JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE
JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

28/06/2015

Presse Théatre Transversal Alain Cuny L'être à L'infini AlainFini ParCamille Rochwerg

ALAIN CUNY

L'ÊTRE À L'INFINI

ALAINFINI

QUE CE MONDE EST BEAU
OU VOUS ÊTES CETTE PART QUI M'ÉTAIT RÉSERVÉE
Paul Claudel

ADEUX MAINS
L'ÊTRE À L'INFINI ALAINFINI
L'ÊTRE TRAVERSÉ
VOUS OUVREZ LE CHEMIN...
De vous, j'ai essayé de préserver cette proximité... Pour tenter de l'atteindre, nous empruntons la force qui sillonne le torrent.. Qui alimente un seul fleuve, nous entraînant vers l'océan où de nouveau, nous risquons de nous perdre vers l'infinité. Camille Rochwerg Lettre portée à L'Hôtel du Cloître Saint Louis le 25 Juillet 1992
L'ÊTRE À L'INFINI
J'irais vous attendre dans les jardins de Varenne qui laisse entendre le souffle à vingt ans de votre pas sous les feuilles... Le regard s'y attache. En suspens, l'offrande... Au-delà des remparts de Saint Malo, dès Huit heures du matin... Votre voix dit cet amour de l'horizon... Porte Saint Vincent à St Malo, à l'écart de ce fragment retrouvé d'une enveloppe de L'Hôtel de France et du Bar de L'Univers, les remparts d'une ville s'impriment et portent à leur insu le silence de votre visite... On le sent dans cette exigence mobile d'une autre voix. Comme on s'embarque, conscient de mettre en réserve une parole fragile" ... La beauté... Pour vous, j'en suis là... Camille Rochwerg le 10 juillet 1993
AVIGNON DANS LES COURS
En silence, face à son pupitre le 26 juillet 89 dans la clarté confidentielle d'Avignon, seul, Alain Cuny prenant place dans l'une de ses chapelles cernées de silences, aux diverses moulure, relevant la profondeur des patines. cadres qui déposent une ligne poussiéreuse sur les murs avant la réouverture des musées restaurés.
Dans cette zone de l'écoute, Alain Cuny nous invite à la demeure essentielle d'un texte, suspend cet arrêt de la voix, ébranle, émeut. Cheveux gris, rarement inactif ses gestes sont précis, hâtant ce désir des mots, sourds durs, arides, et dont la force résiderait précisément dans la sécheresse. On chercherait les traces de silence, mais la distance demeure l'essentiel. Aiguiser l'urgence, un luxe insistant, inépuisable, que l'on devine dans les veines de son sourire ; une demeure essentielle des mots implique une présence réservée, indique l'humilité interdite d'un tout autre geste que d'accorder l'hospitalité ; la ciselure des mots précise la proximité de l'intouchable, un appel et face à cet appel. Une richesse, celle du dénuement.
La parole est le lieu même du danger, de la perte comme de la rencontre, le bord de la faille qu'elle ouvre, cet amour pour cette distance qui porte là cette résistance silencieuse. L'attache aveugle.
Signe pur, au-delà de l'écriture, sur le blanc de la prochaine page, parler c'est tuer cette errance d'une voix.., se taire... Un texte est une aventure d'écriture, sa propre voix une lecture; dont l'étrangeté des fins de phrase intègre l'espace, le temps, la durée, la voix, le corps, la bouche,impulse nos consciences dans l'urgence repérée.réduite au silence. Ricochet perdu, mourir à peine, un demi-siècle, certains mots cherchent encore un coin d'azur pour cacher leurs splendeurs.
Murmurant des mots fous, tendus, Alain Cuny laisse glisser ces mots aux pénétrants parfums; déposés involontairement dans chaque repli de la mémoire fissurée, rebouchée par de grandes striures de goudron. Du bleu de cobalt dans l'indigo de la nuit, couleur dont on peint les volets, passée par le soleil mais intense encore. Ainsi la violence de la couleur s'altère dans sa profondeur, résonne, elle est alors l'ombre du mental. "Dans ses silences, il n'y a pas de silences d'amours, il n'y a que des actes d'amours, nous sommes tous a la poursuite de cet acte d'amour". Alain Cuny
"Alors répandre cet infini pour lequel dit-il on s'embarque comme dans un train pour une étoile"... Artaud "Dans quel mesure chacun d'entre nous a t'il contribué à rendre ce silence possible"... Joseph Beuys
Alors simplement parce que la peur ressemble au silence, essayant d'isoler l'insolence supportable de se déserter, en deviner le risque; réveillé par violence de la peur qui nous retient, une certitude d'un bruit fulgurant de silences dépliés. 
Ne nous parle-t'il pas de l'hymne de l'ombre ? Balayant la scène de son rire Alain Cuny, à l'écoute, traverse les cloisons fragiles de nos villes comme si ces cris d'amours n'étaient qu'une incapacité à aimer. Un homme qui se voile de ne plus se taire, là ou personne ne sait vraiment ce que le corps ne cesse de taire... Mourir d'oubli... dans la demeure d'un sillon, par le silence d'un autre monde autre... Balayant les dernières idoles... "Je vois vos visages... Je pourrais vous dessiner de mémoire... A la fin, car la fin est toujours lue avec intérêt". Kantor.» Camille Rochwerg OCTOBRE 1989 
EXTRAIT PUBLIÉ DANS KANAL MAGAZINE
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