’où l’on ne peut revenir. De ce destin, cette intermittence effacée d’un pays, d’inconscience et d’appel à évoquer La Lituanie. De ces bobines, de ce chaos du désir et de la vie, il parlera avec élégance de ces coupes « D’ÉLIMINATIONS » Et Jackie Raynal nous invita à percevoir l’Illimitée radieuse de ces années Folles du cinéma de la Nouvelle Vague. Camille Rochwerg Festival Jacky Evrard Cote Court le 22 Juin 2016. "Reminiscences of Jonas Mekas" Documentaire de Jackie Raynal. Monteuse sur les premiers films de Rohmer, Chabrol ou Pollet, c'est pour nous parler de Jonas Mekas que Jackie Raynal était ce soir dans ce rendez-vous. D'une autre insistance. INCIDENCE.
FESTIVAL CÔTÉ COURT
 Les merveilleux nuages" vont s'effacés insidieusement. 
Vers les écrans noirs et blancs du Festival. 
Un film de Bertrand Mandico BORO in the BOX
BORO in the BOX
"JE GARDE UN SOUVENIR PRÉCIS" celui d'une valse sans fin. Cette fiction nous plonge dans le voyage en Pologne autour de l'histoire de Walerian Borowczyk. Au travers d'une Caméra obstruée de fils. Obstrués. Les lettres alphabétiques s'afficheront sans pudeur. Sur une sensualité pornographique et phonétique. Précisant avec circonspection et en dé-bord... Les équinoxes d'images marbrées et embuées d'un fil photographique sur la marge. D'une dramaturgie qui s'invite au désir substantif d'un certain Marquis/DE SADE. Portés par des labyrinthes et des passages si éloigné de ces merveilleux flous ondulées. Écrits en vers de Mallarmé imprégnés de sexe-d'excès de luxure et de viols... Cachés sous les signes de désinvoltures et de paradoxes, la dégénérescence multiplie les infractions et soulèvent par instants l'inaccomplissement saccagé. Surréaliste d'un DEVENIR/AVENIR.
A/ Âmes tourmentées et égarées. B/ Bouches, ventriloques, ensanglantée de mémoire. C/ Contraste d'une frêle innocence et de convoitise. D/ D’entrailles de feu et d’étincelles. E/ Écrin d'un déclin, la mémoire. F/ Femmes souvent promesse d'envol. G/ Genre mélangé. H/ Hormones, poilues. I/ Il y a même la lenteur de la voix qui s'étreint. J/ Jeu d'instinct de lumières et de paillettes. K/ Qualité des larmes roses salées sur ces mains gantées. L/ La couleur d'une vanité. M/ Le magnétisme. N/ Nymphe au goût fumé des roses. O/ Opacité du vocable des couleurs. P/ Indique la prétention. R/ Regard sur ce souvenir poussiéreux de ma première expérience. S/ Le sillon s'accroche dans le ruisseau qui l'emporte. T/ Trophées et bijoux. U/ Unanime au début sera la critique, je me fis vite un nom qu'on oublia. V/ La vulgarité. Zéphyr
De ce voyage en Pologne, la fumée des trains s’est noyée de ce champ désastré. Et s’imprime sur la pellicule tel un laboratoire effronté de décors construits sur le désespoir. Se signant d’une obscure altérité. De cette attente d'atteindre la grâce. Le 20 Juin 2016 Camille Rochwerg Festival Jacky Evrard Cote Court


IL N'Y A PAS DE LIMITATION DE VITESSE POUR L'EXCELLENCE

BORIS LEHMAN
FESTIVAL Côté Court
30 ANS DE Réalisation 
"Mes Sept Lieux"
FESTIVAL Boris Lehman " Mes Sept Lieux"
GÉNÉRIQUE D'UNE ESCALE
, Cinq heures de film invente ce destin individuel parsemé d'embûches et de grâce. Une série limitée portant le titre Mes sept lieux. Si d'aventure l'incendie ravage la pellicule, il est cet explorateur passionné qui lève le voile de son art dont je salue la renaissance. Il dérive et dans ce regard, l'on peut voir sur son sourire la couleur d'un océan à peine perceptible. Au risque de se brûler. Il s'impose, trouve sa voie dans un soupçon d'imposture détourné de l'indiscipline à la création. Révélant l'élan et la volonté d'être au monde. Tel un oracle décoiffé de simplicité qui s'illustre de sa vie d'être un visionnaire.
À L'ORIGINE
Épris d'une audace, il multiplie son parcours en filmant parfois un film par jour. Résistant à l'influence des flashs éphémères du star système. Avec ou sans particule sur le versant insolite de l'humour. Il pose et dépose ses cartons, de films enfermés, chutes de plans qu'il ... considère comme un laboratoire ludique traversé de voyages incessants. Ou s'illustre le Détournement illusoire d'un cabinet de curiosités. Bien que la vie soit sa saison favorite, il rêve à la lumière diffractée d'un désir de déambuler sur la présence de fantômes et de souvenirs personnels recueillis dans les arcanes du temps qui fuit. Visions furtives de toucher à cette parallèle ressuscitée. Se confrontant à cet idéal princier d'une réussite sidérale. Il y a des êtres et des choses qu'il faut mettre à l'abri de l'oubli d'une initiale splendeur et d'un raffinement du détail.
À L'ARRIVÉE
Le cinéma dont il use et abuse crée sa signature d'une visibilité parfois partagé en séances  privées. Passeur d'un savoir précieux, au côté de Henri Colpi Monteur au cours des années 1950, et collaborant notamment avec Charles Chaplin, Alain Resnais, Henri Georges Clouzot. Réalisateur D'une aussi longue absence Palme d'or à Cannes en 1961 sur un scénario de Marguerite Duras. Il s'échappe de la transparence, se connecte à l'avant garde, s'évade d'une conversation sur le vide. D'un sans issue et admire la plénitude du Maître des lieux, improvisant ce regard qui s'impose comme un lac reflète l'Étoile Manquante que l'on croise dans la nuit. Surgissant de la mer saturé et fixant sur la pellicule ce sentiment de respirer à l'air libre. Aspiré par la Fin... Comme s'il s'agissait d'inverser la perception... D'une île aux Trésors et d'un Archipel... Générique...
LEXIQUE de Neuf Années d'Errance Poétique
ARRIVÉE. Expulsé du corps du Monde. Cahiers d'écritures jusqu'à L'effacement. C'est tout un Art. Dans ce film il y a des questions sans Réponses. Début de l'Errance. Dérapage Musical. Des rêves, des messages de Détresse. Emballé la Vie. Empilées les Cartes Postales. Fixer les lumières Aveuglantes de la ville. Ici est passé Boris Lehman. Ici le cinéaste ne fait que Passer. Ici va vivre le cinéaste Boris Lehman. Il entre en Fiction. Il n'est jamais question D'abandonner de Vider. Il regarde fixement sa Vie. Il y a le bruit de la pellicule. J'accuse, je Résiste. Je n'ai jamais réussi à mettre de l'ordre. Je suis la cime de l'ombre adossé à l'écriture de la Lumière. Là je ne loge pas vraiment J'espère. Le commencement de la tendresse. Le déroulement Final. Les fleurs s'accrochent aux Arbres. Les lettres de voyage. L'impasse d'ouvrir les Secrets. Le vêtement colle à la peau. Ma vie cherche une Habitation. Ma vie Nomade. Nouveaux Lieux, Nouvel Itinéraire. On peut peut-être les laisser se Mourir. On s'y Attache. Où Aller. Plonger pour  retrouver les films perdus. Remplir les caisses de Cartons. Un écrit collé sur sa veste dont les secrets sont dans la doublure. GÉNÉRIQUE. Camille Rochwerg 24 JUIN 2014 Extrait du Film Mes sept lieux de Boris Lehman Réalisateur


FESTIVAL Côté Court
BORIS LHEMAN
HENRI COLPI SI J'OSAIS J'ÉCRIRAI MES LONGUES MARCHES SILENCIEUSES AVEC LUI A ROUSSILLON J'AI 30 ANS. JE NE SAIS PAS QUI EST CET HOMME À MES COTÉS. UNE FIGURE DU CINÉMA... "D'UNE SI LONGUE ABSENCE" H.COLPI
Hier soir Présentation du film de Boris Lehman CHOSES QUI SE RATTACHENT AUX ÊTRES. Dominique Jeanne Dolores Moni Grégo pourrait y répondre par CE QUI MÉRITE ATTENTION AUX ÊTRES. L'inventaire d'une très belle soirée... L'homme qui m'a dit oui d'un si grand sourire quand j'ai prononcé le nom de Henri Colpi. Monteur du cinéma Muet dont les cartons sont encore ficelés dans les caves de la cinémathèque Française. Il avait un sourire sans indifférence. C’était un homme solitaire… Chemin faisant … Il aimait l’intransigeance de la vie… Boris Lehman était son élève, et cela je ne le savais pas… D’où la surprise pour Boris… Surprise par l'annonce pour cet homme qui nous invite à regarder une fin de son travail filmé… Son film Choses qui se rattachent aux êtres. Un remarquable programme d'un début de Festival Côté Court. Si les mots suffisaient à décrire les images filmées... Si aléatoires... Empreintes d'effacement à la seconde même ou le mot FIN s'écrit comme une longue phrase dans la NUIT... J'aimerai que le cinéma soit comme une FUITE Infranchissable de la VIE. Camille Rochwerg Juin 2014

BORIS LEHMAN MES SEPT LIEUX Il filme et se détourne D'UN ITINÉRAIRE DE CRISTAL NOMADE. EXIL d'une irrévérence solitaire. 30 ans ne suffiront pas pour effacer l'indistincte déviation poétique d'un illustre peintre des sentiments de la VIE. Il transmet ces étincelles de lumière et de liberté qui persistent à transpercer cet ACTE D'AMOUR sur quelques 300 Films. Quelque soit l'effraction souterraine de l'humanité aveugle de négligence. IL APPARAÎT DE L'OBSCUR A LA FULGURANCE D'UN SOURIRE. Camille Rochwerg 15 Juin 2014
FESTIVAL Côté Court
BORIS LEHMAN " MES SEPT LIEUX" Il filme et se détourne D'UN ITINÉRAIRE DE CRISTAL NOMADE. EXIL d'une irrévérence solitaire. 30 ans ne suffiront pas pour effacer l'indistincte déviation poétique d'un illustre peintre des sentiments de la VIE. Il transmet ces étincelles de lumière et de liberté qui persistent à transpercer cet ACTE D'AMOUR sur quelques 300 Films. Quelque soit l'effraction souterraine de l'humanité aveugle de négligence. IL APPARAÎT DE L'OBSCUR A LA FULGURANCE D'UN SOURIRE. Camille Rochwerg 15 Juin 2014
L'ESTHETE CARMIN, ÉCARLATE D'ÉTREINDRE UNE VOLUPTÉ
Une ligne de fuite dévoile et fixe l'image du dernier film expérimental de Sophie Mariel. La distance en révèle l'écart superposé occulté par l'absence même d'une image manquante. Si sur cet écran attiré par l'un-subtil monté d'un escalier unique. La fidélité d'une divine couleur et l'offense d'un rouge vermillon en caresse la blessure. Si l'amour creuse le sillon d'une certitude et d'une apparente illusion, l'effroi suscité exhibe la perception de cette impasse de l'obscurité à cette éclipse écarlate d'une invitation. MAJES-TUEUSE d'un incendie éclatant sous l'explosion d'un fragment court de 6mn. Camille Rochwerg 18 JUIN 2014 Réalisation Sophie Mariel Musique Jérôme Soudan

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RÉTROSPECTIVE CHANTAL AKERMAN
LA CAPTIVE un film de CHANTAL AKERMAN
DANS CE LIEN D’IMMANENCE
Le film de Chantal Akerman reste Intemporel et d’une altérité de l’entre deux. Il porte sa voix vers une fuite essentielle de l’ennui vagabond. Dont on ne sait pas si le reflet du voilage dans ce mouvement presqu’indistinct revêt la suspension d’une étreinte. Entre les phrases d’un Swan et la « Prisonnière » de Proust... S’inscrit le trajet étranger de deux passagers clandestins de leurs vies capturées sur le linceul d’un dernier regard vers la mer. Et l’interstice de ces images s’en éclaire d’un somptueux miroitement. C. R le 28 fevrier 2018
RÉTROSPECTIVE CHANTAL AKERMAN
NO HOME MOVIE 
SI IMMOBILE SI MOBILE L’ÉCRITURE DE SECRETS
Chantal Akerman s'inscrit sur...
L’art de filmer le bruit d’un rien et d’une lumière de silence. Les silences de l’inertie d'un lieu, d'une rencontre.. Juste dire quelques mots. Entre les liens de sa mère qui se glissent dans sa maison, et qui porte encore ce léger accent, de là d’où elle vient. L’inconscient et le filtre de cette écriture filme l’idée d’une distance si grande. L'amour d'une conversation avec elle, entre Bruxelles et les lointaines contrées qu'elles visitent. Là s'inscrit la résonance d'un instantané et d'une photographie de la vie immuable et préservée. La lumière excessive, s'invite à converser avec les plantes, les fleurs du salon, les bruits si familiers, les chaussons qui effleure le sol de la chambre à la cuisine, là ou tout s'invite. Les ondes d’une journée familière en présences se gravent sur la pellicule. Il y a ces bruits extérieurs et imparfaits qui permettent de rester attentifs et de se fixer sur ces visages, sur ces regards atteints d'une pensée ultime. Plusieurs images resteront souvent vides. Emplies parfois de bribes de mots incertains d'un tête-à-tête presque inaudibles. Juste un brouhaha imperceptible d'une intimité face publique. L’idée d’un lien et d'un entrelacs, d’entre les murs pour une réponse aléatoire. Chantal filme l'épure d'écrits secrets et survole les cassures, de sauts d’images floues, de sentiers et de routes méconnaissables mêlant les ciels invisibles auréolés d'horizons et de terre ou s’engouffrent le vent jusqu’à l’anéantissement d’une séparation. À claire voix, les volets interceptent la lumière transperçant les stores, Suivi de bruits incessants de la vie. D'une célébration d’un vide, d'une intimité qui se superpose en continu entre les paysages, la mère et l’effacement d'une beauté si Immobile. Mobile. C.Rochwerg le 26 Février 2018
RÉTROSPECTIVE CHANTAL AKERMAN
L'ÉLÉGANT ÉCART
De cet hôtel désert, c’est son silence. J’ai lu l’hôtel Calypso, chambre n° 3 de Colette Fellous. J’ai vu le Pina Bar de José Alfarroba, J'ai reçu de New York une carte de L'empire Stade Building de Frédéric Ballesteros et je me suis assis au Splendid hôtel de Jean Genet. On retrouve là dans ce film de l'hôtel Monterey, l’éclat d’un cinéma des années-lumières muet et sans voix. Où le bruit des ascenseurs et les portes s’ouvrent et se referment sur un couloir évidé. Il n’existe aucun glissement de mots sur ces passagers itinérants. Qui s’éclaboussent de regards et d’ignorance. Les hublots d’étages s’illuminent et s’éteignent sans relâche. Vus de dos, ils sont sans visage avec beaucoup d’attention, de paroles et d'embrassades qui se glissent sur ce grain de photo extrême digne d’une surexposition intense... Puis les chambres préservent cette insolence d’accoster la solitude. Dénudée d’humanité où l’effraction nous éclaire d’émettre un passage. Le poste radio est silencieux. Les clients sont à l’arrêt. Les miroirs ne renvoient que de brefs instants de lumière. Les couloirs restent vident d’un horizon, quelque part s’éteint l’encyclopédie d’une vie comme une page arrêtée non identifié. Obscurcis par une tournée de page arrachée à ce désencombrement. La texture des murs laisse apercevoir au toucher son exactitude à ne pas exister. Cet effondrement du bas des murs, là se découvrent les traces indélébiles qui longent un chemin dédié aux mains qui visiteraient une première nuit étoilée. Les extincteurs placés à la hauteur de regard sont les seuls résidents d’un couloir où les poignées de bronze cirées par les heures journalières d’une femme de ménage laissent se refermer les portes au fil d’un coup de vent invisible. Les néons blafards accrochés aux plafonds, les réverbérations de lumière et d’imprégnation recyclée d'un autre temps. L’enfermement des coins de porte. Les panneaux de sortie obligatoire. Les linos gris mouchetés reflétant les passages de chaussures du troisième étage. Les architectures coincées par l’obstruction d’espace inexistant. La proximité des bruits intérieurs. La répétition des coulissements de l’ascenseur. Les passagers invisibles. Les enfermements de lumières éclaboussées par la nuit. Les miroirs resplendissant, dans ce va et vient incessant interfèrent... Finalement sur le bruit, sur le clignotement des boutons indiquant les descentes et montées d’étages. Ce film nous laisse en dépôt sur la toiture de cet hôtel où... L’imbrication visible et violente des façades de briques et de fer extérieures. Les murs infranchissables statufiés de leur inaltérable couleur. Les dépôts considérables laissent naître les ciels opacifiés d’un vide si restreint par l’hiver. Le haut des murs et terrasses désertes hurle l'humidité naissante à la surface d’un insolent vacarme de voitures silencieuses à l’arrêt des feux rouges. Silence et Noir Obscur. Puis/Exit. À propos de Hôtel Monterey un film de Chantal Akerman. Camille ROCHWERG le 23 Février 2018
INGÉNIEUR DU SON/ Le silence de la pellicule
RÉTROSPECTIVE de CHANTAL AKERMAN
Malgré les images foudroyées par le temps. 
Ce serait juste les traces d’un signe qu’elle EST. 
C.R 3 Février 2018
CHANTAL AKERMAN
LE BRUIT INCESSANT
De ce voyage filmé de New York au Bronx. Seuls quelques oiseaux se noient dans ce fracassement d’opacité immobile. Suivi de L’être/s D’hiver/s - de vies d’amours et d’attentes lues à voix hautes. D’entre le bruit et la grisaille des murs s’infiltrent le murmure d’une mère. La fermeture des portes roses et vertes du métro grincent sur cette insolence offerte d’un destin par l’intermittence esseulée de ce bruit a découvert d’une simple révérence. Par Chantal Akerman. Rétrospective à la Cinémathèque.



ivressecran@sfr.fr