JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE
JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

05/07/2015

Presse Cinéma Transversal le Fid Festival International Par Camille Rochwerg

FID FESTIVAL


LE BOUTON DE NACRE
UN FILM DE PATRICIO GUZMAN
UN VIRAGE ROUGE INCANDESCENT DE L’OCÉAN 
Les Indiens d'Amérique du Sud restèrent étrangers...
J'imagine cet acte de silence qui illustre la signature de ce cinéaste… Chilien. PATRICIO GUZMAN. LE BOUTON DE NACRE habite ce silence au bord de l'eau… Là où la pluie, la grêle, la glace recouvrent par ses sons le suintement enfermé ainsi dans les pierres. Une eau sertie identifiée à recevoir toute l’identité Nomade du monde. Il insiste sur ce bruit incessant le long des îles et des archipels, comme étant la vie intérieure… D’entre les bruits. D’une cohabitation avec l’océan de la peur. Puis il découvrit la langue de ce parchemin de papier carton représentant un mur aussi long que son pays 4 200 kms de côtes qui s'isole du désert. Et de l’océan… Pour se souvenir de marcher quelques heures sur cette goutte de respiration.
Les Indiens d'Amérique du Sud s'enivraient de sillonner la quête d'un ciel...
Ainsi ces flibustiers découvreurs de déchirants orages sur une mer déchaînée souriaient devant l'élégance immuable des glaciers bleu indigo.
Les Indiens d'Amérique du Sud constellaient leurs corps... 
Avant l’apocalypse d’un génocide, ils peignaient leurs corps de dessins noir et blanc et de multiples étoiles semblables au cosmos. Ainsi savaient-ils déjà qu’ils rejoindraient le CIEL. Touchés par la grâce.
Les Indiens d'Amérique du Sud ont été invisibles...
Jemmy Batton l'homme unique de la Patagonie fut échangé contre un BOUTON DE NACRE. Retrouvé puis séparé de l'océan Pacifique au large des côtes Chilenne. Il fut ce navigateur de l’âge de pierre, élevé en Angleterre jusqu’à la révolution industrielle. Revenu de cet apprentissage, il n'a plus jamais été l'homme qu'il était pour atteindre une liberté. Pacifique. Éphémère. Instruit de l’in-connaissance inutile.
Les Indiens d'Amérique du Sud ont été prisonniers...
Écrasés sous la couleur d’un sang écarlate. D’une extermination muette. La ville de Dawson où les déportés furent décapités, emprisonnés brûlés, et enfermés, sous la dictature d'Allende… Cette ville sur la digue infranchissable resta longtemps et jusqu’à la fin une destination imaginaire de silence. Une ville dont "l’impunité d’un double assassinat" franchit ce lieu comme étant une merveille ensanglantée.
Les Indiens d'Amérique du Sud sont revenus de loin… 
Par hélicoptère, jeter dans les flots. Les corps échoués, vivants ou morts. Elles ou ils seront rapportés par la mer. Les êtres de pouvoir espéraient que la mer en garderait le secret. Reste les débris rouillés, de rails récupérés ou les corps étaient ficelés par des fils de fer. Engloutis… Où se sont fossilisés des traces gravées tout humaine qui dessine cet art vivant de chaque silhouette disparue "Certains diront que la mer est une lésion qui s'engouffre pour devenir un cimetière." Reste ce bouton collé qui s’indigne à lui seul d’être devenu le spectre de tous… En particulier Jemmy Batton n’a jamais récupéré son identité, mais il a traversé l’exil de son image. Rien qu'une image dévastée.
Les Indiens d'Amérique du Sud transportent une mémoire brisant le désert...
Ils ont cet espoir de vie et de mort associé à ces silences de voix, à ces silences vertigineux. Portant cette distance considérable avec ce vide laissé par leur passage… Elle, cette femme qui s’est laissée débordée sur l‘écume un jour de plein vent et de pluie. Déportée par les flots d'un enfer. Son visage à découvert nous regarde… FID FESTIVAL Camille Rochwerg le 6 Juillet 2015
LA VISITE UN FILM DE PIPPO DEL BONO
LA VISITE DE PIPPO DEL BONO
ENTRELACS D’AMOURS ET DE SOLITUDE 
DE DEUX PRINCES 
L’effluve bleu cobalt sur le sol s’écrase et s’immerge à la station VIEUX PORT à Marseille. Déjà, la chaleur vibre dans les yeux. Les salles du FID FESTIVAL parfois climatisées accueillent le film « La Visite» de Pippo Del Bono. Une visite à Versailles avec Mickael Lonsdale et Bobo longeant la réverbération des âmes et des mémoires, sous l’œil d’un peintre d’un poète… Émerveillé. À l’heure d’apparaître les princes et les princesses figures de pouvoir fragile ont préservé cette liberté existentielle. De blessures libérées plus secrètes… De cet encontre, les mains se sont offertes à la vie, au lien de l’un et l’autre pour survivre à cette trace. Bobo écartelé de son histoire propulse quelques sourires d'effroi devant la musique de la guerre aux images. Ensanglantées sont les larmes d'une arme invisible. Rien qu’une dystrophie irisant la parure de Versailles. Peut-être est-ce cela la connaissance secrète des mots, des cris et des gestes qui ensorcellent sa présence. L’attente, l’atteinte, les mains évoquent l’admiration des œuvres, la vie qui s’arrête, les corps qui s’enfuient, la résonance d’un siècle, vers le regard de celui qui… Écoute le bruit humain. Le murmure enfermé des hommes. Cette insignifiance de la connaissance présage de cette attente… D’un détachement pour revenir vers l’éternelle beauté. Ce silence entre eux, c’est l’accord parfait d’une note de piano… Le jeu de l’un vers l’autre, le plaisir insouciant. La visite porte la vitalité d’un équinoxe sur cet homme dont l’extravagance du passé s’est peut-être élargie. Par tant de voyages intérieurs, par tant de silence dont les marbres et les plâtres. Ruissellent. Intriguent… Les Miroirs indécents reflètent encore les persécutions, les guerres, les histoires d’amour… Cette apparence de la beauté fustigée, muette, stucs et statues de marbre, sourires figés, objets insolites déposés comme des agapes au pied des œuvres. C’est aussi cela le regard de cet enfer... De cet enfermement illustré de lustres de dorures et de glaces s’inondant de lumières Impénétrables… Qui veille sur le lent chemin ou ensemble séparément, les deux silhouettes s’éloignant Mickael Lonsdale souligne et évoque cette vieillesse du temps qui passe. Lentement… "J’étais un enfant adultérin. J’étais un enfant caché… "Et toi Bobo depuis longtemps, tu as été dans un asile… Mais la vraie liberté, c’est d’oublier les choses inutiles…" Reste les peluches, les accessoires les objets en bois déposés comme une lettre d’amour se signant d'être l'enclave, d’un miracle, d’une attache à toucher l’indifférence de cette adolescence enfouie. FID FESTIVAL Camille Rochwerg le 5 Juillet 2015

FID FESTIVAL DU FILM sur MER 
BRÛLER L'ÉTERNITÉ 
Fernando Pessoa Manoel Oliveira. Les rues ne sont pas désertes. La ville éclate de bruits déserts. Reconnaissables. Elle s'écrit avec les voix intérieures et multiples de Fernando. Elle écrase l'acceptation d'un Exil brûlant sur les eaux disparues. Lisbonne persiste à préserver cette insularité immense. Vers ce regard d'une vague incertaine D'une liberté provisoire. Joyaux d'une joie et d'une audace éternelle d'un siècle passé. Ou la dictature s'est effacée sur l'ardoise à carreaux une nuit de pleine lumière en 1974. Lisbonne culturelle Camille Rochwerg le 4 juillet 2015 FID FESTIVAL

CRÉPUSCULE SUR MER L'INDÉSENS DIVINE
FID FESTIVAL DU FILM sur MER
FESTIVAL FID CINÉMA à MARSEILLE 
Du 30 Juin au 6 Juillet
PS: Salles climatisées Hommage à Manoel de Oliveira
CE SOIR UN FILM SUR LA SOLITUDE DES OBJETS A CIEL OUVERT... Des chemins passagers, des allées, des brumes du matin, des amours perdus, des bruissements indistincts, des boites à secrets, des envolées de vent, des flacons évidés, des vides rangés, des classements numérotés, des solitudes partagées. Des écueils de VIES immensurable. C.R

DERNIÈRE HEURE

ivressecran@sfr.fr