JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE
JUSTE AVANT D'ÉTREINDRE LA SERVANTE

15/06/2018

Presse Cinema AgendAvenir Par Camille Rochwerg

CINÉMA EXPÉRIMENTAL




FID FESTIVAL MARSEILLE
MALINA

GLACÉS d’un AMOUR PLURIELS
« Comment en sont-ils arrivés là ? » C’est un film qui perce ce couple en déluge désespéré de revivre un sentiment d’insécurité. Vers ce temps lui et elle. Ici. D’expérimenter cette première expérience de la douleur et en même temps l’expérience du bonheur. Il y a cet impossible contraste, les intersections du double. Des Amours, des visages aimés. De disparaître comme des anges qui perdraient l'intensité d'y vivre. Elle écrit des lettres non écrites non envoyées qui s’effacent d’aucune adresse. De disparaître comme des anges qui perdraient leurs visages. Isabelle Huppert transperce et joue ce glacial équinoxe sur l’étanchéité de surfacer la beauté et l’exacerbation de toucher à la violence de l'antre de deux amours. Se fracasser dans ce jeu de miroirs à la Folie indolente d’aimer ce dépeuplement d’une solitude. Ils marcheront ensemble violemment, lentement. Ensemble. Et il tentera de s’apprivoiser de s’échapper d’elle. D'effacer ce père assassin. Assassiné. SS dont le souvenir a frappé ce corps au cœur rouge de sang brûlé de désir. Incendiant, les Lettres et Souvenirs qui s’enfouissent alors et se brûlent comme des bouquets de papiers. Détruite de cette Vie parallèle. DE CES DÉPARTS INASSOUVIS. D’immensité et de feu, de destins à vifs qui laissent franchir les traces sur les miroirs et sur les lèvres de savoir qu’un couple pourrait s’asseoir à la même table à la même heure. Cette beauté-là est essentielle et je l’ai rencontré. Un film de Werner Schroeter avec Isabelle Huppert et Mathieu Carrière
FID FESTIVAL MARSEILLE
AVANT QUE NE SE FIXE
L'INTRUSION D'UN PLÉONASME D'UN SEMBLANT DE PAYSAGE
Dehors par la fenêtre, quel est le paysage ? Ni les bruits d’un sombre tardif de l’hiver ou de l’automne se fixe sur l'écran. Dehors, par la fenêtre, on ne sait pas quel est l'antre-là d'une vie. Les lignes sont coupées les bruits familiers hirsutes et hors piste entre les voix éraillées d’un matin et les bruits de pellicule tachés et cassés d’encre, l’immobilité des noirs reste invisible. Froissés de blancs jusqu’à leurs disparitions à l’écran. Par la fenêtre, on ne sait pas si le cadre photographié va laisser fuir l’ombre qui passe d’une vie juste disparue. Mais là se déglingue la voix froissée de silences. Des lettres s'inscrivent sur l'écran comme sur un noir invisible. Sombre est restée la distance et le remuement des pages restées dans le noir d’un déplacement immuable. Le miroir s’est étreint de disparaître. Juste le silence s’est empli de notes assourdissantes. Rien ne sera jamais lu que cette même phrase. Dehors, AVANT QUE NE SE FIXE..... S'IL AVAIT EXISTÉ, le piano se serait lui-même effondré sur la mer. Et la voix se serait coupée sur une fiction muette jamais entendue. C.ROCHWERG LE 12 JUILLET 2018 Un film de Fabrice Lauterjung. Libre interprétation autour du livre d'Éric Suchère

FID FESTIVAL MARSEILLE
CE TROUBLE D’UNE AUDACE

Ma compassion est si étrange de vivre une vie fictive. Étrangement peu naturel. Stérile. En exergue de trouver l'impasse d'une étrangeté. Là-bas, c'est un lieu de sable aride, d’un état, d'un souffle, d'une existence, d'une âme, d'une grâce emplie d'un acte intérieurement magnifique et Maléfique. Et puis la pellicule s’écrase la sur des flous tachés d’une mémoire de pellicule du super 8 à la trajectoire d'un film. Le clapotement des corps s'efface sur les sources chaudes qui ont peu à peu instruit ces instants de conscience du corps, d'être, de paraître immensément étranger jusqu'à la perte. De soi. Jusqu'à laisser disparaître l’imperfection de la pellicule, les intrusions du noir et ses éclats de lumière. Jusqu'à transpercer ce qui reste là. Ce corps d'être Femme. Du mythe campé par ces regards d’audace, d’insolence, et de liberté. À s’offrir ce trouble d’une identité exonérée. C.ROCHWERG LE 12 JUILLET 2018 UN FILM DE TALENA SANDERS BETWEEN MY FLESH AND WORLD'S FINGERS

FID FESTIVAL
AUTOPORTRAIT 
VÉRONIQUE AUBOUIX ET ÉDOUARD LEVÉ
CE QUI RESTE

Ce serait un jour de beau fixe en hiver. Avec le bruit de la vie. Le bruit Linéaire, les Klaxons et l’alanguissement du silence de sa voix. Il dit le dépôt considérable. Ce mouvement sans mouvement, sans fin puisque sur cette pellicule, il y a déjà cet instant futur tel un journal qui se serait glissé, d’un léger froissement de l’image. D’un glissement des images, se superpose en intervalle de loin, cette parole, ce lien qui s’ébruite. Juste le déroulement d’une inclinaison sur la vie. Échappée, juste le bruit incessant des mots dits à l’heure juste pour une étoile. Qui suinte juste sur le brouillard. Et l’effacement total de l’image. D’une coupe noire, ces fragments, son silence a lui. Ce silence des façades visitées, ces lieux intimes d'une insistance qui ont rejoint l’écriture d’un cahier que l’on imagine. Il le dit, ces lignes écrites ne restent pas silencieuses et puis pour que rien se fixe les bruits, les pas seulement, lourds effacent l’image devenue sourde d’un exil de la parole. Alors l’effraction, l’extinction, l’assourdissement, la perte, l’égarement, l’éclipse, l’obstruction, l’écoulement tente a retarder la fixité d’un regard si éloigné, si distinct de l’illusion. De disparaître. Alors s’effacerait ce qui s’est évanouit de l’image ce qui pourrait l’obscurcir. D’une errance, ils l’ont écrit par ce trouble. Séduits. Eux-mêmes. Ce qui reste. C.Rochwerg le 17 Juillet 2018. Pour un film de véronique Aubouy et Édouard Levé 


FID FESTIVAL MARSEILLE
MATHIEU RIBOULET et SYLVIE BLUM
IL ÉTAIT CE SOUFFLE D’UN SEUL ÉVEIL
L’espoir d’un horizon futile, frivole et incandescent d’une promesse. L’engagement d’un partage inépuisable. Son regard, filmé par Sylvie Blum, porte loin, l’issu d’un sourire. Son étonnement capture la langueur océane des arbres qui portent cette lumière matinale annonçant l’ivresse des saisons. Épris de l’intelligence vive qui scintille au détour de chaque phrase comme cette plissure au coin des yeux. Ce lexique inscrit ces fragments de lecture qui seront lus pour laisser traces justes de cet instant qui défie l’emprunt d’être invité à dire ce qui reste lisible de ces images offertes et parfois enfouies si loin. Mathieu Riboulet en saisit l’effraction illusoire et romanesque comme tous ces mots de l’enfance qui troue le cataclysme d’un état d’alerte de la perte d’un impossible si épuré. D'une terre illimitée débordée. D'une péninsule offerte à nommer la violence incertaine du monde égratignée d’impuissance et d’un possible espoir de trouver le passage d’une fin de phrase. Il se préserve de ces ondes cinglantes qui le traversent pour s’affranchir de naître par le rêve vers l'interstice interstitiel. D’une échappée. Sylvie Blum s’attache à ce lien aveugle d’images filmées a peines muettes. Précise l’exception de fractionnement d’êtres qui parlent et ensevelissent les non-dits qui parfois se voilent de ne plus se cacher au fil de son visage. Mathieu Riboulet articule les liens et les trajets d’un élan submersible et semble naviguer, entre Pasolini, Jean Genet, Fassbinder pour trouver l'issu et l’invention d’une quête. Ce sont d'abord les souvenirs, ou s’intercalent et reviennent les histoires vécues, les secrets, les désirs sensuels sur d’autres regards et d'autres prémices de liberté d'un commencement de soi. Puis les plis scandés de révélations, suivies de confidences interceptent les intervalles, le fil de la perte, les effacements vers un sursaut de fictionà la croisée indicible ineffaçable de ses livres d’installer quelque part sur la terre L'instant à franchir d'un silence à retenir un silence où se pose en douceur une fin de repos mêlé de gratitude... Ce que l’on a rêvé ne connaît pas de fin. En extrait de "Nous, campons sur les rives" et « L’amants des morts » de Mathieu Riboulet. Camille Rochwerg le 11 aout 2018. D’après un documentaire de Sylvie Blum
 

DES LIMBES VIVANTES
CLAUDE RÉGY ALEXANDRE BARRY
FID FESTIVAL
DES LIMBES VIVANTES
D'un si long parcours, Il s'est affranchi de rester dans cette attente dont l'exigence "D'une certaine idée du noir serait conservé dans la lumière." Dit-il. Il existe un alphabet sur le travail de Claude Régy. La fragilité. La solitude. L'invisibilité. La pénombre. L'enfouissement. L'épure aseptisée. La folie d'un vide. La veille ténue qui veille. La sentinelle. L'ébruitement à peine perceptible. L'état d'un plateau désert foulé au pied sur un sable immobile. L'excès d'un ralentissement, la perversité lente et transitoire de l'état du noir, des gris anthracites glissants qui s'éternisent de s'éclairer invariablement. Ce prolongement illimité, cette attente indéfinie d'une proximité de la mort. Cette énigme absolue de la mort. Cette traversée des voix si multiples. Cette atteinte fracassante de la beauté. Ce "régal" s'égrénant tout humaine d'une immobilité souterraine, cette réalité et irréalité tangible. Cette attirance d'un vide et de ses reflets. Cette alternance entre respiration et asphyxie. Ce frémissement des limbes vivantes qui touchent à ces visages. A ce silence d'un visage et d'un péril qui foudroie l'intangibilité. D'un désespoir, d'une dépossession qui engendre cette fluidité incessante de la lumière. Ce fractionnement de la lumière que "nous rencontrons avant d'approcher notre propre chemin solitaire. D'une obscurité" révélée. autour du Film " Du régal pour les vautours" de Alexandre Barry autour de Claude Régy
LA VISITE DE PIPPO DELBONO
LA VISITE DE PIPPO DEL BONO
ENTRELACS D’AMOURS ET DE SOLITUDE 
DE DEUX PRINCES 
L’effluve bleu cobalt sur le sol s’écrase et s’immerge à la station VIEUX PORT à Marseille. Déjà, la chaleur vibre dans les yeux. Les salles du FID FESTIVAL parfois climatisées accueillent le film « La Visite» de Pippo Del Bono. Une visite à Versailles avec Mickael Lonsdale et Bobo longeant la réverbération des âmes et des mémoires, sous l’œil d’un peintre d’un poète… Émerveillé. À l’heure d’apparaître les princes et les princesses figures de pouvoir fragile ont préservé cette liberté existentielle. De blessures libérées plus secrètes… De cet encontre, les mains se sont offertes à la vie, au lien de l’un et l’autre pour survivre à cette trace. Bobo écartelé de son histoire propulse quelques sourires d'effroi devant la musique de la guerre aux images. Ensanglantées sont les larmes d'une arme invisible. Rien qu’une dystrophie irisant la parure de Versailles. Peut-être est-ce cela la connaissance secrète des mots, des cris et des gestes qui ensorcellent sa présence. L’attente, l’atteinte, les mains évoquent l’admiration des œuvres, la vie qui s’arrête, les corps qui s’enfuient, la résonance d’un siècle, vers le regard de celui qui… Écoute le bruit humain. Le murmure enfermé des hommes. Cette insignifiance de la connaissance présage de cette attente… D’un détachement pour revenir vers l’éternelle beauté. Ce silence entre eux, c’est l’accord parfait d’une note de piano… Le jeu de l’un vers l’autre, le plaisir insouciant. La visite porte la vitalité d’un équinoxe sur cet homme dont l’extravagance du passé s’est peut-être élargie. Par tant de voyages intérieurs, par tant de silence dont les marbres et les plâtres. Ruissellent. Intriguent… Les Miroirs indécents reflètent encore les persécutions, les guerres, les histoires d’amour… Cette apparence de la beauté fustigée, muette, stucs et statues de marbre, sourires figés, objets insolites déposés comme des agapes au pied des œuvres. C’est aussi cela le regard de cet enfer... De cet enfermement illustré de lustres de dorures et de glaces s’inondant de lumières Impénétrables… Qui veille sur le lent chemin ou ensemble séparément, les deux silhouettes s’éloignant Mickael Lonsdale souligne et évoque cette vieillesse du temps qui passe. Lentement… "J’étais un enfant adultérin. J’étais un enfant caché… "Et toi Bobo depuis longtemps, tu as été dans un asile… Mais la vraie liberté, c’est d’oublier les choses inutiles…" Reste les peluches, les accessoires les objets en bois déposés comme une lettre d’amour se signant d'être l'enclave, d’un miracle, d’une attache à toucher l’indifférence de cette adolescence enfouie. FID FESTIVAL Camille Rochwerg le 5 Juillet 2015
VANGELO
PIPPO DELBONO DU 5 AU 21 JAN
LÀ ICI DANS CET HORIZON VERTIGINEUX ÉCLABOUSSÉ DE LA PERTE ILLIMITÉE
Le dernier spectacle VANGELO de Pippo Delbono s'investit sur le souvenir. La beauté d’un souffle rouge laminé d’une souffrance. Il réveille le vacarme somptueux d’un incendie, politique où les hommes s’inscrivent foudroyés sur l’abandon de cette extase en atteinte de ces corps dans la hâte d’être aimé. Création d'un artifice lumineux qui laisse une impérieuse nécessité d’inscrire ce que l’on a perdu d’une rêverie. Pour poursuivre la joie d’un chant libre. L’inspire d’une force du dernier long voyage de la mère. Le secret, d’un fil, celui de la vie, le cri ensemencé d’un état transitoire où les amarres embrasées pressentaient l’inconnu d’un passage. L’axe dépouillé d’un flottement sur le rivage. Le rétrécissement du bruit du temps. Tout ce qui bouleverse, de l’indifférence à la liberté!!! Liverté!!! On pourrait le dire, le ressentir avec effroi. C’est indicible ce silence qui pourrait libérer ce qu’il cherche. L'exaltation exalté de l’un de l’autre, porte l’extrême limite de l’imprudence d’un feu écarlate, ouvrant la saillie d’un goût de pluie Opératique marbré de la fissure ténue d’un lustre des corps qui ne s’efface plus de la douleur endormie. Ce qui s’effeuille du bout des doigts. "Et Si je décidais d'aller vivre avec impunité vers cette course folle loin du purgatoire" Sans masque hirsute de cette traversée insolite expulsée du cœur intime et In/séparé. Ce champ lyrique insuffle l’apocalypse, d’une ode à l'Évangile, à la croyance, à la proximité d’une force horizontale secouée de mots rescapés de l'impuissance à la virtuosité d'un volte face. D’une veille accentuée d'un accent grave, d’un laisser-passer ultime de la fête éternellement, mêlée à chuchoter l’invraisemblable promesse de VIVRE/avec/ELLE. LÀ ICI DANS CET HORIZON VERTIGINEUX ÉCLABOUSSÉ DE LA PERTE ILLIMITÉE. Camille Rochwerg le 7 Janvier 2017 Pour Pippo Delbono​ Un spectacle de et avec : Pippo Delbono, et avec : Dolly Albertin, Gianluca Ballarè, Bobò, Margherita Clemente, Ilaria Distante, Simone Goggiano, Mario Intruglio, Nelson Lariccia, Gianni Parenti, Pepe Robledo, Grazia Spinella, Nina Violić, Safi Zakria, Mirta Zečević Extrait d'une photo du spectacle de Pippo Delbono par Cléo Paly
LE BOUTON DE NACRE UN FILM DE PATRICIO GUZMAN
UN VIRAGE ROUGE INCANDESCENT DE L’OCÉAN  
Les Indiens d'Amérique du Sud restèrent étrangers... 

J'imagine cet acte de silence qui illustre la signature de ce cinéaste… Chilien. PATRICIO GUZMAN. Ce silence d'habiter au bord de l'eau… Là où la pluie, la grêle, la glace recouvrent par ses sons le suintement enfermé ainsi dans les pierres. Une eau sertie identifiée à recevoir toute l’identité du monde. Nomade. Il insiste sur ce bruit incessant le long des îles et des archipels, comme étant la vie intérieure… D’entre les bruits. D’une cohabitation avec l’océan de la peur. Puis il découvrit la langue de ce parchemin de papier carton représentant un mur aussi long que son pays 4 200 kms de côtes qui s'isole du désert. Et de l’océan… Pour se souvenir de marcher quelques heures sur cette goutte de respiration. Les Indiens d'Amérique du Sud constellaient leurs corps... Avant l’apocalypse d’un génocide, ils peignaient leurs corps de dessins noir et blanc et de multiples étoiles semblables au cosmos. Ainsi savaient-ils déjà qu’ils rejoindraient le CIEL. Touchés par la grâce. Les Indiens d'Amérique du Sud ont été invisibles... Jemmy Batton l'homme unique de la Patagonie fut échangé contre un BOUTON DE NACRE. Retrouvé puis séparé de l'océan Pacifique au large des côtes Chilenne. Il fut ce navigateur de l’âge de pierre, élevé en Angleterre jusqu’à la révolution industrielle. Revenu de cet apprentissage, il n'a plus jamais été l'homme qu'il était pour atteindre une liberté. Pacifique. Éphémère. Instruit de l’inconnaissance inutile.
Les Indiens d'Amérique du Sud ont été prisonniers... Écrasés sous la couleur d’un sang écarlate. D’une extermination muette. La ville de Dawson où les déportés furent décapités, emprisonnés brûlés, et enfermés, sous la dictature d'Allende… Cette ville sur la digue infranchissable resta longtemps et jusqu’à la fin une destination imaginaire de silence. Une ville dont "l’impunité d’un double assassinat" franchit ce lieu comme étant une merveille ensanglantée.
Les Indiens d'Amérique du Sud sont revenus de loin… Par hélicoptère, jeter dans les flots. Les corps échoués, vivants ou morts. Elles ou ils seront rapportés par la mer. Les êtres de pouvoir espéraient que la mer en garderait le secret. Reste les débris rouillés, de rails récupérés ou les corps étaient ficelés par des fils de fer. Engloutis… Où se sont fossilisés des traces gravées tout humaine qui dessine cet art vivant de chaque silhouette disparue "Certains diront que la mer est une lésion qui s'engouffre pour devenir un cimetière." Reste ce bouton collé qui s’indigne à lui seul d’être devenu le spectre de tous… En particulier Jemmy Batton n’a jamais récupéré son identité, mais il a traversé l’exil de son image.
Les Indiens d'Amérique du Sud transportent une mémoire brisant le désert... Ils ont cet espoir de vie et de mort associé à ces silences de voix, à ces silences vertigineux. Portant cette distance considérable avec ce vide laissé par leur passage… Elle, cette femme qui s’est laissée débordée sur l‘écume un jour de plein vent et de pluie. Déportée par les flots d'un enfer. Son visage à découvert nous regarde… FID FESTIVAL Camille Rochwerg le 6 Juillet 2015
ATELIER CASTING, 
SESSION #1 PERFORMANCE DE VÉRONIQUE AUBOUY. 
UNE FRESQUE de mots s'effaçant s'est glissée sur LE CASTING de Je suis Annemarie Schwarzenbach. Véronique Aubouy enserre L'INTRO DE SIGNES ENTRECOUPÉS PAR LA LECTURE À DEUX VOIX. A DEUX GESTES... Par fragments Autour/ Vers/ Sur/ Séparé/ De/ L'entre/Deux rives/D'elle. Et sur l'ombre des murs, le vrai du faux visite le reflet porté à la lumière d'une illusion et d'une particule de sa vie... Et de ces instants suspendus. S'installent l'éveil d'un entrelacs de Corps à Corps. De bouches muettes à peine un filet de mots fragiles. Nous laissant éveillés en atteinte d'être touchés par cette absence si insolente. Puis s'égrène de ces présences la visite nocturne de ses écrits. " On m'a fait le cadeau d'une terrible liberté " "J'aime la vitesse parce qu'elle me coupe de l'errance" Reste l'immobilité immobile De l'empreinte/ De l'arrêt/ D'une allure/ D'une posture/. Quelque part, là très loin... La mémoire se substitue sur ce visage foudroyé pour laisser place à l'intimité d'une renaissance. Ma main droite ignore ma main gauche... Elle écrit " Que tu m'aimes à me regarder/ Que tu m'aides à me regarder" La confusion du son s'étreint sur les pierres pour s'engloutir. Dans les espacements du vide. Reste la caresse et l'impureté du modèle. Sur l'effraction des pudeurs. Passagères d'une appartenance à un destin. Camille ROCHWERG le 11 Mai 2016 Maison de la Poésie - Scène littéraire. Je suis Annemarie Schwarzenbach avec Anna Gaïotti Zoë Besmond de Senneville & Charlotte Victoire
PASSIONS FÊLÉES
PASSIONS FÊLÉES
On reparlera de ce cinéma lumière d'une déchirure. Et d'une vigueur furtive comme le citerait Noël Herpe. D'un possible extrait de son "Journal en Ruines" et d'un accord désaccordé de toutes vicissitudes. L'adolescence. Ce renversement et cette folie de naitre de sa vie comme elle l'avait menée, en esprit libre et indépendant, diffractée ou morcelée. Cette chute à vélo décisive d'un hymne virtuel immortel pour AnnneMarie Schwarzenbach. Ce sont ces mots qui portent atteinte à cet état transgressif ou les corps se dévoilent, les barrières se désagrègent. La loi du genre en explore le miroir extravagant, reprend son souffle sous l'œil de Véronique Aubouy. Ce qui génère une respiration essentielle tragique. Le déverrouillage des clichés d'une "mer(e) morte " usurpés comme un incident de séance. Casting de Femmes, exils exposés à la distinction suprême au bord des mondes de célébrer sous l'œil de la caméra une danse de lumière. L'une ayant sombré à l'aube des années 1942 et l'autre d'elles s'est laissé dériver sous l'inspire d'un silence désirable. Esclave d'une puberté fauve et sauvage brossée par de sombres pulsions, où se révèle la démystification des émotions de l'enfance à l'ingérence et l'effroi du corps défait qui se dépose au bord de la page. Ivre de vitalité, d'instants par instants... Il y a ce qui reste de ce visage devenu célèbre qui porte le parfum d'un bruit plus obscur comme le soleil tardif impressionnant la pellicule d'exposer les limites d'une disparition. Révélée. Véronique Aubouy réitère une autre réécriture improvisée, improbable d'où s'édifient les interdits, les normes, les libertés, les dépendances imperméables qui exultent. AnneMarie Schwarzenbach, défraye cette chronique vers ce sujet fascinant, de rupture et d'éducation qui ont aveuglé les limites d'un siècle. Où l'insulte et la pudeur percent les secrets de ce garçon dont la présence circule, brouille les pistes du désir pour en rester le Maitre. Maître de son destin. Maitre de sa destinée. Il, elles émergent, inviter à se fondre, ils interpellent l'identité complexe d'une relation personnelle à l'œuvre. S'inventer de s'effacer. S'offrir à l'impureté du modèle laissant le spectateur visiter le trompe l'œil et l'escale d'un voyage libérée, la traversée des blessures, l'impuissance des étouffements et le détournement anéanti d'une vie. Ce film s'attache à échapper à la morsure du temps, pour se laisser foudroyer par les fantasmes sans jamais s'extraire d'expérimenter cette conscience tout humaine. D'une autre vibration intime attachée aux fêlures de passions fêlées. Camille Rochwerg le 27 Avril 2015 Avec Valentin Jean, Stephen Loye, Marion Ducamp, Pauline Leprince, Julia Perazzini, Nina Langensand, Mégane Férrat 
JE SUIS ANNEMARIE SCHWARZENBACH 
UN FILM DE VÉRONIQUE AUBOUY
ENFIN LIBRES D'UN SUSPENS
La porte s'ouvre la lecture reprend. Elles parleront de l'écriture, du voyage, de l'amour, de la drogue, de la photographie, et de la politique. Véronique Aubouy poursuit son Casting à la librairie Colette. Elle interpelle ses trois femmes qui représentent AnneMarie Schwarzenbach. AnneMarie est une écrivaine, journaliste et aventurière suisse. Photographe née le 23 mai 1908 à Zurich. À l'écart de cette étoile marquée par une focalisation intense sur les états intérieurs, les émotions les plus profondes et l'in-distinction d'une marginalité offerte, publique et cachée. Une escale instable de l'exil à l'insignifiance de l'oubli s'aventure sur ce Casting improvisé d'entre les murs. Elles chuchotent, restent lointaines devant l'objectif absent. Un casting rend le corps fragilisé. Imperméable. Fragile. Elles sont immobiles et la précision des attitudes du geste se précisent quelques photos singulières décryptent leurs propres vies au travers de l'univers si altérable de l'autre dissemblable. L'une de l'autre dit "les lendemains de l'amour ce n'est pas un risque". "Les lendemains ne sont pas désenchantés. L'écriture des corps se faufile échappe au contrôle devient un vertige puissant". "Et puis la drogue à recouvert l'écriture". La peur de l'anéantissement parsème les écrits, l'acte même de vivre. Intensément. L'autre d'elle intervient sur le mot sincérité "je suis sincère quand je joue, je souffle sur des limites". Une tentative possible. D'être. Cette tentative laisse filtrer "La honte d'être". De l'autre... L'on peut entendre les confidences se murmurer. Entre elles, l'immensité d'AnneMarie éclaircit ces ondes d'orages, d'une mort subite si proche de la vie in-séparée d'elle. D'elles-mêmes. Quelques phrases d'un livre comme une fugue sillonnent le reflet d'une peur sur des lèvres recommencées. "Envie d'un livre qui ne parle de rien". Plus loin sur l'identité de la mère, l'on comprend que celle-ci était si loin d'elle ou si proche d'une fuite, d'un amour étouffé " Et pourtant, la vie de ces femmes m'étaient devenus familières". Il est 19h, les livres glissent sur leurs étagères. La porte s'en trouve la caisse enregistreuse clignote, sur l'échancrure d'une solitude... Il reste ces images de femmes penchées vers leurs existences. Qui les portent à devenir le désir de l'autre. Inaccompli. Une fascination derrière un miroir qui paralyse "comme une chape de plomb". Suivis de moments Enfin libres d'un suspens. La caméra, le déclic photographique ont effacé le soupçon d'une renaissance. Les attitudes, les failles incarnent juste cet instant qui passe, cette exaltation de l'excès. Juste ce temps d’un instant précis. Détourer la vie. Hier soir à la librairie de Colette, j'y ai rencontré le fantôme illuminé de JE SUIS ANNEMARIE SCHWARZENBACH. Porté en lecture par Véronique Aubouy. Et ses passagères d'un Non Silence presque de Printemps. Et je m'y suis arrêtée. Et dans ce désir de toucher à cette éventaire. Une longue phrase s’incline à graver l’incendie de ces quelques titres. Dans "La Vallée heureuse" de "L'Orients et des exils" S'écarte "La terre des promesses ? " Le Refuge des cimes " et "La Quête du réel" pour la traversée " D'un monde en monde ". Titres empruntés à ANNEMARIE SCHWARZENBACH. Camille Rochwerg le 26 Avril 2015 Avec Pauline Leprince, Vanessa Larré et Laure Pourageaud 
CINÉMATHEQUE

LEXIQUE D’UN FESTIVAL 
Par Camille Rochwerg
DOMINIQUE FROT
D’UNE FÊLURE DE L’ÊTRE
Et tout s’effondre. Elle avance sur cet acte théâtral essentiel… Elle tente de réanimer cet endroit invisible sacrificiel de s’avancer sur la lumière. Et se tenir là …. Sans s’écarter de… Pour laisser vivre la violence. Faire face à cette injonction d’être devant cette ultime performance.
Actrice d’une telle évidence. D’épuiser et de se tenir debout devant l’excellence. Pour faire advenir ce qui s’enfouit comme un acte rugissant. D’où elle peut glisser…. D’entre les solitudes à franchir ce qui se détruit. En laissant résonner les seuils. Quand on sait de cet écart, les raisons inexprimables involontaires de la puissance des mots insufflés. D’effacer l’indécence qui surgit comme un flot de bruits et d’apparences. Nomade elle traque le bruissement de l’enfer des passages indistincts, distanciés. De cette certitude de vivre. Survivre.
À l’avidité qui nous détourne du rêve et d’une parenthèse éloignée de cette particule d’insolence. Où le texte L’ORDRE DU JOUR… En extraits d'Éric Vuillard, se signent de la grâce du verbe qui séduit ces hommes Atterrés. Altérés. De pouvoir rayé et raturé de l’éraflure d’un buvard s’effaçant d’illisibilité. Une Performance de Dominique Frot

ENTRETIEN Serge. DANEY ET Jean Luc GODART
Cette osmose d’une conversation entre Jean Luc Godart et Serge Daney. Là, se déverse l’épice d’une extase qui s’ouvre sur une voie clandestine non dissimulée et sulfureuse avec ce goût de scandale et d'élégance préservée. Cette voie scintille d’un Lexique de confidences où l'obscurité du mystère se froisse sur les gouffres ensorcelés. Fracassant les abîmes majestueux de leurs présences et du battement de la vie. À proximité de ce luxe, de cet excès d'un acte, s'approche un pernicieux froissement, de mur/MUR. Le simulacre sacré, solitaire, inaccoutumé et démultiplié, le flux d'une réponse interrompue. Serge Daney invente ce regard qui se tait. Là où l'amour se brûle, sous la captation de l'artifice d'une caméra. En référence, ce sentiment immense persiste, à laisser filtrer l'iris d'une inconvenance. Le sacrifice de perdre ce que perçoivent les miroirs qui tenteraient, de Brûler la Vie. Telle la retouche évidente de l'imposture qui laisse préserver cette valeur d’une errance libre princière de dignité qui s’égraine sur une image immobile ensablée de solitude et de revirements inoxydables. À propos de L’ENTRETIEN S. DANEY ET JL GODART

L’AUTO STOPPEUSE
Elle est en attente inéluctable d’un voyage imprécis et discontinu, différents chemins seront envisagés pour l’aventure. Sur l’enchantement d’un visage qui se déchire de pleurs, de rires, de perte, s'aventure la décontraction d’un passage. L’eau, la mer se dévide sur ce chemin lisse capturé de rochers, prêt à recevoir la folie d’un envol. Vers l'océan si grand d'accueillir l'immensité. De s'arracher à la vie. Dans ce sourire inexprimable de revenir d'un si lent voyage d’apparence. Un film de Julien Decoin 
LES DIMANCHES DE JEAN DEZERT
Il est cet homme, ce héros Dezert à fixer cette attente d’une vie. Morsures d’aimer, de passer sur une résistance d’un amour immobilisé, il n’a jamais fait de longs voyages, passif, stagnant entre les livres et l'indolence passive d'être, il erre parmi les heures de bureau sur un étal de courrier divulguant son inertie d’être humain. Tel un temps qui passe s’éloignant, sans s’éloigner d'un désœuvrement et d'un abandon de vivre. Le jour ou j’ai reçu le désir d’en finir au-delà même d’y trouver un passage. D'une incertitude, j’ai renoncé virtuellement, sans inadvertance à témoigner de l’impossible lueur d’espoir évincé d’y subsister et de conserver une existence au-delà de la mort.  Un film de Mikael Gaudin
RETOUR Prix du Conservatoire
Juste les prémices d’un si beau noir argentique, juste coloré de sépia. Une image retrouvée dans les valises écartées d’un visage. Un voyage, sans retour écartelé d'un réveil précipité sur une seule image. L'oscillation déchirante et bouleversante de ces immenses chemins de fer, empruntés en train de Strasbourg à cette traversée de deux continents. Où le soleil transperce l’insolence lunaire d’une éclaircie. Un voyageur solitaire à l'écoute des bruits où la couleur de rouille s'imprime sur ces bruits de guerre. Enfant d’abord, adulte sans détour, il est l’initiale splendeur préexistant à survivre sur le temps, la direction, la chance de sourire pour retrouver ces voix étrangères, accrochées à ces quelques mots de voies inconnues. C’est si rapide un retour. Juste une lumière affectée sur une photographie, d'un pan de chemise entrouverte pour y découvrir l’échappée d'une histoire, d'un visage enfoui. Écorché et expulsé sous quelques feux d'étincelles qui soulèveraient l'enfer d'un accord secret et d'une plénitude retrouvée.
 Un film de Pang-Chuan Huang. Et en réponse Je vous remercie beaucoup pour cette phrase - Où le soleil transperce l’insolence lunaire d’une éclaircie m'a touché énormément. Car vous êtes la première personne qui a trouvé le coeur de ce film.
DÉSHABILLÉ
Un film diabolique, charmeur et incrédule, jouant sur le décalage d’un mythe. Le vêtement, la ciselure d’être, d’apparaître, beau comme tout le monde… Beau émacié de certitudes d’être, de partage. De comment célébrer l’immense légèreté de l’être à la beauté. De divulguer ses charmes, ses obsessions, son intégrité disjointe d’être.
Que l'on soit toujours poussé à dispar-être À réapparaître...À réappar-tenir... À rejoindre. Des visages qui sont des horizons, des écarts, des intervalles. Et des interstices d’êtres. Face publique. Un film de Valérie Mréjen

LES ZUMAINS Prix du Jury 

Un film où l’insolite trace gravée virtuelle sur le sourire d’un soir. Instruit le franchissement du temps et du corps 

vers cette enceinte d’une écoute et d’un effacement si éloigné de ce monde. Sursis vivant, flux incessant d’une rupture avec l'inexprimable et l’indescriptible écart d’un réel. Comme une parcelle d’un univers rêvé, comme une voix précise où chaque geste mesuré serait juste le reflet d’un silence qui s’offrirait au miroir. Pour fractionner la réciprocité d’une image, le lien, d’une métamorphose cachée. Immobile. Hors champ, fasciné par la frontière de cette effraction, si parallèle, si indicible. En quête de cette beauté intemporelle, d’une rencontre virtuelle. Et de cet au-delà surgissant qui s’égrène d’une parcelle de liens de l’un vers l’autre. Comme si la retouche en négatif d’un grain, d’une rayure d’amour laissait se décliner la gravure de ces inconnus d’un soir. Au crépuscule d’un carrefour d'où l’on pourrait surprendre une conversation suspendue d’une connexion internet de là où ils sont Pénétrables. D’une fiction si visible. Coupez... L’inter-connexion d’une rumeur d’amour. Un film autour de l'univers du Cosplay de Lou Rambert Preiss
GÉNÉRIQUE D'UNE ESCALE 
FESTIVAL CÔTÉ COURT "Les merveilleux nuages" 
vont s'effacés insidieusement. 
Vers les écrans noirs et blancs du Festival.
OUBLIS REGRETS et REPENTIRS un film de Boris Lehman
OUBLIS REGRETS et REPENTIRS un film de Boris Lehman
"TROU NOIR" C'est la première phrase d'une suite sans fin sur l'écran noir. Où pallèlement à son intense activité cinématographique, Boris Lehman déambule vers des silences au figuré, au travers de sons qui s'accélèrent, qui s'embrouillent. Son premier rendez-vous, c’est une liqueur d'un divin café. Il traverse et tente par intervalles de filmer, de monter en 16 millimètres sur des pellicules récupérées en déambulant dans la cinémathèque. Trouvées dans des boites à bonbons. Il photocopie, sa vie, dans le vertige de correspondances, 10 000 pages d’histoires de cartes postales. D’énumérations insolites. Le calendrier des vacances, le jour savoureux, le jour défait, le jour d'une veille authentique. Des écrits fictifs évoquent l’interstice oublié. Filmer quoi... Interpeller le Théâtre de mes premiers amours. L’errance des plateaux, les déchirures de papier, le bruit d’un art épouvanté de vanités. Tout ici s’invite dans le bruit des oiseaux. Jusqu’à susciter l’anachronisme d’une défiguration surprenante de la voix, jusqu’à la désynchronisation des sons et du décalage. De la parole. Passager discret et avide de revisiter l’équilibre d’un nombre d’or, sur la tour de Babel et sur les ombres puissantes de malédiction divine d’un Kiefer. Passeur de récits évoquant le cri d’un hymne au pouvoir de résistance. Il s'offre ce jaillissement au fil de l’eau d’une Arche volatile de peluches vers ce voyage infini de l’amitié propice à survivre à chaque fois unique. Qui l’inscrit là. Où ? L'on ne saura jamais si les bobines sont encore vierges si le montage est... L'écho d'une bouche aseptisée. Au goût de miel, de café et de chocolat. Camille Rochwerg Festival Jacky Evrard Cote Court le 23 Juin 2016
FESTIVAL CÔTÉ COURT
 Les merveilleux nuages" vont s'effacés insidieusement. 
Vers les écrans noirs et blancs du Festival. 
Hommage "Reminiscences of Jonas Mekas"
Documentaire de Jackie Raynal.
IRRÉSISTIBLEMENT
Se retrouver dans ce Noir, Obscur. Il est 18 Heures, la ville est en Fait(e) de Musiques Sentimentale au singulier. Le New York Story de Jackie Raynal empreinte cette voix à VIF qui tisse un film défrichant à la lueur d’un paradoxe et d'une mémoire de résistance. Autour de Jonas Mekas s'inscrit l’exil et les écrits de milles et une nuits alliant l'étrangeté de soubresauts, en perpétuel scintillement du noir et blanc à la couleur d'une émouvance floue. Sur l’avant-scène d’une guerre. L’on perçoit l’âpreté et la texture des traces sur la pellicule. Jonas filme sur des fragments de bobines périmées. Puis depuis 1990, sans bruit le journal filmé s’éventre de célébrer cet encart du bonheur… En vidéo. Se murmure l’évidence d’une singularité, d’un fracas, régénéré, d’un éclair, d’un Jonas rêveur de l’intime mélancolie. Perçu comme une digression ineffaçable. Traversé par 25 ans d’où l’on revient… La douleur, et le souvenir restent toujours vifs. De ce que l’on peut perdre de l’acuité extrême de quitter ces trains pour un REVENIR. D’où l’on ne peut revenir. De ce destin, cette intermittence effacée d’un pays, d’inconscience et d’appel à évoquer La Lituanie. De ces bobines, de ce chaos du désir et de la vie, il parlera avec élégance de ces coupes « D’ÉLIMINATIONS » Et Jackie Raynal nous invita à percevoir l’Illimitée radieuse de ces années Folles du cinéma de la Nouvelle Vague. Camille Rochwerg Festival Jacky Evrard Cote Court le 22 Juin 2016. "Reminiscences of Jonas Mekas" Documentaire de Jackie Raynal. Monteuse sur les premiers films de Rohmer, Chabrol ou Pollet, c'est pour nous parler de Jonas Mekas que Jackie Raynal était ce soir dans ce rendez-vous. D'une autre insistance. INCIDENCE.
FESTIVAL CÔTÉ COURT
 Les merveilleux nuages" vont s'effacés insidieusement. 
Vers les écrans noirs et blancs du Festival. 
Un film de Bertrand Mandico BORO in the BOX
BORO in the BOX
"JE GARDE UN SOUVENIR PRÉCIS" celui d'une valse sans fin. Cette fiction nous plonge dans le voyage en Pologne autour de l'histoire de Walerian Borowczyk. Au travers d'une Caméra obstruée de fils. Obstrués. Les lettres alphabétiques s'afficheront sans pudeur. Sur une sensualité pornographique et phonétique. Précisant avec circonspection et en dé-bord... Les équinoxes d'images marbrées et embuées d'un fil photographique sur la marge. D'une dramaturgie qui s'invite au désir substantif d'un certain Marquis/DE SADE. Portés par des labyrinthes et des passages si éloigné de ces merveilleux flous ondulées. Écrits en vers de Mallarmé imprégnés de sexe-d'excès de luxure et de viols... Cachés sous les signes de désinvoltures et de paradoxes, la dégénérescence multiplie les infractions et soulèvent par instants l'inaccomplissement saccagé. Surréaliste d'un DEVENIR/AVENIR.
A/ Âmes tourmentées et égarées. B/ Bouches, ventriloques, ensanglantée de mémoire. C/ Contraste d'une frêle innocence et de convoitise. D/ D’entrailles de feu et d’étincelles. E/ Écrin d'un déclin, la mémoire. F/ Femmes souvent promesse d'envol. G/ Genre mélangé. H/ Hormones, poilues. I/ Il y a même la lenteur de la voix qui s'étreint. J/ Jeu d'instinct de lumières et de paillettes. K/ Qualité des larmes roses salées sur ces mains gantées. L/ La couleur d'une vanité. M/ Le magnétisme. N/ Nymphe au goût fumé des roses. O/ Opacité du vocable des couleurs. P/ Indique la prétention. R/ Regard sur ce souvenir poussiéreux de ma première expérience. S/ Le sillon s'accroche dans le ruisseau qui l'emporte. T/ Trophées et bijoux. U/ Unanime au début sera la critique, je me fis vite un nom qu'on oublia. V/ La vulgarité. Zéphyr
De ce voyage en Pologne, la fumée des trains s’est noyée de ce champ désastré. Et s’imprime sur la pellicule tel un laboratoire effronté de décors construits sur le désespoir. Se signant d’une obscure altérité. De cette attente d'atteindre la grâce. Le 20 Juin 2016 Camille Rochwerg Festival Jacky Evrard Cote Court


IL N'Y A PAS DE LIMITATION DE VITESSE POUR L'EXCELLENCE

BORIS LEHMAN
FESTIVAL Côté Court
30 ANS DE Réalisation 
"Mes Sept Lieux"
FESTIVAL Boris Lehman " Mes Sept Lieux"
GÉNÉRIQUE D'UNE ESCALE
, Cinq heures de film invente ce destin individuel parsemé d'embûches et de grâce. Une série limitée portant le titre Mes sept lieux. Si d'aventure l'incendie ravage la pellicule, il est cet explorateur passionné qui lève le voile de son art dont je salue la renaissance. Il dérive et dans ce regard, l'on peut voir sur son sourire la couleur d'un océan à peine perceptible. Au risque de se brûler. Il s'impose, trouve sa voie dans un soupçon d'imposture détourné de l'indiscipline à la création. Révélant l'élan et la volonté d'être au monde. Tel un oracle décoiffé de simplicité qui s'illustre de sa vie d'être un visionnaire.
À L'ORIGINE
Épris d'une audace, il multiplie son parcours en filmant parfois un film par jour. Résistant à l'influence des flashs éphémères du star système. Avec ou sans particule sur le versant insolite de l'humour. Il pose et dépose ses cartons, de films enfermés, chutes de plans qu'il ... considère comme un laboratoire ludique traversé de voyages incessants. Ou s'illustre le Détournement illusoire d'un cabinet de curiosités. Bien que la vie soit sa saison favorite, il rêve à la lumière diffractée d'un désir de déambuler sur la présence de fantômes et de souvenirs personnels recueillis dans les arcanes du temps qui fuit. Visions furtives de toucher à cette parallèle ressuscitée. Se confrontant à cet idéal princier d'une réussite sidérale. Il y a des êtres et des choses qu'il faut mettre à l'abri de l'oubli d'une initiale splendeur et d'un raffinement du détail.
À L'ARRIVÉE
Le cinéma dont il use et abuse crée sa signature d'une visibilité parfois partagé en séances  privées. Passeur d'un savoir précieux, au côté de Henri Colpi Monteur au cours des années 1950, et collaborant notamment avec Charles Chaplin, Alain Resnais, Henri Georges Clouzot. Réalisateur D'une aussi longue absence Palme d'or à Cannes en 1961 sur un scénario de Marguerite Duras. Il s'échappe de la transparence, se connecte à l'avant garde, s'évade d'une conversation sur le vide. D'un sans issue et admire la plénitude du Maître des lieux, improvisant ce regard qui s'impose comme un lac reflète l'Étoile Manquante que l'on croise dans la nuit. Surgissant de la mer saturé et fixant sur la pellicule ce sentiment de respirer à l'air libre. Aspiré par la Fin... Comme s'il s'agissait d'inverser la perception... D'une île aux Trésors et d'un Archipel... Générique...
LEXIQUE de Neuf Années d'Errance Poétique
ARRIVÉE. Expulsé du corps du Monde. Cahiers d'écritures jusqu'à L'effacement. C'est tout un Art. Dans ce film il y a des questions sans Réponses. Début de l'Errance. Dérapage Musical. Des rêves, des messages de Détresse. Emballé la Vie. Empilées les Cartes Postales. Fixer les lumières Aveuglantes de la ville. Ici est passé Boris Lehman. Ici le cinéaste ne fait que Passer. Ici va vivre le cinéaste Boris Lehman. Il entre en Fiction. Il n'est jamais question D'abandonner de Vider. Il regarde fixement sa Vie. Il y a le bruit de la pellicule. J'accuse, je Résiste. Je n'ai jamais réussi à mettre de l'ordre. Je suis la cime de l'ombre adossé à l'écriture de la Lumière. Là je ne loge pas vraiment J'espère. Le commencement de la tendresse. Le déroulement Final. Les fleurs s'accrochent aux Arbres. Les lettres de voyage. L'impasse d'ouvrir les Secrets. Le vêtement colle à la peau. Ma vie cherche une Habitation. Ma vie Nomade. Nouveaux Lieux, Nouvel Itinéraire. On peut peut-être les laisser se Mourir. On s'y Attache. Où Aller. Plonger pour  retrouver les films perdus. Remplir les caisses de Cartons. Un écrit collé sur sa veste dont les secrets sont dans la doublure. GÉNÉRIQUE. Camille Rochwerg 24 JUIN 2014 Extrait du Film Mes sept lieux de Boris Lehman Réalisateur
FESTIVAL Côté Court
BORIS LHEMAN
HENRI COLPI SI J'OSAIS J'ÉCRIRAI MES LONGUES MARCHES SILENCIEUSES AVEC LUI A ROUSSILLON J'AI 30 ANS. JE NE SAIS PAS QUI EST CET HOMME À MES COTÉS. UNE FIGURE DU CINÉMA... "D'UNE SI LONGUE ABSENCE" H.COLPI
Hier soir Présentation du film de Boris Lehman CHOSES QUI SE RATTACHENT AUX ÊTRES. Dominique Jeanne Dolores Moni Grégo pourrait y répondre par CE QUI MÉRITE ATTENTION AUX ÊTRES. L'inventaire d'une très belle soirée... L'homme qui m'a dit oui d'un si grand sourire quand j'ai prononcé le nom de Henri Colpi. Monteur du cinéma Muet dont les cartons sont encore ficelés dans les caves de la cinémathèque Française. Il avait un sourire sans indifférence. C’était un homme solitaire… Chemin faisant … Il aimait l’intransigeance de la vie… Boris Lehman était son élève, et cela je ne le savais pas… D’où la surprise pour Boris… Surprise par l'annonce pour cet homme qui nous invite à regarder une fin de son travail filmé… Son film Choses qui se rattachent aux êtres. Un remarquable programme d'un début de Festival Côté Court. Si les mots suffisaient à décrire les images filmées... Si aléatoires... Empreintes d'effacement à la seconde même ou le mot FIN s'écrit comme une longue phrase dans la NUIT... J'aimerai que le cinéma soit comme une FUITE Infranchissable de la VIE. Camille Rochwerg Juin 2014

BORIS LEHMAN MES SEPT LIEUX Il filme et se détourne D'UN ITINÉRAIRE DE CRISTAL NOMADE. EXIL d'une irrévérence solitaire. 30 ans ne suffiront pas pour effacer l'indistincte déviation poétique d'un illustre peintre des sentiments de la VIE. Il transmet ces étincelles de lumière et de liberté qui persistent à transpercer cet ACTE D'AMOUR sur quelques 300 Films. Quelque soit l'effraction souterraine de l'humanité aveugle de négligence. IL APPARAÎT DE L'OBSCUR A LA FULGURANCE D'UN SOURIRE. Camille Rochwerg 15 Juin 2014
FESTIVAL Côté Court
BORIS LEHMAN " MES SEPT LIEUX" Il filme et se détourne D'UN ITINÉRAIRE DE CRISTAL NOMADE. EXIL d'une irrévérence solitaire. 30 ans ne suffiront pas pour effacer l'indistincte déviation poétique d'un illustre peintre des sentiments de la VIE. Il transmet ces étincelles de lumière et de liberté qui persistent à transpercer cet ACTE D'AMOUR sur quelques 300 Films. Quelque soit l'effraction souterraine de l'humanité aveugle de négligence. IL APPARAÎT DE L'OBSCUR A LA FULGURANCE D'UN SOURIRE. Camille Rochwerg 15 Juin 2014
L'ESTHETE CARMIN, ÉCARLATE D'ÉTREINDRE UNE VOLUPTÉ
Une ligne de fuite dévoile et fixe l'image du dernier film expérimental de Sophie Mariel. La distance en révèle l'écart superposé occulté par l'absence même d'une image manquante. Si sur cet écran attiré par l'un-subtil monté d'un escalier unique. La fidélité d'une divine couleur et l'offense d'un rouge vermillon en caresse la blessure. Si l'amour creuse le sillon d'une certitude et d'une apparente illusion, l'effroi suscité exhibe la perception de cette impasse de l'obscurité à cette éclipse écarlate d'une invitation. MAJES-TUEUSE d'un incendie éclatant sous l'explosion d'un fragment court de 6mn. Camille Rochwerg 18 JUIN 2014 Réalisation Sophie Mariel Musique Jérôme Soudan
-
RÉTROSPECTIVE CHANTAL AKERMAN
LA CAPTIVE un film de CHANTAL AKERMAN
DANS CE LIEN D’IMMANENCE
Le film de Chantal Akerman reste Intemporel et d’une altérité de l’entre deux. Il porte sa voix vers une fuite essentielle de l’ennui vagabond. Dont on ne sait pas si le reflet du voilage dans ce mouvement presqu’indistinct revêt la suspension d’une étreinte. Entre les phrases d’un Swan et la « Prisonnière » de Proust... S’inscrit le trajet étranger de deux passagers clandestins de leurs vies capturées sur le linceul d’un dernier regard vers la mer. Et l’interstice de ces images s’en éclaire d’un somptueux miroitement. C. R le 28 fevrier 2018
RÉTROSPECTIVE CHANTAL AKERMAN
NO HOME MOVIE 
SI IMMOBILE SI MOBILE L’ÉCRITURE DE SECRETS
Chantal Akerman s'inscrit sur...
L’art de filmer le bruit d’un rien et d’une lumière de silence. Les silences de l’inertie d'un lieu, d'une rencontre.. Juste dire quelques mots. Entre les liens de sa mère qui se glissent dans sa maison, et qui porte encore ce léger accent, de là d’où elle vient. L’inconscient et le filtre de cette écriture filme l’idée d’une distance si grande. L'amour d'une conversation avec elle, entre Bruxelles et les lointaines contrées qu'elles visitent. Là s'inscrit la résonance d'un instantané et d'une photographie de la vie immuable et préservée. La lumière excessive, s'invite à converser avec les plantes, les fleurs du salon, les bruits si familiers, les chaussons qui effleure le sol de la chambre à la cuisine, là ou tout s'invite. Les ondes d’une journée familière en présences se gravent sur la pellicule. Il y a ces bruits extérieurs et imparfaits qui permettent de rester attentifs et de se fixer sur ces visages, sur ces regards atteints d'une pensée ultime. Plusieurs images resteront souvent vides. Emplies parfois de bribes de mots incertains d'un tête-à-tête presque inaudibles. Juste un brouhaha imperceptible d'une intimité face publique. L’idée d’un lien et d'un entrelacs, d’entre les murs pour une réponse aléatoire. Chantal filme l'épure d'écrits secrets et survole les cassures, de sauts d’images floues, de sentiers et de routes méconnaissables mêlant les ciels invisibles auréolés d'horizons et de terre ou s’engouffrent le vent jusqu’à l’anéantissement d’une séparation. À claire voix, les volets interceptent la lumière transperçant les stores, Suivi de bruits incessants de la vie. D'une célébration d’un vide, d'une intimité qui se superpose en continu entre les paysages, la mère et l’effacement d'une beauté si Immobile. Mobile. C.Rochwerg le 26 Février 2018
RÉTROSPECTIVE CHANTAL AKERMAN
L'ÉLÉGANT ÉCART
De cet hôtel désert, c’est son silence. J’ai lu l’hôtel Calypso, chambre n° 3 de Colette Fellous. J’ai vu le Pina Bar de José Alfarroba, J'ai reçu de New York une carte de L'empire Stade Building de Frédéric Ballesteros et je me suis assis au Splendid hôtel de Jean Genet. On retrouve là dans ce film de l'hôtel Monterey, l’éclat d’un cinéma des années-lumières muet et sans voix. Où le bruit des ascenseurs et les portes s’ouvrent et se referment sur un couloir évidé. Il n’existe aucun glissement de mots sur ces passagers itinérants. Qui s’éclaboussent de regards et d’ignorance. Les hublots d’étages s’illuminent et s’éteignent sans relâche. Vus de dos, ils sont sans visage avec beaucoup d’attention, de paroles et d'embrassades qui se glissent sur ce grain de photo extrême digne d’une surexposition intense... Puis les chambres préservent cette insolence d’accoster la solitude. Dénudée d’humanité où l’effraction nous éclaire d’émettre un passage. Le poste radio est silencieux. Les clients sont à l’arrêt. Les miroirs ne renvoient que de brefs instants de lumière. Les couloirs restent vident d’un horizon, quelque part s’éteint l’encyclopédie d’une vie comme une page arrêtée non identifié. Obscurcis par une tournée de page arrachée à ce désencombrement. La texture des murs laisse apercevoir au toucher son exactitude à ne pas exister. Cet effondrement du bas des murs, là se découvrent les traces indélébiles qui longent un chemin dédié aux mains qui visiteraient une première nuit étoilée. Les extincteurs placés à la hauteur de regard sont les seuls résidents d’un couloir où les poignées de bronze cirées par les heures journalières d’une femme de ménage laissent se refermer les portes au fil d’un coup de vent invisible. Les néons blafards accrochés aux plafonds, les réverbérations de lumière et d’imprégnation recyclée d'un autre temps. L’enfermement des coins de porte. Les panneaux de sortie obligatoire. Les linos gris mouchetés reflétant les passages de chaussures du troisième étage. Les architectures coincées par l’obstruction d’espace inexistant. La proximité des bruits intérieurs. La répétition des coulissements de l’ascenseur. Les passagers invisibles. Les enfermements de lumières éclaboussées par la nuit. Les miroirs resplendissant, dans ce va et vient incessant interfèrent... Finalement sur le bruit, sur le clignotement des boutons indiquant les descentes et montées d’étages. Ce film nous laisse en dépôt sur la toiture de cet hôtel où... L’imbrication visible et violente des façades de briques et de fer extérieures. Les murs infranchissables statufiés de leur inaltérable couleur. Les dépôts considérables laissent naître les ciels opacifiés d’un vide si restreint par l’hiver. Le haut des murs et terrasses désertes hurle l'humidité naissante à la surface d’un insolent vacarme de voitures silencieuses à l’arrêt des feux rouges. Silence et Noir Obscur. Puis/Exit. À propos de Hôtel Monterey un film de Chantal Akerman. Camille ROCHWERG le 23 Février 2018
INGÉNIEUR DU SON/ Le silence de la pellicule
RÉTROSPECTIVE de CHANTAL AKERMAN
Malgré les images foudroyées par le temps. 
Ce serait juste les traces d’un signe qu’elle EST. 
C.R 3 Février 2018
CHANTAL AKERMAN
LE BRUIT INCESSANT
De ce voyage filmé de New York au Bronx. Seuls quelques oiseaux se noient dans ce fracassement d’opacité immobile. Suivi de L’être/s D’hiver/s - de vies d’amours et d’attentes lues à voix hautes. D’entre le bruit et la grisaille des murs s’infiltrent le murmure d’une mère. La fermeture des portes roses et vertes du métro grincent sur cette insolence offerte d’un destin par l’intermittence esseulée de ce bruit a découvert d’une simple révérence. Par Chantal Akerman. Rétrospective à la Cinémathèque.
SANDRINE BONNAIRE UN FILM
FLEUR D'ÂME MARIANNE FAITHFULL
DEUX INITIALES MAJUSCULES 
POUR UNE VOIX 
D’une blondeur enfantine, les yeux rieurs, une voix précédant l’instinct furtif d’une destinée. Elle échappe, s’agrège, intercepte l’envolée d’un rire, d’une splendeur anéantie. Elle précise l’éveil d’une résurrection, l’écueil d’une autodestruction. L’irréalité des drogues, l’insularité d’un amour. Et du désamours. Le champ d’expériences irrespectueux d’elle si secrètement perdue. La sonorité d’une voix. Incommensurable. D’approcher l’irrévérence. La ressemblance d’aucune empreinte. Ou d’intercepter l’insubmersible illusion d’être. Entre l’effroi du corps et l’intermittence d’une impossible frontière, s’exhale l’intenable espièglerie ressuscitée. Pour y rencontrer cette dignité d’un entre-soi. Perfectible. Seront telles sous la caresse d'un cri subtil et libéré, traverser l’écran d’un film D’elles/et de soi. Pour le film de Patrice Chéreau Intimity Il m'a murmuré cette phrase Ça c'est du passé. Il me manque . C.Rochwerg le 18 Mars 2018

MASTER CLASS de MARGARETHE VON TROTTA
UNE COURSE INOXYDABLE
Au départ, j'étais Apatride
En feuilletant mon téléphone, je retrouve cette prise de notes: 
L’alerte, des "Années de plomb" de Hölderlin. Ce film retrace un espace extrêmement vertical. D’où la vie s’étale inconcevable. "D’où venait cette rage, ce commencement d'une guerre impliquée. Et pour Rosa Luxemburg qui était révolutionnaire et triste. J'ai commencé par lire les lettres, c'était une femme qui restait complexe et contradictoire. Et les écrits étaient d'une délicatesse signée à la main sur papier. Pour Hannah Arendt, très révoltée. Cette lutte pour la paix a accentué le film sur Rosa contre la guerre. Il fallait raconter au-delà, ce qui est dit. Sur les premières images, ce furent un ciel et un mur qui apparaissent. Comme une évasion d'un ciel. Son compagnon de prison était un oiseau noir. Un corbeau. Elle écrivait une lettre sur l'espoir ou comment atteindre L'ÊTRE. "D'être en haut." Rejoindre et disjoindre le haut du ciel. "Et là ça commence par le ciel occupé par le pouvoir. Le corbeau est un oiseau mythologique, un oiseau de sagesse et à la fin, elle ne réussit pas à gagner le pouvoir. Plus loin là, sur les images, ils la descendirent sur le fleuve, sur un tapis rouge et ce linceul de sang la projette dans la nuit dans le canal. C'est un symbole de sang à travers ce siècle. C'étaient les soldats d'Hitler. C'est ainsi, écrire un film. Écrire plus loin que les mots". L'espoir d'une innocence sur les mots. "Et sur une image de fleurs rouges s'est inscrit une date en blanc 1900." De souvenirs ravivés qui toujours se lèvent, ou le vent fragile pulse une course inoxydable. C.R le 10 Mars 2018 A propos de la Master Class de Margarethe Von Trotta suivi d'extraits de lecture de Rosa Luxemburg par Ruppli Claire

ivressecran@sfr.fr