JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE
JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

24/02/2018

Presse Théatre Danse Cinéma Chantal Akerman Par Camille Rochwerg

CHANTAL AKERMAN
AL'HEURE VIVE D'UNE AURORE
RÉTROSPECTIVE CHANTAL AKERMAN
LA CAPTIVE un film de CHANTAL AKERMAN
DANS CE LIEN D’IMMANENCE
Le film de Chantal Akerman reste Intemporel et d’une altérité de l’entre deux. Il porte sa voix vers une fuite essentielle de l’ennui vagabond. Dont on ne sait pas si le reflet du voilage dans ce mouvement presqu’indistinct revêt la suspension d’une étreinte. Entre les phrases d’un Swan et la « Prisonnière » de Proust... S’inscrit le trajet étranger de deux passagers clandestins de leurs vies capturées sur le linceul d’un dernier regard vers la mer. Et l’interstice de ces images s’en éclaire d’un somptueux miroitement. C. R le 28 fevrier 2018
RÉTROSPECTIVE CHANTAL AKERMAN
NO HOME MOVIE 
SI IMMOBILE SI MOBILE L’ÉCRITURE DE SECRETS
Chantal Akerman s'inscrit sur...
L’art de filmer le bruit d’un rien et d’une lumière de silence. Les silences de l’inertie d'un lieu, d'une rencontre.. Juste dire quelques mots. Entre les liens de sa mère qui se glissent dans sa maison, et qui porte encore ce léger accent, de là d’où elle vient. L’inconscient et le filtre de cette écriture filme l’idée d’une distance si grande. L'amour d'une conversation avec elle, entre Bruxelles et les lointaines contrées qu'elles visitent. Là s'inscrit la résonance d'un instantané et d'une photographie de la vie immuable et préservée. La lumière excessive, s'invite à converser avec les plantes, les fleurs du salon, les bruits si familiers, les chaussons qui effleure le sol de la chambre à la cuisine, là ou tout s'invite. Les ondes d’une journée familière en présences se gravent sur la pellicule. Il y a ces bruits extérieurs et imparfaits qui permettent de rester attentifs et de se fixer sur ces visages, sur ces regards atteints d'une pensée ultime. Plusieurs images resteront souvent vides. Emplies parfois de bribes de mots incertains d'un tête-à-tête presque inaudibles. Juste un brouhaha imperceptible d'une intimité face publique. L’idée d’un lien et d'un entrelacs, d’entre les murs pour une réponse aléatoire. Chantal filme l'épure d'écrits secrets et survole les cassures, de sauts d’images floues, de sentiers et de routes méconnaissables mêlant les ciels invisibles auréolés d'horizons et de terre ou s’engouffrent le vent jusqu’à l’anéantissement d’une séparation. À claire voix, les volets interceptent la lumière transperçant les stores, Suivi de bruits incessants de la vie. D'une célébration d’un vide, d'une intimité qui se superpose en continu entre les paysages, la mère et l’effacement d'une beauté si Immobile. Mobile. C.Rochwerg le 26 Février 2018
RÉTROSPECTIVE CHANTAL AKERMAN
L'ÉLÉGANT ÉCART
De cet hôtel désert, c’est son silence. J’ai lu l’hôtel Calypso, chambre n° 3 de Colette Fellous. J’ai vu le Pina Bar de José Alfarroba, J'ai reçu de New York une carte de L'empire Stade Building de Frédéric Ballesteros et je me suis assis au Splendid hôtel de Jean Genet. On retrouve là dans ce film de l'hôtel Monterey, l’éclat d’un cinéma des années-lumières muet et sans voix. Où le bruit des ascenseurs et les portes s’ouvrent et se referment sur un couloir évidé. Il n’existe aucun glissement de mots sur ces passagers itinérants. Qui s’éclaboussent de regards et d’ignorance. Les hublots d’étages s’illuminent et s’éteignent sans relâche. Vus de dos, ils sont sans visage avec beaucoup d’attention, de paroles et d'embrassades qui se glissent sur ce grain de photo extrême digne d’une surexposition intense... Puis les chambres préservent cette insolence d’accoster la solitude. Dénudée d’humanité où l’effraction nous éclaire d’émettre un passage. Le poste radio est silencieux. Les clients sont à l’arrêt. Les miroirs ne renvoient que de brefs instants de lumière. Les couloirs restent vident d’un horizon, quelque part s’éteint l’encyclopédie d’une vie comme une page arrêtée non identifié. Obscurcis par une tournée de page arrachée à ce désencombrement. La texture des murs laisse apercevoir au toucher son exactitude à ne pas exister. Cet effondrement du bas des murs, là se découvrent les traces indélébiles qui longent un chemin dédié aux mains qui visiteraient une première nuit étoilée. Les extincteurs placés à la hauteur de regard sont les seuls résidents d’un couloir où les poignées de bronze cirées par les heures journalières d’une femme de ménage laissent se refermer les portes au fil d’un coup de vent invisible. Les néons blafards accrochés aux plafonds, les réverbérations de lumière et d’imprégnation recyclée d'un autre temps. L’enfermement des coins de porte. Les panneaux de sortie obligatoire. Les linos gris mouchetés reflétant les passages de chaussures du troisième étage. Les architectures coincées par l’obstruction d’espace inexistant. La proximité des bruits intérieurs. La répétition des coulissements de l’ascenseur. Les passagers invisibles. Les enfermements de lumières éclaboussées par la nuit. Les miroirs resplendissant, dans ce va et vient incessant interfèrent... Finalement sur le bruit, sur le clignotement des boutons indiquant les descentes et montées d’étages. Ce film nous laisse en dépôt sur la toiture de cet hôtel où... L’imbrication visible et violente des façades de briques et de fer extérieures. Les murs infranchissables statufiés de leur inaltérable couleur. Les dépôts considérables laissent naître les ciels opacifiés d’un vide si restreint par l’hiver. Le haut des murs et terrasses désertes hurle l'humidité naissante à la surface d’un insolent vacarme de voitures silencieuses à l’arrêt des feux rouges. Silence et Noir Obscur. Puis/Exit. À propos de Hôtel Monterey un film de Chantal Akerman. Camille ROCHWERG le 23 Février 2018
INGÉNIEUR DU SON/ Le silence de la pellicule
RÉTROSPECTIVE de CHANTAL AKERMAN
Malgré les images foudroyées par le temps. 
Ce serait juste les traces d’un signe qu’elle EST. 
C.R 3 Février 2018
CHANTAL AKERMAN
LE BRUIT INCESSANT
De ce voyage filmé de New York au Bronx. Seuls quelques oiseaux se noient dans ce fracassement d’opacité immobile. Suivi de L’être/s D’hiver/s - de vies d’amours et d’attentes lues à voix hautes. D’entre le bruit et la grisaille des murs s’infiltrent le murmure d’une mère. La fermeture des portes roses et vertes du métro grincent sur cette insolence offerte d’un destin par l’intermittence esseulée de ce bruit a découvert d’une simple révérence. Par Chantal Akerman. Rétrospective à la Cinémathèque.
ivressecran@sfr.fr
© ET TEXTES Déposés à la SACD